Extraits étiquetés avec : zazen

  • Le paysage de l’attitude juste

    L’attitude juste de l'esprit pendant zazen est décrite par Dōgen Zenji par le mot japonais sansui. Sui signifie « rivière, eau qui coule ». San, c'est « la montagne ». La montagne demeure immobile et calme. Le paysage se présente comme cela : une majestueuse montagne demeure calme et immobile pendant qu'un torrent coule sur ses flancs, en faisant des courbes et de sinueux méandres. C'est cela, le paysage de l’attitude juste de l'esprit pendant zazen.

    Couverture de Enseignements d’un maître zen
    page(s) 19
  • Juste être soi-même

    Shikantaza, notre zazen, c'est juste être soi-même.Quand on n'attend rien, on peut être soi-même. C'est notre voie, vivre pleinement chaque instant. Cette pratique ne cesse jamais.

    Couverture de Libre de soi, libre de tout
    page(s) 23
  • Juste présent à ce qui surgit et disparaît

    Durant une journée de zazen […], si on continue cette concentration pendant un certain temps, on peut alors retrouver un esprit vacant, disponible, lumineux, non obscurci par les pensées. Toutes nos préoccupations s'évanouissent et on peut en constater la vacuité. Cette vacuité ne doit pas devenir une image ou une conception. C'est la nature réelle de toutes choses avec laquelle on s'harmonise naturellement lorsqu'on arrête de suivre ses pensées, lorsque l'on vit à nouveau à travers le corps, la respiration, en étant juste présent à ce qui surgit et disparaît d'instant en instant (le processus de la vie de chaque instant). On ne s'attache pas à ses pensées. On ne dépend de rien.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 11
  • Ici et maintenant versus l’imaginaire

    À 99%, tout ce à quoi on pense pendant zazen, n'a rien à voir avec ce zazen-ci, ici et maintenant. Il s'agit d'autre chose : l'imaginaire, qui est sans substance mais à quoi on s'attache ; parfois, cela devient des habitudes mentales, des obsessions qui nous obscurcissent l'esprit. Si on veut les combattre avec le mental, avec l'esprit ordinaire, cela crée un trouble supplémentaire.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 10
  • Immobile comme un arbre

    Ce maître [Wanshi] insistait sur la pratique de zazen immobile comme un arbre. C'est sur cette pratique que nous continuons à nous concentrer : bassin basculé en avant – genoux fermement enracinés dans le sol – colonne vertébrale étirée vers le ciel, sans bouger le corps quels que soient les phénomènes qui se manifestent mais aussi sans bouger l'esprit, sans poursuivre quoi que ce soit. Lorsque l'on pratique ainsi, l'esprit retrouve naturellement son caractère vaste, illimité.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 5
  • Tout est parfaitement manifesté

    L'enseignement du zen n'est pas un enseignement ésotérique visant à révéler peu à peu une vérité cachée. Tout est parfaitement manifesté, révélé ici et maintenant en nous-mêmes et en toutes choses. Le choc de la rencontre avec zazen est de réaliser cela intimement, intuitivement sans y mettre des mots, des explications.

    Mais souvent, malgré cette révélation ou cette intuition, on continue à agir et à vivre comme s'il y avait autre chose d'important à atteindre. On est toujours à la poursuite d'un ailleurs, d'un au-delà comme si on croyait qu'un secret se trouve caché au fond d'un livre, d'un enseignement ou d'une pratique autre.

    Couverture de Manuel de méditation zen
    page(s) 11
  • Juste être assis et ne rien faire

    Si l'on explique zazen à quelqu'un qui ne pratique pas, et que l'on dit qu'il s'agit d'être simplement assis et de ne rien faire, cette pratique peut paraître très ennuyeuse, monotone, sans grand intérêt. Abordé du point de vue de notre ego, zazen est ainsi : comme une sorte de perte de temps alors que l'on pourrait faire tant de choses utiles pour notre vie.

    Mais lorsque l'on s'assoit et que l'on investit vraiment dans l'assise de zazen, c'est-à-dire que l'on met toute son attention et son énergie à n'être que simplement assis sans poursuivre quoi que ce soit, sans non plus rejeter quoi que ce soit, d'un seul coup notre esprit change complètement. C'est une complète révolution par rapport à notre manière habituelle de fonctionner, toujours tournée vers des objets soit extérieurs – des actions, des choses à faire – ou même des objets intérieurs, des pensées, des sentiments, des émotions…

    Ordinairement, on est toujours très occupé, mais lorsque l'on entre dans le dojo et que l'on s'assoit en zazen on n'est plus occupé que par une seule chose : être simplement assis. Et on se laisse dépouiller par zazen de toute autre préoccupation, de tout autre attachement. Et là, au lieu de s'ennuyer, on découvre une manière d'être au monde totalement nouvelle, différente. On est complètement libéré de l'attachement aux objets, aux êtres, aux choses extérieures et on réalise que l'on peut être parfaitement heureux, calme et libre, en étant juste simplement assis. Car être simplement assis veut dire que nous n'avons pas besoin d'ajouter quoi que ce soit au fait très simple, presque nu, d'être là, avec tout ce qui nous entoure, simplement un avec ce qui est. Et que cela suffit, c'est la grande libération de zazen.

    Cela ne veut pas dire que nous ne ferons plus rien dans la vie que zazen mais que ce que l'on fait dans la vie, si notre vie est enracinée dans zazen, devient une sorte d'expression de ce zazen, c'est-à-dire l'expression d'une simple présence au monde, dépouillée de toute forme d'avidité et donc de choix, de rejet. Cela veut dire réaliser une très grande liberté intérieure qui permet de s'investir dans des actions et des relations, mais avec un esprit désintéressé.

    Couverture de Manuel de méditation zen
    page(s) 8-9