Dilgo Khyentsé Rinpoché

Portrait de Dilgo Khyentsé Rinpoché

Dilgo Khyentsé Rinpoché (1910-1991) était un grand maître de l'école Nyingma du bouddhisme tibétain. Alors que son père dignitaire souhaitait le voir prendre sa succession, l’enfant s'était montré plus attiré par la spiritualité et entra à onze ans au monastère. À quinze ans, il entama dans une grotte de montagne une retraite qui devait durer treize ans.

Dilgo Khyentsé a été entre autres l'un des maîtres du quatorzième Dalaï-lama. En 1959, âgé de quarante-neuf ans, au moment où ce dernier fuyait la répression au Tibet pour l'Inde, lui s'exila au Bhoutan.

Il aura donné un nombre considérable d'enseignements. Il était également un tertön, c'est-à-dire un découvreur de trésors spirituels (terma) et il en a lui-même laissé pour le futur.

Lignée de Dilgo Khyentsé

 

Quelques ouvrages

Quelques extraits

• Compréhension, méditation, action

En tout premier lieu, il est nécessaire d'établir la vue correcte, c'est-à-dire d'acquérir une certitude totale en ce qui concerne la vérité absolue : la vacuité. Bien que le monde phénoménal apparaisse et fonctionne, au niveau absolu, il est totalement dénué de réalité. Cette vue de la vacuité est la graine d'où se développera le fruit parfait de l'Éveil. La première étape dans l'établissement de la vue est la compréhension correcte des enseignements.

Puis, pour que cette vue devienne partie intégrante de l'expérience intérieure, il faut continuellement la mettre en pratique ; c'est ce qu'on appelle la méditation.

Enfin, maintenir cette expérience en toutes circonstances est ce qu'on appelle l'action.

page(s) 23
• L'énergie qui permet d'aider les êtres

Il suffit de reconnaître la vacuité pour que la notion d'ego s'évanouisse sans laisser de traces et que jaillisse spontanément l'énergie qui permet d'aider les êtres.

page(s) 65
• Saisissons notre chance

Nous avons eu la chance de naître en tant qu'êtres humains dans un monde où un bouddha est venu pour enseigner le dharma. Nous avons rencontré un maître spirituel authentique et reçu ses enseignements. Nous sommes physiquement et mentalement aptes à pratiquer ses instructions.

Il nous appartient donc de décider de notre avenir : allons-nous gravir le chemin de la libération avec la détermination d'établir tous les êtres au niveau suprême de l'Éveil ? Ou allons-nous nous enfoncer plus profondément encore dans le labyrinthe du saṃsāra, d'où il est si difficile de s'échapper ?

page(s) 19-20
• L'attachement au moi-moi-même-et-encore-moi

C'est parce que nous sommes profondément attachés à notre corps, à notre esprit, à notre nom, que nous efforçons sans cesse d'écarter ce qui est déplaisant et de prolonger ce qui est agréable. Ce processus d'attachement conditionne l'apparition de la souffrance.

page(s) 22
• Les deux ailes de la bodhicitta

La pensée de l'Éveil – bodhicitta en sanskrit – a deux aspects : d'une part, elle envisage l'ensemble des êtres et, d'autre part, elle est centrée sur la connaissance transcendante.

Dans son premier aspect, la pensée de l'Éveil implique une compassion impartiale pour tous les êtres, ne laissant place à aucune distinction entre « amis » et « ennemis ». […]

Le deuxième aspect de la pensée de l'Éveil, centré sur connaissance transcendante, est la compréhension de la nature des phénomènes – la vacuité –, de laquelle jaillit spontanément la compassion universelle, tournée vers tous les êtres.

Il ne faut jamais dissocier ces deux aspects de la pensée de l'Éveil : les moyens habiles de la compassion et la compréhension de la vacuité. Ils nous sont aussi indispensables l'un que l'autre pour atteindre l'Éveil, comme les deux ailes d'un oiseau lui sont nécessaires pour voler.

page(s) 16-18
• La compassion seule ne suffit pas

Quand nous pensons à tous ces êtres, nos parents, qui errent depuis si longtemps comme des aveugles égarés dans une vaste plaine, nous ne pouvons que ressentir une immense compassion.

Mais la compassion seule ne suffit pas. Tant que notre esprit est limité par l'attachement, nous pouvons leur donner de la nourriture, des vêtements, de l'argent, ou simplement de l'affection, mais nous ne leur apporterons, dans le meilleur des cas, qu'un bonheur temporaire et limité.

Ils ont besoin d'une aide autrement efficace. Aussi devons-nous trouver le moyen de les délivrer définitivement de la souffrance, et nous n'y parviendrons qu'en mettent en pratique les enseignements du dharma.

page(s) 16
• L'ami spirituel nous montre nos défauts

Ceux qui abondent systématiquement dans notre sens nous font peut-être plaisir, mais ne nous incitent pas à développer les qualités spirituelles. Au contraire, ceux qui mettent nos défauts en lumière et nous montrent comment les corriger sont d'une aide précieuse. C'est en martelant l'or et en le fondant qu'on le raffine.

De même, c'est en prenant conscience de nos fautes et en appliquant les instructions de notre maître que nous finirons par transformer nos tendances négatives en auxiliaires sur la voie de la libération.

page(s) 30