Dans ma jeunesse, je me souviens un été avoir emmené une amie découvrir la haute montagne dans les Pyrénées.

Chaque jour au petit matin, nous prenions le sentier par ciel clair. Au fil de la matinée, la brume montait doucement des vallées par lambeaux, qui stagnaient ensuite à une altitude précise et mystérieuse. L’accumulation formait bientôt une mer de nuages magnifique, que nous surplombions avec bonheur. Notre journée se poursuivait sous l’azur dans la joie des lacs, des cols et des crêtes.

Dans l’après-midi, nous reprenions le chemin de la vallée. Arrivés à l’altitude de la mer de nuages, nous quittions l’estival pour le lugubre et il fallait nous couvrir pour marcher parfois une heure dans un épais brouillard. Brouillard que nous finissions toujours par quitter pour terminer la descente sous un plafond. Dans la vallée, les gens maugréaient contre le « mauvais temps ». Effectivement, ceux qui avaient fait la grasse matinée n’avaient pas dû voir le soleil de la journée, qu’ils avaient passée dans une boîte de flancs de montagne au couvercle de nuages. À notre teint hâlé, certains imaginaient que nous arrivions d’Espagne, « parce qu’ici… ».

À la fin des vacances, la voiture du retour roulait vers le nord et sous les nuages, nous avions plutôt le blues. C’est alors que mon amie et moi avons fait le serment de ne jamais oublier qu’au-delà des nuages, il y a toujours l’azur.

La pratique de la méditation bouddhique ne fait appel à aucune croyance. Simplement la confiance qu’au-delà des nuages de la confusion, il y a toujours l’azur de la santé fondamentale.

 

Mer de nuages en haute montagne