Extraits étiquetés avec : croyance

  • L’émerveillement, un acte libertaire

    L’émerveillement est ennemi des certitudes, des dogmes, des constructions mentales, des croyances multiples et variées qui habitent notre pensée, la société, et qui sont autant de durcissements, de cristallisations, de morts.

    L’émerveillement est un acte profondément libertaire. Du moins, il est la source de la véritable liberté qui refuse d'admettre ce qui est admis par tous, qui refuse de croire ce qui semble évident pour tous.

    S'émerveiller, c'est faire un pas de côté, loin des institutions, de la pensée dominante d'une époque, quelle que soit cette époque.

    En fait, l'essence de l'homme est dans cette capacité à maintenir à distance le monde. C'est même sa différence essentielle avec l'animal qui est capable d'émotions, d'intelligence, mais pas d'étonnement métaphysique.

    Couverture de Petit manuel de l'émerveillement
    page(s) 9-10
  • La seule destination

    Le cœur est la seule destination. On y arrive quand on ne croit plus rien.

    Couverture de Un bruit de balançoire
    page(s) 25
  • Le Bouddha, un être humain qui enseigna la nature humaine

    Toutes [les] qualités [du Bouddha] étaient des qualités éminemment humaines qu'il avaient amenées à la perfection. Tout ce qu'il a accompli est donc à la portée de chaque être humain pratiquant comme il le fit.

    Le Bouddha n'enseigna aucune religion ou philosophie, aucun système de croyance. Il nommait son enseignement dharma, c'est-à-dire « loi », la loi de la nature.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 30
  • Connaître la réalité

    Sans examiner le monde intérieur, nous ne pourrons jamais connaître la réalité – nous ne connaîtrons que nos propres croyances, ou nos conceptions intellectuelles, concernant la réalité.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 20
  • Bâtir sur l’expérience et non sur la croyance

    Comment le christianisme, le bouddhisme ou tout autre mouvement historique vital ont-ils commencé ? Avec quelques-uns que cette idée, ce sentiment, avaient enflammés. Leurs cœurs s'étaient ouverts à une nouvelle vie, ils étaient un noyau qui ne suivaient pas une croyance mais qui avaient en eux-mêmes l’expérience de la réalité, de la réalité de ce qu'ils voyaient.

    Couverture de L'esprit de création
    page(s) 24
  • L’art d’écouter

    La plupart d'entre nous écoutent en vue de confirmer leurs croyances, de renforcer leurs opinions, de réfuter, d'aiguiser leur intellect ou d'apprendre une nouvelle technique. Il me semble que c'est là une façon erronée d'agir si l'on ne fait que renforcer ses croyances, ou apprendre un nouveau jargon […]

    Lorsqu'on écoute une chose nouvelle, on a tendance à l'écarter si on ne la comprend pas, ou à être trop rapide dans ses jugements. Mais si nous étions capables d'écouter très attentivement, peut-être recueillerions-nous plus qu'en écoutant simplement à travers l'écran de nos préjugés et de nos impressions.

    Couverture de L'esprit de création
    page(s) 15
  • Les cinq premiers liens

    Le bouddhisme envisage Dix liens qui attachent à l'existence. Les cinq premiers enferment dans le monde grossier que nous connaissons. L'anāgāmi s'en est complètement libéré. Les cinq suivants, subtils, attachent aux mondes divins dont le sage doit aussi se dégager pour atteindre le nirvāna.

    Le premier lien défait par la pratique de la Voie est la croyance à l'ego en tant qu'être autonome, individuel et séparé de tous les êtres. En dehors de tout concept métaphysique propre au bouddhisme, on voit facilement que ce lien ou cette croyance, noué par l'orgueil et l'égoïsme, nourrit l'indéfinie variété des souffrances égocentriques, des plus grossières aux plus subtiles. Elles passent toutes par les nœuds émotionnels qu'entretient l'enfermement dans le moi empirique, solidifié et hypostasié. Ignorer ce lien empêche toute réalisation spirituelle ultime. À l'inverse, les personnes réalisées donnent toutes une impression de transparence, due à l'effacement de leur individualité derrière la Loi transcendante qui œuvre à travers eux. Cet effacement, celui de la mort au moi, est identique à ce que l'on appelle mort du « vieil homme » dans le langage de la mystique chrétienne.

    Vient ensuite le doute sceptique. Ce deuxième lien se caractérise par l'attitude méfiante à l'égard de l'enseignement traditionnel, qui empêche de s'engager vigoureusement à en expérimenter le contenu, et s'abrite derrière les rationalisations les plus diverses. Ce manque de foi en autrui est évidemment corrélatif d'un manque de confiance en soi et en sa propre capacité à entreprendre avec succès. Il y a là une dévalorisation, masochiste dirait un psychiatre, qui empêche de découvrir la présence de la divinité au centre du cœur. Cet obstacle empêche radicalement tout engagement spirituel sérieux. Il est surmonté par l'attitude évangélique qui consiste à chercher, frapper et demander.

    L'attachement aux rites et règles éthiques présente le troisième lien à défaire. Cet énoncé peut sembler paradoxal. Il ne s'agit pas d'un refus des rites ou de la morale, indispensables, mais de reconnaître leur valeur relative, et qu'à un certain stade, s'y attacher devient un obstacle conduisant au ritualisme, à la sclérose, à l'intégrisme. La maturité spirituelle suppose que l'initié peut dépasser  la fixation craintive à ce qui est bon et efficace, pour aller plus loin. Il faut découvrir la relativité des critiques du bien et du mal par rapport à la vérité. Seule la vérité rend libre : « Vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres » (Jean 8, 32). Cela suppose un dépassement du dualisme vers le principe transcendant, où les contraires deviennent complémentaires. Le bouddhisme insiste beaucoup sur la primauté de cette connaissance transcendante. Le christianisme également : « La cause universelle ne se manifeste à découvert et véritablement qu'à ceux-là seuls qui vont au-delà de toute consécration rituelle et de toute purification », écrit Denys l'Aéropagite, l'un des maîtres à penser de  saint Thomas d'Aquin.

    L'avidité sensuelle est le quatrième lien. Il se retrouve à tous les niveaux, de plus grossier (alimentaire, sexualité seulement sensuelle), au plus subtil (musique, poésie, jeux intellectuels). L'attachement sensuel gouverne notre monde. Éros est très séduisant. Le problème n'est pas de lui couper les ailes, son activité étant nécessaire, mais de se libérer de l'attachement au désir, ou encore du désir du désir, cette complication mentale permanente qui survit à la satisfaction du besoin. Une longue pratique, méditative et dans l'action, s'avère nécessaire. Il faut expérimenter par soi-même que les joies de la réalisation spirituelle transcendent les jouissances sensuelles, ce qui ne supprime pas ces dernières.

    Il reste la malveillance ou l'agressivité. Il est indispensable de dépister puis de couper ce lien, qui nous pousse à haïr et détruire, tout ce qui semble contrarier ou menacer le moi, lui nuire ou lui déplaire. Et cela tant dans nos manifestations conscientes que dans nos déterminations inconscientes décelables dans nos actes manqués ou nos rêves. La haine vient d'une réaction de défense puérile devant une menace, ou ce qui est ressenti comme tel par notre faiblesse postulée inconsciemment. L'homme sûr de sa force interne ne hait pas. Bien entendu, il ne se prive pas d'écarter ce qui peut, réellement, lui nuire.

    Couverture de Itinéraire d’un bouddhiste occidental
    page(s) 45-48
  • Des méthodes universelles

    Les méthodes que [le Bouddha et ses disciples] ont utilisées comme les fruits de leurs investigations sont universelles, et n'ont rien à voir avec les idéologies, les religiosités, les systèmes de croyance et autres -ismes. Ces découvertes sont plus proches de concepts médicaux et scientifiques, qui peuvent être examinés par n'importe qui n'importe où, et éprouvés indépendamment, pour soi-même, comme l'a suggéré dès le départ le Bouddha à ses adeptes.

    Couverture de L’éveil des sens
    page(s) 28
  • Le désir ou la crainte amène l’identification

    Si nous observons bien le déroulement d'un rêve, nous nous apercevons que nous sommes constamment impliqué émotionnellement. C'est cette implication qui fait que nous sommes emporté dans les péripéties du rêve.

    Le fait que nous sommes dans le désir ou la crainte, amène l’identification.

    Par analogie, nous pourrons comprendre que le même mécanisme est peut-être à l'origine de notre croyance en la réalité de l'état de veille…

    Couverture de L’univers est un rêve
    page(s) 86
  • La croyance en la réalité du monde source de chaos

    Pour Sigismond [héros de La vie est un songe], que ce soit le cachot ou la cour, ce monde lui apparaît comme une fantasmagorie, un mirage, où tout étant également illusoire, rien n'a réellement d'importance.

    Cette conception de l'irréalité du monde le conduira à l'humilité et sera la source de sa sagesse future. Le roi son père finira par reconnaître son profond changement. Sigismond régnera pour le plus grand bien du royaume.

    Comme les bouddhistes, Calderón considère donc la croyance en la réalité du monde comme une source de violences, de conflits, de désordres. Parce que l'homme est préoccupé, inquiet. Les problèmes se dressent dans toute leur immensité.

    En revanche, en changeant de perspective, en considérant le monde comme un songe, celui-ci s'allège, se libère de la pesanteur. L'être relativise les obstacles qui acquièrent de ce fait la consistance fluide, mouvante, du rêve.

    Sans doute faudrait-il faire subir le « traitement Sigismond » à beaucoup de nos dirigeants.

    Couverture de L’univers est un rêve
    page(s) 66-67
  • Le réel, une simple croyance collective

    [N]ous ne vivons pas dans un univers objectif, le même pour tous, que nous découvrons progressivement, mais nous créons, nous inventons le monde. Le réel est une simple croyance collective.

    L'objectivité apparaît de plus en plus comme un mythe. Un mythe totalitaire, dangereux.

    En vérité, chaque culture développe son propre rêve… et aucun rêve n'est supérieur aux autres.

    Couverture de L’univers est un rêve
    page(s) 7-8
  • La pensée, utile mais limitée

    Au fil de ses pérégrinations, le Bienheureux aurait été amené à se démarquer de positions théistes, matérialistes, éternalistes ou nihilistes. Son propos consiste essentiellement à souligner les limites inhérentes aux opinions souvent spéculatives que l'entendement humain est toujours en mesure de réfuter. Conceptuellement, il est possible de soutenir toutes sortes de thèses et d'abstractions. Cependant conduisent-elles à la véritable paix ?

    Le propos du Bouddha n'est pas de critiquer les positions d'autrui ou de débattre avec un quelconque « adversaire ». Il n'y a pas plus d'ego à défendre que d'idéologies, de systèmes de croyance, de points de vue philosophiques. Il s'agit d'apprécier l'utilité de la pensée mais aussi de percevoir ses limites. Utilité indiscutable puisqu'elle peut soutenir la démarche spirituelle. Grâce à elle, le discernement se développe et la compréhension ouvre des perspectives plus larges à l'esprit. Cependant, au cours de son usage, elle découvre elle-même son impuissance lorsqu'elle bute devant le caractère énigmatique de la réalité.

    Couverture de Le grand livre du bouddhisme
    page(s) 498-499
  • Faire l'épreuve de chaque moment de sa vie

    Si je devais présenter le bouddhisme en une seule phrase, je dirais qu'il consiste à faire l'épreuve de chaque moment de sa vie de la manière la plus pleine. […]

    Il nous invite à être toujours plus précis et soucieux de ce que nous vivons, de nos pensées, de nos émotions et de nos actions. En ce sens, le bouddhisme n'est guère religieux. Il ne procède pas d'un acte de foi ou de l'acquisition de connaissances doctrinaires. Dieu est même absent de cette tradition.

    Couverture de ABC du bouddhisme
    page(s) 15
  • Sans foi

    Le bouddhiste est assadhā : sans foi, mais pas sans confiance, sans a priori, sans parti pris, sans dogmes, sans credo mais pas inquiet pour autant. Il croit ce qu'il voit.

    Couverture de Les choses comme elles sont
    page(s) 24-25
  • Voyez par vous-mêmes

    Le Bouddha n'a pas tout pris. Au contraire, il a tout laissé derrière lui, comme un serpent délaisse sa vieille peau, avant d'entrer dans le nirvāna et d'y disparaître.

    Parmi ces vestiges nommés bouddhisme, figure un legs précieux entre tous : le sens critique. Longtemps avant la Réforme et le siècle des Lumières, le Bouddha établit, au cœur de sa doctrine, pour l'irriguer de haut en bas, du plus petit détail jusqu'aux grandes visions universelles, le principe de la liberté de conscience. Aux Kālāma, habitants d'une petite ville du royaume de Kosala (l'un des deux royaumes où il enseignait dans le nord de l'Inde), il recommande de ne rien tenir pour vrai qu'ils n'en aient personnellement reconnu la véracité et éprouvé le caractère bénéfique. Pensez par vous-mêmes. Voyez par vous-mêmes. Soyez à vous-même votre propre maître, dit le Bouddha.

    Personne n'est obligé de tout prendre, de tout croire. Nul besoin de croire à la réincarnation, par exemple, pour être bouddhiste. Nul besoin, en fait, de croire à rien. Un bouddhiste ne croit pas, il voit. Et quand il ne voit pas, il attend de voir, patiemment.

    Couverture de Les choses comme elles sont
    page(s) 23-24
  • L’au-delà de la souffrance

    [L]'au-delà de la souffrance [est] un état de liberté complète obtenu lorsque l'on s'est affranchi des conditionnements du saṃsāra et de leurs causes. C'est la cessation définitive du saṃsāra, mais non un retrait passif hors du monde. C'est en effet le fruit d'une pratique énergique, qui consiste à adopter une conduite éthique irréprochable à l'égard de tous les êtres –  la discipline ; à dompter son esprit par la méditation qui consiste à apaiser pensées et passions pour accéder à la vision claire de la réalité ; et à développer la sagesse, laquelle dissout l'illusion du « soi » et la croyance à l'existence réelle des phénomènes qui nous entourent.

    Quand une telle pratique porte ses fruits, le karma résiduel s'épuise, les « actes  ne sont plus créateurs de conditionnements à venir, et le rideau de l'illusion samsarique s'écroule pour laisser place à la vision du réel dénué de toute surimposition. Ainsi, le monde n'est ni bon ni mauvais, ni saṃsāra ni nirvāna. C'est le regard ignorant que nous portons sur lui ainsi que nos actes (karma) qui conditionnent la forme douloureuse que ce monde revêt pour nous. [Philippe Cornu]

    Couverture de Vingt clés pour comprendre le bouddhisme
    page(s) 34
  • Antidote : la peur n’a pas de sens

    Un excellent antidote à la peur est de prendre conscience qu'elle n’a pas de sens. Elle ne veut pas dire que vous allez être blessé, que vous avez commis une erreur ou encore que vous n'êtes pas sur la bonne voie. C'est un fantôme qui vous menace d'un sabre. Elle vous avertit de choses qui ne se produisent pas, éveille des attentes catastrophiques, quand elle ne dissimule pas un danger réel. En fait, elle n'est qu'une sensation qui s'appuie sur de vieilles pensées, idées, croyances et attentes qu'on n'a cessé de vous inculquer. Vous êtes conditionné pour y succomber.

    Couverture de Vivre sans peur
    page(s) 22
  • Ne plus nourrir la peur

    La peur se nourrit de votre foi en elle. Elle a besoin que vous croyiez les histoires, les idées, les attentes catastrophiques, les hallucinations et les suggestions hypnotiques qu'elle vous fait avaler. […]

    Plus vous attribuerez de pouvoir, de force et de réalité à la peur, plus elle prendra le contrôle de votre vie. Plus vous chercherez à la fuir, plus elle vous poursuivra.

    Couverture de Vivre sans peur
    page(s) 16
  • La peur est un escroc

    La morsure de la peur ressemble à celle du serpent : le venin s'étend en vous, paralyse vos sens et bloque votre faculté de raisonner. Par conséquent, reconnaître la peur et s'en libérer est un exercice à pratiquer quotidiennement. Plus vous le pratiquerez, plus il deviendra facile et moins vous vous sentirez menacé. Une fois votre peur vaincue, vous vous rendrez compte que vous avez de nouveaux les idées claires et que vous savez spontanément quelle conduite adopter. […]

    La peur est un escroc qui se manifeste de toutes sortes de façons : obsession, trouble, perte de la maîtrise de soi, ou dysfonctionnements divers. Elle peut être déclenchée par n'importe quoi – des idées, des croyances, des souvenirs, des goûts, des odeurs, voire des pensées inconscientes.

    Couverture de Vivre sans peur
    page(s) 14
  • La croyance à l'immortalité est nuisible

    La croyance à l'immortalité est nuisible parce qu'il n'est pas en notre pouvoir de nous représenter l'âme comme vraiment incorporelle. Ainsi cette croyance est en fait croyance au prolongement de la vie, et elle ôte l'usage de la mort.

    Couverture de La pesanteur et la grâce
    page(s) 48