Bhante Henepola Gunaratana

Portrait de Bhante Henepola Gunaratana

Bhante Henepola Gunaratana (né en 1927) est originaire du Sri Lanka où il a été ordonné moine à l'âge de douze ans.

Invité aux États-Unis en 1968, il y enseigne depuis les méditations vipassanā et mettā. Il a fondé en 1985 à High View en Virginie occidentale, Bhāvanā Society, un centre de retraites de méditation.

Quelques ouvrages

Quelques extraits

• L’expérience de l’esprit tel qu’il est

Lorsque nous avons eu l'expérience de l'esprit tel qu’il est réellement, sous toutes les souillures mentales, nous pouvons commencer à faire apparaître par petites touches, dans notre vie quotidienne, ce calme lumineux. Ces moments privilégiés nous aident à éroder les habitudes que nous voulons éliminer et à atteindre une concentration plus profonde, qui permettra à une plus grande félicité de s'infiltrer dans nos vies. Celle-ci, à son tour, entraîne une compréhension plus profonde des habitudes négatives, ce qui les affaiblit plus encore.

page(s) 24
• Śamatha & vipassanā

Vipassanā peut être traduit par « vision intérieure ». C'est une conscience claire et exacte de ce qui se passe pendant que cela se passe.

Śamatha peut être traduit par « concentration » ou « tranquillité ». C'est un état dans lequel l'esprit est amené à se tenir concentré sur un objet unique et sans qu'il soit permis de s'en éloigner. Quand c'est accompli, un calme profond se répand dans le corps et l'esprit, un état de tranquillité qui doit être ressenti pour être compris.

page(s) 18
• Bienfaits de la générosité et de la bonté

Votre comportement positif aura créé deux types de résultats immédiats. Le premier est intérieur. C'est la manière dont vous vous sentez. Comme vous avez été régulièrement généreux et bon, et avez réfléchi à vos actions généreuses et aimantes, votre esprit est paisible et heureux. Le second type est extérieur : on vous apprécie et on a de l'affection pour vous. Bien que ce soit certainement agréable, les résultats extérieurs sont moins importants que les premiers, car ils sont tributaires de la réaction d'autres personnes et, par conséquent, moins fiables.

page(s) 53
• L'impermanence nous irrite

Nous souhaitons voir le calme durer plus longtemps et la tension disparaître plus vite qu'elle ne le fait. Mais la tension ne part pas aussi vite que nous le souhaitons, et le calme ne dure pas aussi longtemps que nous le désirons. Et, de nouveau, nous voici agités ou irrités, car nous désirons que le calme revienne et dure plus longtemps et que la tension disparaisse plus rapidement et ne revienne pas. Nous percevons ainsi comment même ce très léger désir de permanence dans une situation d'impermanence cause une souffrance et rend malheureux. Et, étant donné qu'il n'existe pas d'« entité-moi » pour contrôler la situation, notre désappointement va grandissant.

page(s) 100
• La véritable solitude

La véritable solitude est dans l'esprit. Une personne dont l'esprit est libre des liens de la possessivité et de l'attachement, a dit le Bouddha, est « quelqu'un qui vit seul ». Et quelqu'un dont l'esprit est peuplé par l'avidité, la haine et de fausses idées est « quelqu'un qui vit avec un compagnon », même dans la solitude physique.

page(s) 31
• Clauses et conditions du contrat

Bien sûr, il existe quelques clauses et conditions supplémentaires dans le contrat, quelques façons de faire, malheureusement, qui annulent la garantie. Pour que cette dernière soit valable, vous devez :

  • Avoir confiance et placer cette confiance dans le Bouddha, qui est libéré de la maladie et des afflictions.
  • Avoir une santé suffisamment bonne et être capable de supporter la tension occasionnée par les efforts.
  • Être honnête et sincère, vous montrer à votre enseignant et à vos compagnons sur la voie, tel que vous êtes réellement.
  • Être énergique dans votre abandon des états d'esprit et des comportements malsains et dans votre adoption des états sains.
  • Être déterminé, sans hésitation, mener votre effort avec fermeté et cultiver résolument, avec persévérance, les états d'esprit sains.
  • Être sage, posséder la sagesse noble et pénétrante qui observe l'apparition et la disparition de tous les phénomènes et conduit à la destruction complète de la souffrance.
page(s) 20
• Dangers d’une pratique incorrecte des jhāna

Il est important de savoir qu'il existe, en réalité, certains « dangers » lors d'une pratique incorrecte des jhāna. Une personne prudente devrait en être pleinement informée. Voici les deux principaux dangers :

  • un pratiquant peut se retrouver « piégé » dans l'extase jhanique ;
  • il peut développer de l'orgueil autour de sa réalisation.
page(s) 32
• Observer la douleur

La manière la plus efficace, mais la plus difficile, de traiter la douleur est de l'observer. Soyez avec la douleur, fondez-vous en elle. Ressentez-la sans y penser comme étant « ma » douleur, « mon » genou, « mon » cou. Observez simplement la douleur de près, et voyez ce qui lui arrive.

page(s) 39
• Un état d’esprit équilibré

Le mot jhāna est un dérivé de jhā (qui provient du sanskrit dyai), qui signifie « brûler » « supprimer » ou « absorber ». Ce qu'il veut dire, en tant qu'expérience, est difficile à exprimer. En général, il est traduit par « état méditatif profondément concentré », ou « concentration d'absorption », voire simplement « absorption ».

Cependant, traduire jhāna par « absorption » risque d'être trompeur. Vous pouvez être absorbé dans n'importe quoi – payer vos impôts, lire un roman, concevoir une vengeance, pour citer quelques exemples simples. Mais il ne s'agit pas de jhāna. Le mot « absorption » peut aussi suggérer que l'esprit devient tel une pierre ou un légume, sans aucune sensation, perception ni conscience. Quand vous êtes totalement absorbé dans l'objet de votre méditation, quand vous vous unissez à lui, ne faites plus qu'un avec lui, vous êtes complètement absent. Mais ce n'est toujours pas le jhāna, du moins pas ce que les bouddhistes considèrent comme un « vrai jhāna ». Car dans le vrai jhāna, vous pouvez être inconscient du monde extérieur, mais êtes entièrement présent à ce qui se passe intérieurement.

Le vrai jhāna est un état d’esprit équilibré dans lequel de nombreux facteurs mentaux sains travaillent ensemble avec harmonie. À l'unisson, ils rendent l'esprit calme, détendu, serein, paisible, apaisé, doux, malléable, vif et équanime. Dans cet état d'esprit, la pleine conscience, l'effort, la concentration et la compréhension sont consolidés. Tous ces facteurs travaillent ensemble, en équipe.

page(s) 25-26
• Le contentement

Le contentement signifie ne pas avoir d'avidité exagérée envers la nourriture, les vêtements, le logement, les médicaments ou quoi que ce soit d'autre, allant au-delà de vos besoins de base. Celui qui est satisfait a une vie très facile et sa pratique de la méditation devient facile aussi.

page(s) 38
• Les facteurs perturbateurs

Nous progressons lentement vers la concentration, avant tout en affaiblissant certains facteurs perturbateurs, puis en les mettant « en suspens ». En réalité, les éléments qu'il faut affaiblir ne sont que de petites choses : la peur, l'anxiété, la colère, l'avidité, la honte, par exemple. Ce sont de simples habitudes mentales, mais elles sont si profondément gravées en nous que nous croyons qu'elles sont naturelles, qu'elles font partie de notre esprit et, d'une certaine façon, qu'elles constituent des réactions au monde justes, correctes et appropriées. Qui plus est, nous pensons qu'elles sont nous ; nous croyons qu'elles sont, d'une manière ou d'une autre, inscrites dans notre nature fondamentale et nous nous identifions à elles.

page(s) 23-24
• Le bonheur n'est pas dans la satisfaction des sens

Il est facile de se rendre compte que la satisfaction des sens n'est pas du bonheur, puisque le plaisir éprouvé disparaît presque immédiatement et qu'il peut même entraîner un sentiment de déchéance et de remords.

page(s) 20
• Lorsque les facteurs de l'octuple sentier sont en place

[U]n moment peut venir où tous les facteurs des huit marches sont en place. La moralité a été rendue parfaite, la concentration est profonde et forte, l'esprit est vif et clair. Alors, une intuition extrêmement profonde peut se produire – l'intuition que toute expérience est impersonnelle et impermanente à tous points de vue, et que rien ne mérite de s'y attacher. À ce moment, tous vos doutes disparaissent et votre vision du monde change.

À partir de cet instant, vous marchez sur le chemin à un niveau entièrement nouveau. Précédemment, il vous fallait une bonne et claire compréhension intellectuelle de la manière dont tous les aspects du chemin s'articulent et fonctionnent ensemble. Après cette profonde intuition, votre compréhension atteint un niveau supérieur, appelé « supra-mondain », et vous avancez avec une confiance suprême. Vous savez que, quoi qu'il arrive, vous atteindrez votre but.

page(s) 50-51
• Percevoir les mécanismes intérieurs de la réalité

Le méditant Vipassanā utilise sa concentration comme un outil grâce auquel sa conscience peut effriter petit à petit le mur d'illusions qui le sépare de la lumière vivante de la réalité. C'est un processus progressif de constante croissance de la conscience et de la perception des mécanismes intérieurs de la réalité même.

page(s) 19
• L'attachement source de mal-être

Le changement est partout autour de nous, menaçant les choses mêmes dont nous pensons avoir besoin pour être heureux.

C'est un paradoxe : plus nous possédons, plus notre risque d'être malheureux grandit.

page(s) 19
• L'observation participative

En utilisant la respiration comme objet principal pour la concentration de son attention, le méditant exerce une observation « participative » sur la totalité de son propre univers de perception. Il apprend à observer les changements qui se produisent dans ses expériences physiques, ses sensations, ses émotions et ses perceptions. Il apprend à étudier ses propres activités mentales et les fluctuations dans le caractère de la conscience elle-même. Tous ces changements se produisent perpétuellement et sont présents à chaque moment de nos expériences.

La méditation est une activité vivante, une activité dont l'essence même est expérimentale.

page(s) 20-21
• Le bouddhisme, investigation de l'esprit

Le bouddhisme dans son entier est très différent des religions théologiques auxquelles les Occidentaux sont le plus habitués. C'est une entrée directe dans un royaume spirituel ou divin, sans s'adresser à des divinités ou à d'autres « agents ».

Son atmosphère est essentiellement « clinique », beaucoup plus proche de ce que nous appellerions normalement la psychologie que de ce que nous appelons d'habitude la religion. C'est une investigation constamment approfondie de la réalité, un examen au microscope du processus même de la perception. Son intention est de déchirer l'écran de mensonges et d'illusions à travers lequel nous voyons normalement le monde, et de révéler ainsi le visage de la réalité ultime.

page(s) 16-17
• La nature de l’esprit

Par sa nature même, l'esprit n'est pas sombre, trouble ou agité. Dans sa nature essentielle, il est clair ; il est brillant, plein d'une intelligence rayonnante, ouverte, non conceptuelle et d'une tranquillité profonde.

page(s) 15
• La méditation, quel intérêt ?

La méditation n'est pas facile. Elle prend du temps et de l'énergie. Elle demande d'avoir du cran, de la détermination et de la discipline. Elle requiert une foule de qualités personnelles que nous considérons normalement comme exigeantes et que nous aimons éviter autant que faire se peut. Nous pouvons les résumer en deux mots : courage et aventure.

C'est certainement beaucoup plus facile de simplement se laisser aller, de regarder la télévision. Aussi, pourquoi s'en préoccuper ? Pourquoi dépenser toute cette énergie et tout ce temps alors que vous pourriez l'utiliser pour sortir et vous amuser ? Pourquoi ?

C'est simple. Parce que vous êtes un être humain. Et que de ce fait vous êtes l'héritier d'une insatisfaction inhérente à la nature humaine qui ne vous quitte pas. Vous pouvez la supprimer de votre conscience pendant un temps. Vous pouvez vous distraire pendant des heures, mais elle revient toujours, et généralement lorsque vous vous y attendez le moins. Tout à coup, comme si elle tombait du ciel, vous vous redressez, vous faites le point, et vous comprenez votre véritable situation dans la vie.

page(s) 23
• Universalité du mal-être

Allez à une soirée. Écoutez les rires, ces voix légèrement crispées qui rient en surface et pleurent en dessous. Sentez la tension, la pression. Personne n'est vraiment détendu. On fait semblant.

Allez à un match. Observez les supporters. Voyez les accès de colère irrationnels, la frustration incontrôlée qui s'exprime sous le voile de l'enthousiasme ou de l'esprit d'équipe. Les huées, l'égoïsme sans retenue au nom de la loyauté d'équipe. La boisson, les bagarres. Tous ces gens qui, désespérément, essayent de relâcher leur tension intérieure. Ce ne sont pas des gens en paix avec eux-mêmes.

Observez les informations à la télévision. Écoutez les paroles des chansons à succès. Partout,vous trouvez le même thème sous des variantes : jalousie, souffrance, mécontentement et stress.

page(s) 25-26