Extraits étiquetés avec : Ryokan

  • Mon bon Ryokan

    Mon bon Ryokan, je n'ai rien fait de ma vie, rien, juste bâti un nid d'hirondelle sous la poutre du langage.

    J'ai interrogé les livres et je leur ai demandé quel était le sens de la vie, mais ils n'ont pas répondu. J'ai frappé aux portes du silence, de la musique et même de la mort, mais personne n'a ouvert. Alors j'ai cessé de demander. J'ai aimé les livres pour ce qu'ils étaient, des blocs de paix, des respirations si lentes qu'on les entend à peine. J'ai aimé le silence, la musique et la mort pour ce qu'ils ouvraient en moi, cette clairière dans mon cerveau, ce trou dans les étoiles, un peu de vide, enfin. J'ai rejoint l'atelier des berceaux.

    Couverture de Un bruit de balançoire
    page(s) 50-51
  • Tout pour la beauté

    Regardant sa robe déchirée par des semaines de vagabondage, Ryokan dit : « Rien dans ma poche. Tout pour la beauté du vent et de la lumière. J'ai dû faire une erreur dans ma carrière. »

    Couverture de Un bruit de balançoire
    page(s) 20
  • C’est un rêve de parler du rêve

    En 1827, âgé de soixante-neuf ans, Ryokan vécut une véritable histoire amoureuse avec une belle nonne bouddhiste de vingt-neuf ans du nom de Teishin.

    Elle était elle aussi poète, et au lieu de parler, ils échangeaient parfois des petits mots qui nous sont parvenus.

    Lors de leur première rencontre, Teishin écrivit : « Je me demande si la joie de vous voir est un rêve dont je ne me suis pas encore réveillée. »

    Ryokan lui répondit immédiatement : « C’est un rêve de parler du rêve, en dormant dans ce monde de rêve… »

    Ainsi, pour Ryokan, tout était songe et parler du bonheur de leur rencontre comme un rêve était aussi un rêve dans le grand rêve du monde.

    Couverture de L’univers est un rêve
    page(s) 40