Extraits étiquetés avec : dualité sujet /objet

  • La source de la compassion est toute proche

    Loin d'être une pitié légèrement condescendante ou teintée de sentimentalité, la compassion est ce qui se déploie à partir d'une ouverture primordiale, où s'abolit la distinction entre « moi » et « l'autre ». L'acte compatissant n'est pas le fruit d'une décision volontaire ni d'un « ressenti » subjectif : il est dicté par la situation.

    Le bodhisattva est tellement en phase avec le réel qu'il est capable d'agir ni pour lui ni pour autrui, mais à partir de l'environnement : il est celui qui sait se mettre à l'écoute de la situation, et y répondre pleinement.

    L'action compatissante, telle que l'incarne le bodhisattva, est délestée des attentes, de l'espoir de recevoir quelque chose en retour : elle est don pur, désintéressé. Cette gratuité est si éloignée de notre façon habituelle d'agir que le risque est d'en faire un idéal inatteignable. Pourtant, loin d'être un absolu hors de notre portée, la source de la compassion est toute proche, et d'une grande simplicité. Il suffit de nous tourner vers notre propre cœur. Qu'y découvre-t-on ? Un « point sensible », au point d'être douloureux. (Faustine Ferhmin)

    Couverture de 50 fiches pour comprendre le bouddhisme
    page(s) 58
  • La source de la compassion est toute proche

    Loin d'être une pitié légèrement condescendante ou teintée de sentimentalité, la compassion est ce qui se déploie à partir d'une ouverture primordiale, où s'abolit la distinction entre « moi » et « l'autre ». L'acte compatissant n'est pas le fruit d'une décision volontaire ni d'un « ressenti » subjectif : il est dicté par la situation.

    Le bodhisattva est tellement en phase avec le réel qu'il est capable d'agir ni pour lui ni pour autrui, mais à partir de l'environnement : il est celui qui sait se mettre à l'écoute de la situation, et y répondre pleinement.

    L'action compatissante, telle que l'incarne le bodhisattva, est délestée des attentes, de l'espoir de recevoir quelque chose en retour : elle est don pur, désintéressé. Cette gratuité est si éloignée de notre façon habituelle d'agir que le risque est d'en faire un idéal inatteignable. Pourtant, loin d'être un absolu hors de notre portée, la source de la compassion est toute proche, et d'une grande simplicité. Il suffit de nous tourner vers notre propre cœur. Qu'y découvre-t-on ? Un « point sensible », au point d'être douloureux. (Faustine Ferhmin)

    Couverture de 50 fiches pour comprendre le bouddhisme
    page(s) 58
  • La conscience de base, égoïque

    [L]es premiers jours, le centre de gravité de ma conscience est resté ancré dans la dimension personnelle sujet/objet. À ce niveau de conscience, celui qui sait et ce qui est su restent irrémédiablement distincts et séparés. C'est la conscience de base ; elle est commune à tous les êtres humains et c'est elle qui permet la langage.

    J'y fais souvent référence comme à la conscience extérieure, ou égoïque. Elle est extérieure (c'est-à-dire orientée vers son objet) par opposition au principe de conscience intérieur, subjectif. Elle est égoïque parce qu'elle procède d'une identité individuelle associée au « je », qui prend en considération l'activité incessante du contenu de la conscience. Sur ce plan, nous nous disons toujours : « Je suis content, triste, fatigué, désolé… », comme si nous étions réellement ce contentement, cette tristesse, cette fatigue, etc. À ce stade, nos certitudes sont acquises au prix de notre connaissance de nous-mêmes.

    Couverture de Le papillon noir
    page(s) 38-39
  • Sortir de la dualité

    La pratique spirituelle consiste à sortir de la dualité du « moi », du « mien », par rapport à l'« autre », sortir du « qui est moi » et « qui n'est pas moi ».

    Couverture de Jeu d’illusion
    page(s) 20
  • Il y a l’autre, il y a moi

    La plupart des gens ne mettent pas beaucoup de sérieux dans leurs relations car chacun s'intéresse à soi-même d'abord, puis à l'autre quand cela l'arrange, le contente ou satisfait ses sens. […]

    Nous ne nous dévoilons presque jamais à l'autre car nous n'avons pas pleinement conscience de nous-mêmes et ce que nous manifestons dans notre relation est possession, domination ou soumission. Il y a l’autre et il y a moi, deux entités séparées entretenant une division incessante jusqu'à la mort.

    Couverture de Apprendre est l’essence de la vie
    page(s) 29
  • La parole poétique

    [L]a compréhension s'effectue en relation aux images qui l'éclairent. Le caractère opérant de l'image poétique dévoile un dédale de liens entrelacés à l'intérieur desquels l'homme et le monde communient.

    La parole poétique suggère. Elle n'explique pas mais nous aide à ressentir ce tissage. Elle nous conduit à l'expérience qui la délie elle-même, la révélant comme tout aussi transitoire que les phénomènes qu'elle désigne. En leurs plis et replis, tours et détours, les mots cessent d'être un filtre déformant, posé entre nous et le monde. « Les mots rêvent », écrit Gaston Bachelard. La parole poétique s'accomplit comme transparence. Ainsi nous rend-elle à l'évidence éclatante de l'expérience du non-deux : nous traversons le monde, le monde nous traverse ; tout se répond dans une profonde unité.

    Une parcelle de poussière
    contient tout l'univers.
    Quand une fleur s'épanouit
    le monde entier se lève.
    Puisez de l'eau et la lune
    est entre vos mains.
    Saisissez des fleurs et votre
    vêtement en sera parfumé.

    La parole poétique est tissée de mots qui rêvent et méditent sur le silence. Des mots qui ne vont nulle part. Des mots comme une danse. Ils tracent des arabesques avec des analogies et des métaphores. Et la pensée se fait plus légère, plus diaphane. On voit directement. Les mots se suffisent à eux-mêmes. Ils ressemblent à des traits de lumière qui vont et viennent parmi les choses. Des mots que l'on regarde comme des volutes d'encens se fondre dans l'espace. […]

    La parole poétique, comme la pensée contemplative, échappe au filtre conceptuel déformant. Elle établit un lien direct avec la situation qu'elle expose. C'est pourquoi le lecteur ou l'auditeur se retrouve plongé au cœur de l'immédiateté telle que le poète a pu la vivre. Et cette actualisation du présent pur signe les prémices d'une expérience d'éveil. Sans doute est-ce la raison pour laquelle certaines poésies nous inspirent et nous réjouissent, car elles nous font vivre un intense moment de satisfaction. Ainsi peut-on parler d'une véritable pratique poétique, tant par l'écriture que par la lecture. Cette pratique stimule une attention vive au présent.

    Couverture de Le grand livre du bouddhisme
    page(s) 481-482
  • Enfermés dans notre ego

    Nous nous sommes enfermés dans notre ego limité, dans nos constructions mentales. Nous avons perdu le contact avec la source de notre vie, avec ce qui existe avant notre naissance, avec ce qui existe avant que nous séparions « soi-même » et les autres. Toutes les religions tentent de nous ramener à cette réalité. La plupart du temps, cela se passe à travers de nouvelles constructions mentales qui s'ajoutent à nos constructions égoïstes et donc, cela crée encore plus de sujets de conflits et d'oppositions.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 9
  • Tout est là

    Tout est là, le Réel est là, nous y sommes ; manque la perception que tout est là. C'est ainsi que le Réel nous apparaît comme voilé. Quelle est la nature du voile ? Sans doute une contraction, une tension de la perception ? La saisie objectivante d'un objet qui nous prive d'une saisie plus globale, mais nous prive surtout de la non-saisie…

    Couverture de L'assise et la marche
    page(s) 21
  • Deux dualités emboîtées

    Deux dualités s'emboîtent, la première, fondamentale, entre toi et l'autre, qui te sépare de tout ce qui n'est pas toi. La seconde, à l'intérieur de ton monde personnel, catalogue en deux registres ce que tu trouves bon, beau, attirant, d'un côté, et, de l'autre, mauvais, laid et repoussant. Avec cette catégorisation en paires d'opposés, tu définis l'identité particulière de ton moi. Dans ton territoire, tu voudrais ne garder et ne laisser entrer que le bon, le favorable, le rassurant et repousser tout l'inverse, mais comment être certain d'y parvenir ?

    Couverture de Une vie en confiance
    page(s) 25
  • Revendiquer et tout à la fois refuser la dualité

    La contradiction tient au fait que je veux les avantages sans les inconvénients. D'un côté, je revendique la dualité – moi, c'est moi, et il ne faut pas me confondre avec le reste – et, en même temps, je la refuse ou plutôt je ne veux bien du reste que dans la mesure où il répond à mes désirs et épargne mes craintes.

    Couverture de Une vie en confiance
    page(s) 24
  • Vivre hors de tout conflit

    La méditation consiste à découvrir une manière de vivre exempte de tout conflit. Il ne s'agit pas de fuir, de partir dans de formidables expériences mystiques, mais de mettre véritablement au jour, dans la vie quotidienne, une manière de vivre dans laquelle l'esprit ne soit jamais même effleuré par le conflit.

    Et cela ne peut avoir lieu que lorsque vous comprenez vraiment – avec votre cœur, votre esprit, votre raison, avec tout ce que vous avez en vous – cette division interne, au sein de la psyché. Tant qu'existe cette division, qui est inévitable lorsque vous vous efforcez de devenir quelqu'un – de devenir noble, de devenir meilleur –, il y a forcément un conflit, qui vous empêche de faire face à ce qui est.

    La bonté, voyez-vous, ne peut jamais « devenir », se transformer en autre chose. On ne peut pas devenir meilleur en termes de bonté. La bonté, elle est là, ici et maintenant, c'est maintenant qu'elle fleurit, pas dans le futur.

    Couverture de Vers la révolution intérieure
    page(s) 22
  • Vie et mort fraternellement unies

    Pour saisir le sens de la vie il ne faut plus la comprendre et la réaliser comme un objet mais l'accomplir dans l'unité avec la totalité de la Vie, qui abolit l'opposition entre sujet et objet et accepte le destin de telle sorte que vie et mort y sont fraternellement unies.

    Couverture de Le Japon et la culture du silence
    page(s) 18
  • Un avec l'objet de méditation

    Le terme vipassanā signifie « aller en profondeur dans l'objet pour l'observer ». Pendant que nous sommes pleinement conscients d'un objet et l'observons avec profondeur, la frontière entre le sujet qui observe et l'objet observé se dissout progressivement, sujet et objet deviennent un. Ceci est l'essence de la méditation. Nous ne pouvons comprendre un objet qu'en le pénétrant et en devenant un avec lui.

    Couverture de Transformation et guérison
    page(s) 44
  • Impasse du cogito cartésien

    Descartes, le père de la philosophie moderne, déclara : Cogito ergo sum. Mais il faut renverser la proposition. Sum vient en premier. En affirmant : « Je suis », je pense ce que je dis. Je sépare « je » de « non-je ». Lorsque je dis « je suis », je sors de moi-même. « Je suis » est le point de départ, mais nous nous exilons pour aller dans le cogito, dans le « je pense ». C'est une chose difficile à saisir, car aucun processus d'intellection ne nous aidera à résoudre le problème.

    Couverture de Derniers écrits au bord du vide
    page(s) 67
  • La question doit se fondre dans l'être du questionnant

    Lorsque nous sommes sur le plan spirituel, la vie morale coule de source, mais la discipline morale et l'intellection ne nous amèneront jamais à la vie spirituelle. Il faut transcender la division sujet-objet de l'existence.

    Comment atteindre cette réalité transcendante ? Cela arrive lorsque la personne et l'enseignement, ou le questionneur et la question, sont en unité. Tant que le Bouddha avait cette question en face de lui, tant qu'il la tenait en dehors et séparée de lui, comme si elle pouvait être résolue par des moyens extérieurs, elle ne pouvait pas être résolue. La question vient du questionnant. Mais lorsqu'elle est posée au-dehors, le questionnant se met malencontreusement à penser qu'elle existe comme quelque chose d'extérieur à lui. La question trouve sa réponse uniquement lorsqu'elle se fond dans l'être du questionnant.

    Couverture de Derniers écrits au bord du vide
    page(s) 60-61
  • L'angoisse découle de la dualité sujet /objet

    Qu'a expérimenté le Bouddha ? Suivant la légende, il fut très tôt tourmenté par le problème de la naissance et de la mort. C'est l'héritage de la manière indienne de penser car l'esprit indien se soucie du cycle de la naissance et de la mort ou, comme on dirait aujourd'hui, de la scission sujet-objet.

    Lorsque nous sommes confrontés à cette bifurcation, lorsque sujet et objet s'opposent l'un à l'autre, il en résulte angoisse, anxiété et peur qui nous affectent tous en Occident, et pas seulement en Occident mais dans le monde entier.

    Couverture de Derniers écrits au bord du vide
    page(s) 58-59
  • La possession

    [J]'étais très embarrassé par la façon dont on dit en anglais : « Le chien a quatre pattes », « Le chat a une queue ». En japonais, le verbe « avoir » n'est jamais utilisé en ce sens. Si vous dites « J'ai deux mains », cela s'entend comme si vous teniez deux mains étrangères dans les vôtres.

    Plus tard, je développai l'idée selon laquelle l'insistance mise par la mentalité occidentale sur la possession est le signe de la place prépondérante accordée au pouvoir, à la dualité, à la compétition, traits qui sont absents de la sensibilité orientale.

    Couverture de Derniers écrits au bord du vide
    page(s) 42