Extraits étiquetés avec : effacement

  • Écrire, planter des arbres

    Si je vis à l'écart du monde, dans l'anonymat, ce n'est pas pour être découvert, c'est pourquoi ma vie dans les monts me va bien. Écrire, planter des arbres, procèdent d'une même métaphysique. En ce monde délabré où tout passe et va à sa perte, témoigner de ce qui ne passe pas, n'est-ce pas important ?

    Couverture de Ma vie dans les monts
    page(s) 51
  • Vivre et se regarder vivre

    [Ryokan] n'impose aucune idée personnelle, et s'efface pour que l'autre apparaisse. Il n'a plus de besoins, de manques. Cela n'exclut pas les différentes situations illusoires, tels la tristesse ou le désir, mais il s'y éveille.

    Il vit et se regarde vivre, un peu comme on regarde une fleur naissante. La fleur, de par la grâce et sa fragilité, ne fait que donner en étant comme n'étant pas.

    Couverture de Ryokan, moine du ciel
    page(s) 54
  • S’effacer devant la vie

    La vie ne peut apparaître que si on lui laisse toute la place, que si on ne fait pas obstacle, mais, ne pas faire obstacle, c'est déjà disparaître ou mourir, en tout cas c'est l’effacement. […]

    Je m’efface pour que, (et je ne sais plus quoi), je m’efface pour laisser toute la place, je ne suis plus dans ma place, je ne m'habite plus, je laisse, je me laisse habiter, je me laisse emporter, mais, si tout est emporté, alors je deviens comme une soie qui s'envole, je m'allège à l'extrême, je vais être emporté. Je ne pourrai pas supporter longtemps cet emportement, cet emportage. Et pourtant c'était bien à force de poids, à force d'être là, à force de présence lourde et sans intention, et même de présence matérielle, absolument bête, absolument sans esprit.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 242 (La fin de la plainte)
  • L’effacement

    Face au questionnement métaphysique, le Bouddha demeure sans parti pris car la sagesse adapte sa réponse pour aider l'esprit qui questionne à s'extraire du doute négatif, de l'opacité et de la torpeur. L'attitude sans parti pris consiste à ne s'attacher à aucune position intellectuelle, à demeurer sans position arrêtée, à ne rien figer dans des représentations mentales, pour ne pas se laisser posséder par des idées et manipuler par le mental discursif. Ainsi permet-elle de se soustraire aux querelles stériles et aux bavardages. Aucune idée n'est privilégiée au détriment des autres. Aucune idée n'est posée comme définitive. Cette attitude est aussi une expression de non-violence fondamentale et d'amour infini. Le Bouddha n'impose rien et ne s'impose pas. Il s’efface.

    Couverture de Le grand livre du bouddhisme
    page(s) 503-504
  • Silence de soi, attention, gratitude

    L'intériorité que l'on découvre dans la solitude n'a rien à voir avec la promotion du moi, avec l'autosatisfaction : c'est le silence de soi, c'est une attention au monde, une gratitude aussi.

    Couverture de L'esprit de solitude
    page(s) 79
  • La douceur, provocante et fragile

    [L]a douceur est face à face, provocation, et elle a l'énigme impénétrable de ce que nous appelons l'innocence. La pointe de la douceur, c'est son possible effacement – et c'est précisément ce qui nous effraie. Qu'elle puisse être la plus haute expression de la sensibilité, son intelligence et sa force, et néanmoins à chaque moment disparaître.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 63