Comme beaucoup d'entre nous dans un monde où toujours plus d’activités se numérisent, je passe l'essentiel de mes journées de travail devant un écran d'ordinateur. La pause repas est une formidable occasion de retour à la présence : aller au potager, une échappée du regard sur le ciel et les lointains (par temps clair, la silhouette du Mont-Blanc qui pointe au-dessus de monts plus proches), mettre les mains dans la terre, récolter quelques légumes, rentrer les éplucher, découper, faire cuire doucement, remuer, goûter.

Cuisiner est d’abord une pratique de présence attentive. Tout cuisinier aura fait l'expérience un jour de penser à autre chose et de laisser cramer le plat. Mais cuisiner est aussi une pratique de bienveillance aimante. Quand je reçois des amis, que j’ai eu la main heureuse et qu'ils me complimentent pour le plat que nous partageons, souvent je réponds « Vous m'avez bien inspiré ». C’est en effet aussi grâce à eux : c’est de m’être, en préparant, relié à eux et à l’affection qui nous lie qui m’aura mis dans une disposition favorable à la réussite du plat. Inter-être, tout est lié.

 

Détailler les légumes au couteau sur la planche