Extraits étiquetés avec : inter-être

  • Identité avec tous les êtres

    Le Bouddha n'est pas localisable, le dharma est silencieux, la sangha est la totalité des mondes. Être bouddhiste, c'est entrer de plain-pied dans l'indifférencié, l'absence de marque, l'identité avec tous les êtres et tous les objets ; ressentir cette unité, c'est être éveillé à la nature absolue de l'être, c'est oublier le bouddhisme.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 27
  • La sangha comprend tous les êtres

    Qu'est-ce que la sangha ? À l'origine, la communauté des moines et des nonnes, puis la communauté bouddhique tout entière. Mais si je suis la totalité, s'il n'y a ni moi-même, ni les autres, la sangha perd toute caractéristique et chaque être humain, chaque animal, chaque plante, chaque atome de matière est la sangha.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 26
  • Notre corps ne nous appartient pas

    Dans la vie moderne, les gens pensent que leur corps leur appartient et qu'ils peuvent en faire tout ce qu'ils veulent. « Nous avons le droit de vivre comme nous l'entendons. » La loi vous soutient dans de telle déclarations. C'est l'une des manifestations de l'individualisme.

    Mais, selon l'enseignement du vide, votre corps n'est pas seulement à vous : il appartient également à vos ancêtres, à vos parents et aux générations futures. Et il appartient aussi à la société et à tous les êtres vivants, qui ont tous contribué à rendre possible la présence de ce corps : les arbres, les nuages, tout. Garder votre corps en bonne santé est la meilleure façon d'exprimer vote gratitude à l'univers tout entier et à vos ancêtres, et aussi de ne pas trahir les générations futures.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 88
  • La pensée appartient toujours à l’ancien

    La mémoire, l'expérience, la savoir sont l'arrière-plan d'où surgit la pensée. Et par conséquent, celle-ci n'est jamais une chose neuve : elle appartient toujours à l'ancien, au déjà-vu ; elle ne peut jamais être libre parce qu'elle est liée au passé et qu'elle est par conséquent incapable de voir quoi que ce soit de façon neuve. Et, dès l'instant où je comprends ceci très clairement, le mental s'apaise. La vie est un mouvement, un mouvement constant dans l'univers des inter-relations ; et la pensée qui s'efforce toujours de capturer ce mouvement en fonction du passé, de la mémoire, du stable, du figé, la pensée a peur de la vie.

    Couverture de Le vol de l’aigle
    page(s) 22-23
  • Ce qui nous dépasse

    Pour Zhuangtsi, et pour nombre de philosophes chinois après lui, une vie humaine ne peut être abstraite de la vie qui se poursuit chez d'autres humains, pas plus que la vie du monde naturel ne peut être extraite de ce monde pour en faire une entité consistante en elle-même et par là transcendant la réalité visible. Pour eux la force de la vie ne pouvait être détachée de son effectuation et des modifications que subissent en permanence les choses et les êtres. Ce qui nous dépasse n'est pas la Vie, avec une majuscule, qu'il faudrait se concilier, c'est ce qui s'identifie au mouvement de la nature ou du cosmos qui est aussi celui de l'humanité dans lequel chacun doit entrer.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 285 (La fin de la plainte)
  • Le maṇḍala, existence interdépendante des choses

    Le mot maṇḍala signifie littéralement « association » ou « société ». Le terme tibétain est kyilkhor. Kyil signifie « centre » et khor signifie « bordure », « gestalt », « périphérie ». C'est une façon d'aborder les choses sous un angle relatif : si cela existe, alors ceci existe, et si ceci existe, alors cela existe. Les choses existent en interdépendance, et cette existence interdépendante des choses se produit sous la forme d'un chaos ordonné.

    Couverture de Mandala
    page(s) 29
  • À la fois au-dedans et au-delà

    — Depuis l'enfance, je ressentais une certaine compassion active et un lien d'interdépendance avec les êtres. Cela vient de l'extérieur et de l'intérieur. C'est différent du moi habituel ; mais en même temps, cela vient de ce que nous avons de plus réel au fond de nous-même. Les deux sont vrais.

    — C'est identique à ce qu'écrit sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus : « Je comprends et je sais par expérience que le royaume de Dieu est au-dedans de nous. »

    — La citation est capitale. C'est à la fois au-dedans de soi, parmi nous et au-delà de soi et de nous.

    Couverture de Itinéraire d’un bouddhiste occidental
    page(s) 34
  • Continuité de la pureté primordiale de l'esprit

    [L]e mot « tantra » désigne un processus ininterrompu et sans origine : la continuité de la pureté primordiale de l'esprit. Que l'esprit vive un moment de calme, une émotion vive ou un état régi par le mouvement des pensées, sa pureté naturelle n'est jamais altérée. L'état de calme correspond à la manifestation de la vacuité ; l'état régi par le mouvement des pensées correspond à la manifestation de la clarté ininterrompue. La continuité souligne également l'inséparabilité de ces deux aspects, pure vacuité et clarté essentielle.

    La notion de « toile » permet de comprendre que toutes nos expériences, des plus simples aux plus complexes, se déroulent dans un contexte unifié. L'univers matériel nous en fournit une image significative au travers des réseaux indivisibles de relations qui garantissent l'harmonie du monde vivant.

    Dans cette perspective, la notion de continuité est une amplification de l'interdépendance. Pour les tantra, l'interdépendance s'exprime de manière dynamique et énergétique sous la forme d'interconnexions qui révèlent l'indissociabilité des expériences habituelles et des expériences éveillées. Au niveau ultime, il n'est pas de distinction. La texture de la réalité reste inchangée dans le saṃsāra comme dans le nirvāna. Cela revient à dire que la nature de bouddha est déjà présente dans notre expérience actuelle quelque soit notre degré de confusion ou de compréhension.

    Couverture de Le grand livre du bouddhisme
    page(s) 198-199
  • Un poète

    Je ne vais pas toujours seul au fond de moi-même
    Et j'entraîne avec moi plus d'un être vivant.
    Ceux qui seront entrés dans mes froides cavernes
    Sont-ils sûrs d'en sortir même pour un moment ?
    J'entasse dans ma nuit, comme un vaisseau qui sombre,
    Pêle-mêle, les passagers et les marins,
    Et j'éteins la lumière aux yeux, dans les cabines,
    Je me fais des amis des grandes profondeurs.

    Couverture du Forçat innocent
    page(s) 173 (Lumière humaine, Les amis inconnus, 1934)
  • Vacuité est aussi plénitude et ouverture

    Śūnyatā (en sanskrit ; en tibétain : stong pa nyid) est traduit d'habitude par « vacuité ». […]

    Śūnya vient de la racine śū, que l'on a rendue par « enfler », « gonfler », selon deux acceptions : soit un espace creux, caverneux, soit, également, le caractère d'être plein, comme le ventre d'une femme enceinte. Les deux significations sont impliquées à titre égal dans les traditions bouddhistes, mais, malheureusement pour les lecteurs occidentaux, seul le premier sens a été conservé dans la traduction initiale, avec la seule acception de « vacuité » connotée en « vide ».

    Comme l'a fait apparaître de façon on ne peut plus évidente le travail contemporain de traduction, plusieurs autres options s'avèrent plus pertinentes : la plénitude ou le caractère de ce qui est plein (fullness), l'interdépendance du champ tout entier des événements et du sens, l'ouverture (openness) ou bien la dimension d'ouverture.

    Couverture de Le cercle créateur
    page(s) 383-384
  • Trois sortes de dons

    Dans le bouddhisme, on dit qu'il y a trois sortes de dons. Le premier est le don sous forme de ressources matérielles.

    Le deuxième est celui qui aide l'autre à devenir indépendant, en lui offrant la technologie et le savoir-faire nécessaires pour être autonome. Aider les gens avec le dharma pour qu'ils puissent transformer leur peur, leur colère et leur dépression relève du deuxième type de don.

    Le troisième est celui de la non-peur. Nous avons peur de tant de choses. Nous nous sentons angoissés, nous avons peur d'être seuls, peur de la maladie et de la mort. Pour aider les gens à ne pas être détruits par leurs peurs, nous pratiquons le troisième type de don.

    Le bodhitsattva Avalokiteshvara est une personne qui pratique extrêmement bien ce don. Dans le Sutra du Cœur, il nous enseigne comment transformer et transcender la peur et comment chevaucher les vagues de la naissance et de la mort en souriant. Il dit qu'il n'y a ni production ni destruction, ni être ni non-être, et que rien n'est croissant ni décroissant. Cela nous aide à regarder profondément la nature de la réalité pour voir que naissance et mort, être et non-être, allée et venue, croissant et décroissant ne sont que des idées que nous assignons à la réalité, qui, elle, transcende tout concept. En prenant conscience de la nature d'inter-être de tout ce qui est – tout comme la naissance et la mort ne sont que des concepts –, nous transcendons la peur.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 38
  • Les facettes de l'impermanence

    En fait, le terme « impermanence » comprend aussi les concepts de non-soi, de vacuité, d'interconnexion, de non-manifestation (alaksana) et d'état sans objet (apranihita).

    Couverture de La respiration essentielle
    page(s) 44-45
  • Étudier et faire l'expérience

    Pour voir clairement la nature ultime des phénomènes tels qu'ils sont : impermanents, insatisfaisants, vides de nature propre mais interdépendants de réseaux indéfiniment complexes de causes et conditions, il faut s'entraîner. C'est pourquoi l'écoute des enseignements, la lecture et la réflexion sont une base nécessaire pour comprendre la théorie. Mais l'expérience vécue doit lui succéder afin de transformer les puissances d'illusion présentes en nous.

    Couverture de Le bouddhisme expliqué aux Occidentaux
    page(s) 32
  • Le chemin bouddhiste

    Le chemin bouddhiste est de faire tomber peu à peu la barrière qui me sépare des autres et me fait croire que j'existe indépendamment d'eux. C'est une barrière qui cherche à dissimuler une ouverture première. Nous ne pouvons rien y faire, nous sommes unis à tout ce qui est.

    Couverture de Quel bouddhisme pour l’Occident ?
    page(s) 343
  • L’univers entier dans une mandarine

    Un jour, j'ai offert un panier plein de mandarines à un groupe d'enfants. Le panier fit le tour de ces enfants et chacun d'eux prit une mandarine et la mit dans sa paume.

    Tous regardèrent leur mandarine et je les ai invités à méditer sur l'origine du fruit. Il virent non seulement la mandarine elle-même, mais encore sa mère, le mandarinier. Sur mon conseil, ils se mirent à visualiser les fleurs de mandarine sous le soleil et la pluie. Puis ils virent les pétales tomber et le petit fruit vert apparaître. Le soleil et la pluie continuèrent d'alterner, et la petite mandarine grandit. Ensuite quelqu'un la cueillit et elle était devant nous.

    Après avoir visualisé tout cela, chaque enfant fut invité à peler sa mandarine lentement en remarquant les embruns s'échapper de sa peau et l'arôme du fruit, puis à la porter à la bouche, prendre une bouchée attentive, pleinement conscient de la texture et du goût du fruit, et du jus qui en coulait. Nous avons mangé de cette manière-là, lentement.

    Chaque fois que vous regardez un de ces fruits, vous pouvez voir au plus profond de lui. L’univers entier est contenu dans une seule mandarine. La peler et en sentir l'arôme est une merveille. Vous pouvez prendre tout votre temps pour en manger une et être très heureux en le faisant.

    Couverture de La sérénité de l’instant
    page(s) 33
  • Tout le cosmos est en nous

    En examinant une cellule de notre corps ou en notre conscience, nous pouvons reconnaître la présence de toutes les générations d'ancêtres en nous. Il ne s'agit pas seulement des êtres humains car, bien avant leur apparition, nous étions d'autres espèces. Nous avons été minéral, arbre, plante, organisme cellulaire, écureuil, daim, singe. Toutes ces générations d'ancêtres sont présentes dans chacune des cellules de notre corps et dans notre esprit. Et chacun de nous est le prolongement naturel de ce courant de vie.

    Couverture de Prendre soin de l’enfant intérieur
    page(s) 28
  • Les cordons ombilicaux

    Avec la pratique de la méditation, nous pouvons encore percevoir le cordon ombilical qui nous relie à notre maman. Nous voyons qu'elle n'est pas seulement à l'extérieur mais aussi en nous. Grâce à la vision profonde, nous pouvons voir les cordons ombilicaux qui nous relient aux autres choses, aux autres personnes.

    Imaginez un cordon qui vous relie au Soleil. Le Soleil se lève chaque matin, et c'est grâce à lui qui nous pouvons profiter de la lumière et de la chaleur. Sans le Soleil et sans la chaleur, nous ne pourrions survivre. De la même manière qu'un bébé dépend de sa mère, nous dépendons du Soleil. Un cordon nous relie à lui.

    On peut même dire qu'il existe une infinité d'autres cordons… Nous sommes reliés aux nuages car, s'ils n'étaient pas là, il n'y aurait ni pluie, ni eau, ni lait, ni thé, ni café, ni crème glacée, rien de tout cela.

    Un autre cordon nous relie à la rivière et un autre à la forêt. En poursuivant ainsi, nous voyons que nous sommes reliés à chaque être et à chaque chose dans le cosmos.

    Nous dépendons d'autres êtres pour exister. Nous avons autant besoin de l'animé que du non-animé, comme les plantes, les minéraux, l'air et l'eau.

    Couverture de Prendre soin de l’enfant intérieur
    page(s) 27
  • Je ne suis rien et je suis tout

    Comme l'a déclaré le grand maître indien Nisargadatta Maharaj : « La sagesse me dit que je ne suis rien, l'amour que je suis tout. Entre les deux, ma vie s'écoule. »

    « Je ne suis rien » ne signifie pas qu'il y a une terre désolée au fond de moi. Si nous ne sommes rien, la conscience nous conduit à un espace limpide et dégagé, dépourvu de centre et de périphérie, sans cloisonnements. Un espace où aucune barrière ne peut entraver l'expression sans limite de l'amour.

    Or, en n'étant rien de cette façon, nous sommes aussi, inévitablement, tout. Comprendre que l'on est « tout » ne veut pas dire s'autoglorifier, mais reconnaître sans le moindre doute que l'on n'est pas séparé du reste du monde.

    Ensemble, l'espace ouvert et dégagé du « rien » et l'interconnexion du « tout » nous éveillent à notre nature véritable.

    Couverture de L'amour qui guérit
    page(s) 38
  • Pour tous les êtres

    Nous avons une responsabilité : nous devons faire certaines choses, non pas parce que nous le voulons, non pas parce qu'elles vont nous être bénéfiques, mais parce que beaucoup de gens ne savent pas encore comment les faire. Nous devons les faire pour eux.

    Quand nous faisons zazen, nous ne nous asseyons pas seulement pour nous-mêmes, mais pour tous les êtres. Tous les êtres sont assis, ici, avec nous.

    Couverture de La vie quotidienne comme pratique méditative
    page(s) 52
  • Tous profondément reliés les uns aux autres

    Qui sort du saṃsāra ? En vérité, contrairement à ce que nous percevons, nous ne sommes pas des gouttes d'eau autonomes, indépendantes les unes des autres. Nous ne pouvons retirer une gouttelette et laisser les autres derrière, parce qu'en fait, nous sommes tous intensément et profondément reliés les uns aux autres.

    Couverture de La vie quotidienne comme pratique méditative
    page(s) 48