Dans une première approche, il est possible de voir la belle conduite, le recueillement et la connaissance intuitive comme trois étages d'une construction, chacune prenant appui sur la ou les précédentes.

Belle conduite (sīla)

 

Belle conduite

 

La base de la pratique bouddhique est la belle conduite (sīla), une discipline personnelle qui se résume pour le pratiquant laïc à cinq préceptes de vie harmonieuse :

  • Prendre soin de la vie sous toutes ses formes
  • Faire preuve de générosité
  • Avoir un comportement sexuel responsable
  • Dire la vérité et avoir des paroles apaisantes
  • Se préserver des intoxications de toutes sortes

Les trois premières règles sont du domaine du corps, la quatrième du domaine de la parole et la dernière du domaine de la pensée.

Toute voie spirituelle authentique étant un chemin d’ouverture au non-ego, la belle conduite est engagement sur ce chemin par renoncement aux cinq familles de comportements les plus problématiques : tuer, voler, abuser sexuellement, mentir et s’intoxiquer. Il est de notre responsabilité de corriger tout ce qui relève de l’agression en nous, afin de mettre au jour notre bonté.

Remarquons qu’il ne suffit pas de s’abstenir des cinq poisons mentionnés précédemment – par exemple, tuer –, mais qu’il est nécessaire d’aller au-delà en cultivant des contre-poisons – prendre soin de la vie.

Au niveau personnel, la belle conduite est une maîtrise créant les conditions favorables au recueillement. Au niveau collectif, il s’agit de savoir-vivre et d’éthique, pour vivre en bonne intelligence avec tous les êtres. En particulier pour l’harmonie de la communauté humaine.

Recueillement (samādhi)

 

Recueillement

 

Le recueillement méditatif (samādhi) advient lorsque le pratiquant se pose dans la simplicité de la présence à ce qui est, sans aveuglement, ni rejet, ni saisie (les Trois poisons).

C’est cette attitude du corps-esprit, faite de détente, de disponibilité, d’accueil, d’ouverture et de participation, qui rend possible l’expérience de clarté, lucidité et limpidité (vipassanā) de la connaissance intuitive.

Connaissance intuitive (prajñā)

 

Connaissance intuitive

 

Difficile de parler de cette connaissance intuitive (prajñā), puisqu’il s’agit justement d’indicible, compréhension pré-verbale et instantanée du monde en amont de tout concept, intelligence du non-ego qui s’entrelace avec l’amour de tous les êtres.

 

sila, samadhi, prajna, les trois communiquent

 

Les trois se nourrissent mutuellement

Il serait en fait plus juste de voir que belle conduite, recueillement et connaissance intuitive se donnent la main et se nourrissent mutuellement.

Fermons la ronde : si la belle conduite ne se réduit pas, ni ne se dévoie en un simple jeu de règles morales formelles, c’est qu’elle est portée par la compréhension (inter-être) et l’amour (bienveillance, compassion) que rayonnent la connaissance intuitive. De même, c’est par le recueillement que connaissance intuitive et belle conduite prennent corps.

Sources, approfondir

  • Grand livre du bouddhisme, Alain Grosrey : chap.14, section 1, Aperçu du triple apprentissage pp.633-648
  • Introduction au bouddhisme, Yves Dallavalle (École occidentale de méditation, 2016-2017)