Extraits étiquetés avec : beauté

  • Un avec ce qui est

    Que mon esprit soit libre, mon corps détendu, mon cœur plein d'amour. Encore faut-il que mon âme soit enchantée par la beauté de la vie. Cette grâce n'est offerte qu'à celui qui vit en accord avec le mouvement de la vie. Le bonheur est la joie de vivre en harmonie avec les lois cosmiques de l'univers : la félicité apparaît spontanément lorsqu'on vit en étant un avec ce qui est.

    Couverture de L’expérience du bonheur
    page(s) 24
  • Notre responsabilité

    Avant de vouloir guérir le monde, c'est dans notre vie quotidienne qu'il est nécessaire de créer les conditions du paradis.Cette responsabilité ne dépend que de nous : dans la simplicité de chaque geste posé, dans la vérité de chaque parole offerte, dans la justesse de chaque choix de vie.

    Le bonheur est avant tout une attitude face à la vie : une posture corporelle harmonieuse et détendue, une disponibilité intérieure à la grâce d'exister, un espace d'ouverture pour accueillir toute la beauté du vivant, une constante détermination à agir au service du bien de tous, uniquement guidé par la puissance de l'amour.

    La félicité se construit intérieurement jour après jour en cultivant la douceur et la gaieté dans chacune de nos relations. En recherchant la paix et la beauté dans chacune de nos situations et de nos actions. En prenant soin de demeurer dans la vérité et le sacré dans chacune de nos pensées. En voyant dans chaque instant de vie une opportunité de joie non seulement pour soi-même mais pour tout ce qui vit. Le bonheur ne vient pas de la chance mais de la bonté.

    Couverture de L’expérience du bonheur
    page(s) 21-22
  • Habiter la terre en poète

    Habiter la terre en poète ne peut se faire sur des idées. En avançant que l’être au monde de l’homme se fonde en une sensibilité (au milieu) avant même que d’être pensé, Berque ne se trompe pas. Mais l’homme est un être métaphysique avant tout. Sa sensibilité la plus fine s’émeut de trouver, dans ce monde même, un au-delà du monde. Il l’appelle la beauté, le sacré, le numineux, et derrière la vanité des mots, il y a bien quelque chose. La géographie, ici, nous est moins utile qu’une sensibilité cosmopoétique qui, plus que de la pensée, procède du corps propre.

    Le fin mot, en la matière, n’est-il pas que la poésie, comme la mystique, ne sera jamais une affaire collective ? La culture lettrée d’Extrême-Orient, précisément, est profondément marquée d’anachorétisme. Seul, assis sous l’arbre de la bodhi, au moment où il s’éveille, le Bouddha entre en coïncidence avec tous les êtres. Et non inversement. Habiter la terre en poète, de quelque façon, ne va pas sans transcender l’enfermement dans la condition humaine.Voilà ce que, dans le zen, on nomme « voir dans sa propre nature et devenir bouddha ». L’ego, lui, restera toujours enveloppé dans des voiles de positivisme.

    Couverture de Écotopia
    page(s) 145
  • Au miroir des eaux et des montagnes

    Dans l’instant où perce un rayon de soleil par un jour sombre, celui où un brusque coup de vent fait cliqueter la ramure des palmiers, vous comprenez, soudain ou peu à peu, ce que dit le silence de la nature, dont la dimension réelle est une métaphysique du vide. Vous l’aviez rencontré au cours de vos lectures, c’est ce que les Japonais ont tenté de circonscrire par les notions de wabi, de sabi, de yügen, à savoir la vision compréhensive de cette beauté qui se manifeste dans le silence des choses comme une grande solitude éternelle, comme une émanation sacrée, toujours présente dans la nature, mais qui ne pouvait se voir sans ce travail d’élagage de l’arbre nain, mais aussi de l’esprit ! […] Il y a dans la nature une possible rencontre de son propre visage au miroir des eaux et des montagnes[.]

    Couverture de Écotopia
    page(s) 106
  • Un bel environnement élève l’âme

    [C]e que les hommes font de l'environnement de leur maison témoigne de leur vision du monde. On y voir trop souvent, hélas, peu de culture botanique ou architecturale, peu d'imagination. Un pauvre conformisme. Le paysagiste, le pépiniériste sont passés par là, incitant à planter sans discernement ce que l'on voit partout.

    Il n'en faut pas beaucoup pour faire le monde beau, pourtant. Un bel environnement élève l’âme. On s'y sent à sa place et en paix. Mais le langage tacite, tenu par le paysage autour des maisons, quand on le décrypte et l'énonce, est trop souvent déplaisant. Il signifie le rejet, l'égoïsme, la vanité. L'agressivité parfois. Ne dites pas que c'est là une question de budget, d'inégalité sociale. Promenez-vous à pied dans les villages de l'île de Bali, dans les derniers quartiers de bois de la vieille Chine ou du Japon, vous m'en donnerez des nouvelles.

    Couverture de Ma vie dans les monts
    page(s) 34-35
  • Dans leur dimension véritable

    Austérité, simplicité, naturel. Asymétrie, patine, respect. Imprégné de l’esprit des lieux, la beauté d’une fleur unique dans un vase, un geste, le son d’une cloche se révèlent dans leur dimension véritable.

    Couverture de Traité de la cabane solitaire
    page(s) 37
  • Les maîtres du Chan

    Influencés par le taoïsme que beaucoup avaient pratiqué, [les maîtres du Chan] avaient du bouddhisme une conception cosmique, profondément reliée à la nature, à la beauté, à l'art. Rien de puritain dans leur approche. Ils se démarquaient complètement du bouddhisme indien et de son strict moralisme qui visait à éteindre la sensorialité et considérait les arts comme contraires à la voie.

    Les Chinois chantaient en de merveilleux poèmes la beauté des monts isolés dans lesquels ils vivaient. Ils jouaient de la flûte ou du luth, ils étaient peintres ou calligraphes, appréciaient les métiers les plus simples, qui parfois leur permettaient de subsister, car ils étaient peu enclins à la mendicité, ils faisaient des banquets frugaux sous la lune en compagnie d'autres ermites, ils dérivaient sur une barque dans la plus profonde extase, ils s'autorisaient à chanter la mélancolie, la solitude, la tristesse des longs hivers, l'amour, l'émotion, l'amitié, le désir et le frémissement de toute la création […]

    Au lieu de nier les sens, ils les plaçaient dans l'espace absolu de l'essence du cœur/esprit et ne voyaient nulle offense dans le fait d'être profondément humain. C'est ce qui touche dans leurs écrits, il n'y a ni le masque du renoncement, ni la crainte du domaine sensoriel, ni l'hypocrisie religieuse. Ils fluent dans une mobilité non conditionnée et rejoignent en cela l'idéal taoïste. Ils vivent sans contrainte et rien ne peut interrompre leur fluidité. Ils ont abandonné l'idée même du Bouddha et du bouddhisme tant leur compréhension est vaste.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 31-33
  • Vacuité et réel sont un

    [T]ous les dharma sont vides, car nous utilisons la notion de vacuité ou d'espace pour détruire la croyance en une réalité absolue, et nous utilisons ensuite la beauté infinie de la réalité pour détruire la notion d'un vide absolu. C'est la raison pour laquelle je préfère le mot « espace », car il pose clairement le fait que la vacuité et le réel sont un.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 26
  • Vivre et laisser vivre

    Ryokan est aujourd'hui reconnu et vénéré au Japon autant que saint François d'Assise en Europe. Tous deux vécurent de pauvreté, de mendicité, de solitude et de recueillement, suscitant le dédain ou le respect des personnes qui le croisaient. Les oiseaux venaient près d'eux, se posaient sur leurs épaules et leur parlaient comme à des amis. Ils étaient poètes, épris de véritable beauté. Laisser passer  les nuages, les averses, le soleil, la neige et les différentes saisons ; en faire un credo. Pour ces deux êtres épris de vérité, il ne peut y avoir d'autre amour que de vivre et laisser vivre.

    Couverture de Ryokan, moine du ciel
    page(s) 7-8
  • Tout pour la beauté

    Regardant sa robe déchirée par des semaines de vagabondage, Ryokan dit : « Rien dans ma poche. Tout pour la beauté du vent et de la lumière. J'ai dû faire une erreur dans ma carrière. »

    Couverture de Un bruit de balançoire
    page(s) 20
  • Les surprises du retraitant

    L'expérience de dix jours [de retraite silencieuse Vipassanā] sera sans doute source d'un certain nombre de surprises pour le débutant. La première : la méditation n'est pas de tout repos ! […] Les instructions sont de pratiquer en y consacrant tous ses efforts, et cependant sans aucune tension ; mais tant qu'on n'y parvient pas, l'exercice peut devenir frustrant ou même épuisant.

    Autre surprise, au commencement, les intuitions intérieures acquises par l'observation de soi ont peu de chance d'être toutes agréables et béatifiques. Notre image de nous-mêmes est généralement très sélective. En nous regardant dans un miroir, nous avons soin de prendre la pose la plus avantageuse, l'expression la plus agréable. De même, chacun possède une image mentale de soi qui fait ressortir des qualités admirables, minimise des défauts et omet totalement certains côtés de son caractère. Nous voyons l'image que nous voulons voir, non la réalité. Mais la méditation Vipassanā est une technique d'observation de la réalité sous tous les angles. Au lieu d'une image de soi soigneusement sélective, le méditant se trouve confronté à la vérité toute nue. Certains aspects seront inévitablement difficiles à accepter. […]

    Puis, autre surprise : les difficultés se dissipent. À une certain point, les méditants apprennent à faire des efforts sans effort, à maintenir une vigilance détendue, une concentration détachée. Au lieu de se débattre, ils s'absorbent dans la pratique. […] L'esprit devient calme comme un lac de montagne à l'aube, parfait miroir de son paysage, et révélant en même temps ses profondeurs à qui l'observe de plus près. Quand vient cette clarté, chaque instant est plein d'affirmation, de paix et de beauté.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 22-23
  • La beauté de notre nature profonde

    En général, l'homme apprécie la nature. Le monde naturel est associé à la beauté, à ce qui est pur et vierge. Voir quelqu'un couper un arbre ou creuser un trou dans un environnement sauvage provoque un malaise. De la même façon, nous pouvons comprendre la beauté de notre nature profonde dès lors que nous arrêtons de manipuler, à la seule fin de renforcer le sentiment du moi, tout ce qui se présente à nous. C'est ainsi qu'un pratiquant aborde la vie.

    Couverture de Petit guide du bouddhisme à l’usage de tous
    page(s) 40-41
  • Unifier

    Lorsque nous dessinons ou contemplons un mandala, nous apprenons à unifier ensemble ce qui nous fait mal et ce qui nous éblouit, ce qui nous émerveille mais aussi ce qui nous fait peur.

    Couverture de Petite philosophie des mandalas
    page(s) 15
  • Le joyau primordial

    Toute la question est […] : mais comment s'ouvrir à la beauté, ce joyau primordial qui brille dans tout ce qui est quand nous le regardons justement, ou comme dirait Saint-Exupéry « avec le cœur » ?

    Couverture de Petite philosophie des mandalas
    page(s) 13
  • Si possible, ne rien dire de plus

    On sent alors […] qu'il vaudrait mieux, si possible, ne rien dire de plus. Il est nécessaire que se maintienne une confusion, une cohérence, une complétude. De là que le commentaire égare souvent, que le vocabulaire critique peut paraître par endroits totalement étranger à l'expérience originelle. […]

    Je pense au mot cosmos. Il a signifié d'abord, pour les Grecs, ordre, convenance ; puis monde ; et la parure des femmes. La source de la poésie, ce sont ces moments où, dans un éclair, quelquefois aussi par une lente imprégnation, ces trois sens coïncident, où, non moins certaine que l'ignoble (hélas plus visible et plus virulent), surgit une beauté qui est la convenance d'un monde, singulier appât où le poète ne cesse de revenir, aussi longtemps qu'il est poète, à travers les pires doutes.

    Couverture de Paysages avec figures absentes
    page(s) 126-127
  • Cette fragilité qui est la force durable

    Je sais par expérience (mais le devinerais aussi bien sans cela) que j'ai touché maintenant cette immédiateté qui est aussi la plus profonde profondeur, cette fragilité qui est la force durable, cette beauté qui ne doit pas être différente de la vérité. Elle est ici et là, distribuée dans le jour, et les mots ne parviennent pas à la saisir, ou s'en écartent, ou l'altèrent.

    Couverture de Paysages avec figures absentes
    page(s) 76
  • Ce qui est sacré

    Ce qui est sacré, bien loin que ce soit la personne, c'est ce qui, dans un être humain, est impersonnel.

    Tout ce qui est impersonnel dans l'homme est sacré, et cela seul. […]

    Ce qui est sacré dans la science, c'est la vérité. Ce qui est sacré dans l'art, c'est la beauté. La vérité et la beauté sont impersonnelles.

    Couverture de La personne et le sacré
    page(s) 34-36
  • La mort, l’amour, la beauté

    La mort, l’amour, la beauté, quand ils surviennent par grâce, par chance, ce n'est jamais dans le temps que cela se passe. Il n'arrive jamais rien dans le temps – que du temps.

    Couverture de L'homme-joie
    page(s) 42
  • Beauté véritable

    La conception populaire de la beauté en Occident a […], aujourd'hui, beaucoup perdu de sa substance. Au culte du corps, expression de l'âme, a fait place celui des proportions harmonieuses, ce qui se traduit chez la femme par une accentuation de l'aspect érotique et chez l'homme, par un développement exagéré de la musculature, du caractère masculin.

    Au contraire, l'homme spirituellement différencié, s'étant de plus en plus détaché de la beauté purement corporelle, fait peu de cas de l'harmonie des proportions et reconnaît la beauté à ce qu'elle exprime de spirituel, de vie intérieure.

    Couverture de Hara
    page(s) 27
  • Une société menacée par le rapport à l'absolu

    [C]eux qu'on a appelés les innocents ne se savent pas porteurs d'une douceur qui les voue à l'errance et à la solitude. Sa contiguïté avec la bonté et la beauté la rend dangereuse pour une société qui n'est jamais autant menacée que par le rapport d'un être à l'absolu.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 13