Richard Moss

Portrait de Richard Moss

Richard Moss (né en 1947) est un médecin américain. En 1977, il fit une expérience spontanée d'éveil, à la suite de laquelle il renonça à soigner ses semblables sur le plan physiologique, pour désormais les faire travailler sur les plans psychologique et spirituel.

Depuis quarante ans, Richard Moss conduit séminaires et retraites. Bien qu’ayant bénéficié de nombreuses influences, le travail qu'il propose n'est lié à aucune tradition spirituelle ou religieuse en particulier. Il invite à une « vitalité radicale » et une intelligence montant de l'être le plus profond, chacun devant apprendre à devenir son propre enseignant. Au cœur de cette approche : la désidentification d'avec la pensée et l'approche consciente des sentiments menaçants.

Quelques ouvrages

Quelques extraits

• Faire confiance et créer de l'espace pour les sentiments

Pour votre ego, les émotions créées par vos pensées paraissent toujours légitimes et font véritablement partie de votre identité. Pour votre corps, en revanche, la colère, le ressentiment, la peur, la suffisance ou l'autodérision générés par vos pensées sont de vrais poisons chimiques. Le cerveau libère des neuropeptides dans votre sang et vos muscles se raidissent, votre tension artérielle augmente, vos glandes surrénales sécrètent du cortisol et la résistance à l'insuline est proche. Il existe un mot simple pour décrire ces symptômes : le stress. Le genre de stress qui conduit aux maladies cardiaques, au diabète, aux congestions cérébrales et probablement à certains cancers, sans parler du sentiment d'être malheureux.

Ironiquement, alors que l'ego justifie des émotions pouvant être très destructrices, comme le ressentiment et la haine, il ne vous permet pas souvent de vous arrêter sur des sentiments expansifs, comme la joie ou l'amour, et il fuit instantanément tout sentiment menaçant, comme l'impuissance. Et pourtant, le fait de vous ouvrir aux sentiments les plus élevés et les plus bas ne vous blessera jamais autant que les émotions destructrices. En faisant de la place à ces sentiments, vous pourrez établir une relation plus saine avec des situations apparemment inextricables (conflits familiaux de toute une vie, par exemple). Vous écarterez également vos doutes sur votre propre valeur. Il est sage de se méfier de ses émotions et d'apprendre à se libérer de celles qui nous empoisonnent, tout en apprenant à faire confiance et à créer de l'espace pour les sentiments, y compris les plus sombres.

page(s) 22-23
• Le mal-être résulte des pensées

Dans la vie, les souffrances les plus profondes sont généralement moins le résultat des événements qu'une conséquence de tout ce que vous vous dites sur eux.

page(s) 29
• Un changement profond implique certains risques

Évidemment, un changement profond implique certains risques. L'énergie induite par le processus d'ouverture dépassera le seuil de ce que nous sommes capables d'intégrer, si nous l'abordons comme nous avons appréhendé les autres choses de la vie. Peuvent en résulter une intensification des tendances névrotiques, des psychoses, ou même le développement ou l'aggravation de désordres physiques. Sans doute l'inflation de l'ego est-elle le danger le plus courant de toute expansion rapide de conscience. Ainsi que l'a démontré Jung, une inflation de l'ego est souvent suivie d'une brutale retombée. L'intégration ne peut alors se solder que par la régression à un stade antérieur de développement. Néanmoins, même de telles éventualités ne sont pas sans issue.

L'effondrement le plus terrible peut prendre une signification tout autre, si nous sommes capables de nous engager avec courage et persévérance sur les chemins de la créativité.

page(s) 30-31
• L'esprit le futur, dans le passé

Quand l'esprit est dans le futur, le corps manifeste inquiétude ou espoir ; dans le passé, culpabilité, nostalgie ou regrets.

page(s) 12
• Un véritable changement dépasse tout concept, tout espoir

Il est beaucoup plus facile – trop facile – d'affirmer notre identité en nous mettant, autant que faire se peut, au service de nobles causes qui visent à transformer notre monde en un monde meilleur. De tels efforts contribuent certainement au déclenchement de la transformation ; mais nous devons aussi regarder en face le fait qu'un véritable changement est de loin plus radical et exigeant. Cela dépasse tout concept, tout espoir que nous puissions avoir d'une vie meilleure. Si nos efforts nous apportent estime de soi et auto-satisfaction, au point que nous nous détournions complètement d'une recherche plus profonde, ils peuvent en fin de compte infirmer notre vitalité et réduire les possibilités qui s'offrent à nous de changer fondamentalement notre conscience.

La transformation tient du désir et de l'intention, mais participe également de l'intuition et du lâcher-prise.

page(s) 19-20
• Le mal est un niveau de nous-mêmes à rencontrer sur le chemin

On donne [aux] forces [malfaisantes] davantage de réalité et de puissance si on leur résiste. Elles aussi participent du divin. Il n'est besoin que d'apprendre à se centrer et à maintenir son attention sur une conscience plus profonde, pour que notre réaction n'ait plus de raison d'être. Évidemment, quand le dragon est à votre porte et que vous n'êtes pas suffisamment ouvert pour accueillir toute son énergie, mieux vaut tourner les talons. Il peut alors être utile de faire appel à un rituel qui permette de se centrer et de se protéger. Cela revient à sortir par la porte du fond.

Mais, tôt ou tard, nous devons lui ouvrir la porte et accueillir cette énergie pour l'incorporer. Il faut, pour ce faire, avoir atteint un stade de centrage et de confiance suffisamment élevé. Il est aisé de comprendre comment l'homme égoïque peut considérer Dieu comme un champion vainqueur des forces du mal, mais ça, c'est une image élaborée par nos attirances personnelles qui ne peut avoir aucun sens. En fait, il est plus sage de réaliser qu'au fur et à mesure de notre aspiration vers une conscience plus élevée, le mal est un niveau de nous-mêmes à rencontrer sur le chemin.

page(s) 38
• Confiance et ouverture

Nous devons faire confiance à la profonde faculté de l'âme à faire face et à entrer en relation avec tout ce que nous ressentons, sans plus avoir besoin de nous défendre ni même de réagir.

page(s) 15
• « Je », partie minime de la conscience de soi

La Conscience se manifeste partout, elle sous-tend tout ce que nous sommes. Intégrer la façon de vivre où mène cette compréhension constitue l'âme de tout mon travail. Comme Laura, j'ai vu ma propre relativité. Pendant un petit moment, ce « moi » s'est volatilisé, au point de n'être plus qu'une partie minime de conscience de soi, d'où je pouvais observer une dimension totalement autre. « Je » était devenu la Conscience elle-même.

page(s) 21
• Une façon d'être contagieuse

Être connecté à son véritable soi est une façon d'être contagieuse. Une personne éveillée, aimante, crée un champ de conscience dans lequel les autres se sentent en sécurité et deviennent plus aimants. Une personne apeurée ou en colère crée aussi un champ, mais qui engendre division et peur.

page(s) 24
• Les deux erreurs fondamentales

Quelles sont [nos] erreurs ? Premièrement, nous avons tendance à nous identifier à nos propres pensées, ce qui crée souvent une réalité émotionnelle destructrice. Le fait de croire en nos pensées – ou en celles inculquées par notre famille et la société – sans les remettre en cause, nous met souvent en conflit avec nous-mêmes, avec les autres et avec la vie elle-même.

Deuxièmement, beaucoup de nos sentiments nous font peur, et, en essayant de les fuir, notre ego se ferme à une grande partie de notre vie intérieure et à la source de la véritable santé.

page(s) 22
• Changer de niveau

Guérir en profondeur consiste à apprendre à se libérer de cette composante : la souffrance émotionnelle générée par vos propres pensées. […]

[V]ous allez devoir changer de niveau et passer de la pensée à la conscience de la pensée.

page(s) 17
• La conscience de base, égoïque

[L]es premiers jours, le centre de gravité de ma conscience est resté ancré dans la dimension personnelle sujet/objet. À ce niveau de conscience, celui qui sait et ce qui est su restent irrémédiablement distincts et séparés. C'est la conscience de base ; elle est commune à tous les êtres humains et c'est elle qui permet la langage.

J'y fais souvent référence comme à la conscience extérieure, ou égoïque. Elle est extérieure (c'est-à-dire orientée vers son objet) par opposition au principe de conscience intérieur, subjectif. Elle est égoïque parce qu'elle procède d'une identité individuelle associée au « je », qui prend en considération l'activité incessante du contenu de la conscience. Sur ce plan, nous nous disons toujours : « Je suis content, triste, fatigué, désolé… », comme si nous étions réellement ce contentement, cette tristesse, cette fatigue, etc. À ce stade, nos certitudes sont acquises au prix de notre connaissance de nous-mêmes.

page(s) 38-39
• Un potentiel émotionnel supérieur

Quand notre conscience est ancrée dans le présent, nous avons accès à notre potentiel émotionnel supérieur : empathie, compassion et pardon. Nous faisons alors l'expérience d'un sentiment d'unité plus grand et d'un vaste champ de conscience qui transcende notre réalité personnelle limitée. Nous nous approchons de la Source pour boire à une fontaine de vie et d'intelligence où nous percevons la plénitude infuse en chaque instant, et ressentons un sentiment de gratitude, d'émerveillement et de confiance implicite dans la bonté de la vie.

page(s) 13
• Un avec ce qui ne change pas

À mon avis, un changement radical ne se produit qu'au moment où nous découvrons notre identité parfaite en tant que Conscience. À cet instant, nous ne sommes qu'Un avec ce qui ne change pas, ce qui n'a aucune caractéristique particulière, ce qui se trouve au-delà du temps, de l'espace et de la causalité.

page(s) 18
• Un espace de non-savoir

Avant de définir notre expérience, avant d'accepter les étiquettes qu'imposent nos pensées et nos sentiments conditionnés, nous devons apprendre à créer un espace de non-savoir, un espace ouvert pour une interprétation nouvelle.

page(s) 13
• Lorsque notre esprit s'éloigne du présent

Plus notre esprit s'éloigne du présent, plus nous nous mettons à fonctionner sur un mode émotionnel limité. Un faible niveau d'énergie représente un rétrécissement de la conscience, et nous nous sentons diminué et isolé. Nous devenons dogmatique, inflexible et craintif. Alors, nous nous transformons en victime de la peur, de la colère, de la méfiance, du besoin et autres émotions potentiellement destructrices. Moins disponibles, les prodigieuses profondeurs de notre conscience élargie peuvent même devenir menaçantes. Notre aptitude innée à la joie de vivre disparaît. Au lieu de nous sentir relié à nous-même et d'accueillir la vie avec la totalité de notre être, nous vivons de plus en plus dans un soi factice et rigide, composé pour nous protéger de ce que nous ne voulons pas ressentir.

Dans cet état d'esprit, à la fois protecteur et limité, nous devenons un spectateur, le plus critique, et croyons que nous sommes — et que le monde est — ce que nous en pensons. Lorsque nous agissons sur ce mode d'évitement, penser sur nous, les autres et le reste du monde devient notre passe-temps favori, parce que nous ne savons pas ressentir notre profondeur dans l'« instant-Présent », ni goûter la vie directement. À terme, notre esprit finit par adopter une conduite addictive, vivant de plus en plus dissocié de l'immédiateté de notre être. C'est la raison fondamentale pour laquelle nous sommes si insatisfait de nous-même et manquons d'empathie envers les autres.

Le premier enseignant de l'esprit non éveillé est la peur. Enfant, nous vivons en permanence dans le présent, transparent à l'amour, mais aussi vulnérable à tous les traumatismes. Pour survivre émotionnellement, nous apprenons à projeter notre esprit loin de toute sensation bouleversante, comme la solitude ou la honte. Nous soustrayons notre conscience au présent, là où les émotions sont potentiellement les plus vivantes et les plus intenses. Progressivement, nous nous conditionnons à éviter le présent, et de ce fait, notre intimité avec nous-même et la vie s'amenuise.

page(s) 14
• Plus dominé par les émotions négatives

En percevant la variation dans nos sensations quand nous revenons dans « l'ici et maintenant », notre corps commence à identifier la Présence. À mesure que nous comprenons que notre propre conscience peut nous aider à vivre dans le présent, notre réalité émotionnelle se transforme. Ce ne sont plus les émotions dites négatives qui la dominent et nous voyons renaître un sentiment de joie et de liberté qui est notre nature véritable.

page(s) 13
• L'ego cause de la souffrance

Si la médecine moderne sauve souvent des vies, elle ne traite pas la véritable origine de la souffrance. À plus d'un titre, la psychologie moderne non plus. En effet, celle-ci part du principe que le soi distinct, l'ego, avec toutes ses peurs et tous ses espoirs, est celui que vous êtes vraiment. […]

Votre souffrance profonde vient moins de l'état de votre corps que de ce que votre ego vous en dit. Il en va de même pour les problèmes relationnels : c'est généralement plus ce que vous vous dites sur le comportement d'une personne qui suscite votre mécontentement que ce qu'elle fait vraiment.

page(s) 15
• Fermeture versus ouverture au ressenti

La relation du soi à chaque aspect de la vie est toujours préméditée : il cherche à accroître son plaisir, son pouvoir ou une sensation de sécurité, et se défend automatiquement contre tout ressenti et toute situation qui le menacent.

L'âme, au contraire, ne perçoit pas le ressenti comme une extension d'elle-même ou comme une menace. Elle l'apprécie pour ce qu'il est. Dans ce rapport non réactif, non prémédité, nous apprenons à laisser de la place à nos ressentis, au lieu de nous refermer et de fuir.

page(s) 15
• Nous sentir pleinement vivant et totalement libre

[I]l ne s'agit pas tant d'accéder à l'éveil que de vivre comme un individu authentiquement autonome et libéré de l'emprise de la peur. La maîtrise véritable, c'est la capacité à rester pleinement présent, quoi que la vie nous apporte, parce que nous avons confiance en qui nous sommes.

[N]ous [cherchons] tous, par des chemins multiples, à donner un sens et un but à notre vie, mais […] en réalité, ce que nous souhaitons vraiment,c'[est] nous sentir pleinement vivant et totalement libre.

page(s) 9