Extraits étiquetés avec : autorité

  • C’en est assez

    Venez avec moi.
    Ne me suivez pas.
    Vous en avez tant suivis pendant des siècles.
    Je dis : Assez de cette puérilité !

    Écoutez-moi.
    Ne répétez pas mes mots.
    Vous avez répété des mots durant des siècles.
    Je dis : Assez de cette répétition !

    Comprenez-moi.
    Ne m'adorez pas.
    Vous en avez tant adorés pendant des siècles.
    Je dis : Assez de cette infantile adoration !

    Aimez-moi.
    Ne me rendez pas un culte.
    Vous avez révéré de saintes personnes pendant des siècles.
    Je dis : Assez de cette puérile création d'autorités !

    Embrassez-moi.
    Ne vous inclinez pas, ne vous agenouillez pas.
    Vous vous êtes inclinés et agenouillés pendant des siècles.
    Je dis : Assez de cette humiliation !

    Secondez-moi.
    Ne me condamnez pas en faisant de moi une autorité.
    Vous avez condamné les délivrés pendant des siècles.
    Je dis : Assez de cette impitoyable condamnation !

    Couverture de La méditation
    page(s) 123-124
  • Ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur

    Il convient de garder une saine distance, un doute positif, à l'égard des enseignements que nous recevons, quelle que soit l'autorité en la matière, la personne qui incarne le maître, y compris le Bouddha, jusqu'à ce que la validité de l'enseignement nous soit clairement confirmée par l'investigation, l'analyse et l'expérience. […] Il n'y a ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur.

    Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine
    page(s) 19-20
  • Le Bouddha engage à douter et vérifier par soi-même

    [Le Bouddha] ne réclamait pas […] pour lui une autorité spéciale à cause de son enseignement – ni à cause de la foi qu'avaient en lui les gens, ni à cause de la logique manifeste de ce qu'il enseignait. Au contraire, il affirmait que douter de ce dont nous n'avons pas connaissance par expérience personnelle et le vérifier est approprié […]

    La plus haute autorité est notre propre expérience de la vérité. Rien ne devrait être accepté par simple foi  : nous devons l'examiner pour voir si c'est logique, pratique, bénéfique. Il ne suffit pas non plus, ayant examiné un enseignement par la raison, de l'accepter intellectuellement comme vrai. Si la vérité doit nous être bénéfique, il nous faut en faire l'expérience directe. Alors seulement, pourrons-nous savoir si l'affirmation est réellement vraie.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 31-32
  • Contre l’autorité

    Ce qui est essentiellement important est d'examiner ce que je dis et de trouver votre réponse sans le réconfort de l'autorité. Voilà pourquoi je suis contre les organisations. Spirituellement, elles engendrent un fond d'autorité ; or, celui qui cherche la vérité ne subit l'autorité d'aucun livre, Bhagavad-Gita ou Bible, ni d'aucune personne. C'est la vérité qu'il cherche, et non l'autorité d'un autre.

    Couverture de L'esprit de création
    page(s) 21
  • Le maître, simple gardien de la tradition

    Le maître bouddhiste nous met […] en rapport à ce qui fonde.

    Mais quel est, pour lui, la fondation sur laquelle il s'appuie ?

    L'unité des trois joyaux : le Bouddha comme exemple et auteur d'un chemin, son enseignement et la communauté des pratiquants qui permettent de le vivre dans l'enracinement d'une lignée.

    Cette fondation établit la possibilité même d'une parole et d'une transmission. Dès lors, enseigner ne consiste pas à inventer ou trouver des idées ou des méthodes nouvelles mais à être fidèle à la fondation. L'autorité du maître ne vient donc pas de lui, elle ne lui appartient pas. Il en est le simple gardien. Son autorité n'est pas son bon vouloir, mais son obéissance à ce qui s'appelle à lui. Il n'est qu'un anneau d'une chaîne qui vient du passé et va vers l'avenir. Il ne s'exprime pas, il transmet – ce qui n'implique nullement, au contraire même, qu'il ne soit pas ainsi proprement lui-même.

    Ce rapport à la fondation, il est possible de l'appeler « tradition ».

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 14
  • Être institué humain

    [L]'être humain n'est pas d'emblée, par sa naissance, un être humain. Pour le devenir, aussi surprenant que cela puisse aujourd'hui nous sembler, il faut encore qu'il soit introduit dans le champ de l'humanité et reconnu comme lui appartenant. Or ce mouvement n'est pas « naturel » et encore moins « biologique » – quelle que soit la propagande qui tente de nous le faire oublier. L'être humain a besoin d'être institué comme tel. Voici la fonction de l'autorité : poser une parole qui fonde et assoit les hommes au sein d'un monde.

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 13
  • La loi

    Pour qui fait le choix d'entrer en bouddhisme, le dharma, un terme essentiel qui condense en lui la loi, la norme, l'enseignement, deviendra la référence qui s'interposera désormais dans sa relation au monde. Aujourd'hui, même les discours bouddhistes apparemment les plus orthodoxes se doublent d'une reconfiguration intérieure et d'une certaine distanciation vis-à-vis de la tradition. Pour tout Occidental, cette appropriation est bien une mise à l'épreuve, celle de sa propre subjectivité. Nous sommes devenus des sujets qui revendiquons l'autonomie de nos choix, de nos actes et de nos pensées. Nous sommes devenus à nous-mêmes notre propre autorité. Pourtant l'enseignement du Bouddha ne s'est jamais présenté comme une tentative transitoire de penser le monde que nous serions conviés à notre tour à corriger ou à compléter. Pour toutes les traditions bouddhistes, « prendre refuge dans le Bouddha » a toujours supposé de reconnaître sa pleine dimension d'autorité, jusqu'à se laisser – pour reprendre une métaphore traditionnelle – submerger par son enseignement. Ce conflit d'autorité dans le cadre de la modernité, auquel non seulement le bouddhisme mais toutes les traditions religieuses sont désormais confrontés, ne peut plus être résolu par un choix exclusif : si le sujet soumet la tradition à sa loi, s'il garde ce qui lui convient et écarte ce qui le gêne, il s'empêche de se laisser submerger par le message religieux. Si à l'inverse la tradition soumet le sujet à sa loi, celui-ci ne peut que verser dans l'intégrisme et le fondamentalisme.

    Couverture de Le bouddhisme n’existe pas
    page(s) 31-32
  • Se connaître

    [C]hercher à se connaître selon quelqu'un c'est recueillir des informations en ce qui le concerne, lui, et pas nous. Or ce que nous voulons apprendre, c'est en fait ce que nous sommes nous-mêmes.

    Ayant bien compris que nous ne pouvons compter sur aucune autorité pour provoquer une révolution totale dans la structure de notre psyché, nous éprouvons une difficulté infiniment plus grande à rejeter notre propre autorité intérieure : celle qui résulte de nos petites expériences particulières, ainsi que de l'accumulation de nos opinions, de nos connaissances, de nos idées et idéaux. […]

    Être libre de toute autorité, de la nôtre et de celle d'autrui, c'est mourir à tout ce qui est d'hier, de sorte qu'on a l'esprit toujours frais, toujours jeune, innocent, plein de vigueur et de passion. Ce n'est qu'en cet état que l'on apprend et que l'on observe. Et, à cet effet, il faut être conscient avec acuité de ce qui a lieu en nous-mêmes, sans vouloir le rectifier ni lui dire ce qu'il devrait être ou ne pas être, car dès que nous intervenons, nous établissons une autre autorité : un censeur.

    Couverture de Se libérer du connu
    page(s) 28-29
  • Dégagé de toute peur

    [P]eut-on rejeter toute autorité ? Si on le peut, c'est que l'on n'a plus peur. Et alors qu'arrive-t-il ? Lorsqu'on rejette une erreur dont on a porté le fardeau pendant des générations, que se passe-t-il ?… N'est-on pas animé d'un surcroît d'énergie ? On se sent davantage capable d'agir, on a plus d'élan, plus d'intensité, plus de vitalité. […]

    Étant libre, on agit à partir de ce centre, on est donc sans peur. Un esprit dégagé de toute peur est capable de beaucoup aimer, et l'amour peut agir à son gré.

    Couverture de Se libérer du connu
    page(s) 27
  • Cesser de projeter toute autorité

    Si l'on essaie de s'étudier selon autrui, on demeure indéfiniment une personne « de seconde main ». […]

    [S]on ordre intérieur pourrait-il jamais être instauré par une autorité ? Un ordre imposé du dehors provoque presque toujours un désordre.

    Tout cela peut être vu intellectuellement. Mais pouvez-vous le vivre en vérité, de telle sorte que votre esprit cesse de projeter toute autorité, celle d'un livre, d'un maître, d'un conjoint, d'un parent, d'un ami, de la société ?

    Couverture de Se libérer du connu
    page(s) 26
  • La douceur comme force

    La force symbolique de la douceur est une autorité. En Orient, on a révéré cette autorité spirituelle plus tôt et plus profondément qu'en Occident. Des pratiques zen à l'hindouisme, des écrits sur le tao du confucianisme aux rites chamaniques de la Sibérie orientale, la douceur n'est pas perçue comme une faiblesse.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 64
  • S'écouter soi-même

    Ici, c'est à l'écoute de vous-même, et non de l'orateur, qu'il faut vous mettre. Si vous écoutez l'orateur, il devient votre maître à penser, la voie à suivre pour pouvoir comprendre – ce qui est une horreur, une abomination, car vous aurez alors instauré la hiérarchie de l'autorité. […]

    Mais si, tout en écoutant l'orateur, vous êtes simultanément à l'écoute de vous-même, alors cette écoute est source de lucidité, de sensibilité ; l'esprit puise dans cette écoute force et santé. N'étant ni en position d'obéissance ni en situation de résistance, il devient intensément vivant.

    Couverture de Le livre de la méditation et de la vie
    page(s) 21
  • Autorité et liberté

    La racine latine des mots obéissance, obédience, signifie « entendre ». Quand vous entendez répéter sans cesse qu'il vous faut un gourou – faute de quoi, vous ne pouvez absolument pas comprendre la vie ni atteindre l'éveil –, que vous devez suivre quelqu'un, vous obéissez, inévitablement, n'est-ce pas ? L'obéissance implique une soumission, ce qui signifie que vous avez une autorité de référence. Or, un esprit tel que le vôtre, hanté par l'autorité, ne peut en aucun cas vivre dans la liberté, et ne peut donc jamais vivre sans trace d'effort.

    Couverture de Vers la révolution intérieure
    page(s) 23
  • Observer ce qui est

    Celui qui veut changer radicalement doit observer ce qui est et non ce qui devrait être. En réalité, le fait d'avoir des idéaux est l'une des raisons qui fait que vous n'avez pas d'énergie, qu'il vous manque la flamme, parce que vous vivez dans une sorte de flou abstrait. […]

    [C]omment faire pour observer ce qui est [?] En fait, ce qui devrait être [est devenu] l'autorité de référence. Mais l'esprit qui s'est libéré de ce qui devrait être ne fonctionne plus en terme d'autorité. Il est donc libre de toute forme de supposition capable de donner corps à une autorité. L'esprit est donc libre d'observer réellement ce qui est.

    Couverture de Vers la révolution intérieure
    page(s) 20
  • Cessez de suivre quiconque

    Les gourous sont destructeurs, pas créateurs. Si vous ouvriez vraiment les yeux, vous laisseriez tout de suite tomber définitivement toute autorité spirituelle, vous cesseriez de suivre quiconque – y compris l'orateur. Vous observeriez vraiment de tout votre cœur, de tout votre esprit, et vous feriez cet examen, cette découverte, car c'est vous qui devez changer, pas votre gourou.

    Couverture de Vers la révolution intérieure
    page(s) 14-15
  • Transmission de la sagesse

    Né au Tibet en 1939, Chögyam Trungpa est élevé dans une perspective Traditionnelle, c'est-à-dire un monde où la sagesse n'est pas une invention personnelle dépendant de notre seule subjectivité, mais un trésor reçu par une transmission fondée sur une autorité – en tant qu'instance sacrée de la légitimité. [Fabrice Midal]

    Couverture de Pour chaque moment de la vie
    page(s) 9-10