Extraits étiquetés avec : faire l'expérience

  • Au plus profond de l’expérience immédiate, plus empêtré avec soi-même

    Par implicite on pense communément qu’une philosophie bien maîtrisée mènerait à la sagesse. La sagesse orientale procède autrement. Son idée est d’aller au plus profond et au plus subtil de l’expérience immédiate. Ce n’est qu’une fois l’expérience de l’ultime faite qu’elle développe sa philosophie comme un long commentaire. Asseyez-vous, abandonnez le corps et l’esprit (l’ego), dit-elle, et vous verrez ce qu’il en est. Ou bien partez bâton en main sur ce sentier qui mène parmi les pins à une cascade. Dans la senteur de résine et le bruit du torrent, vous réaliserez naturellement, spontanément, automatiquement, ce qu’il en est, pour peu que votre promenade coïncide avec un de ces rares moments où vous n’êtes pas empêtré avec vous-même.

    Couverture de Écotopia
    page(s) 169
  • Indicible

    [P]our le zen, il est inconcevable que les faits fondamentaux de l'existence puissent être énoncés en aucune proposition, si atomique fût-elle [Bertrand Russel]. Pour le zen, dès l'instant où le fait est transféré à un énoncé, il est adultéré. […]

    Le seul but du zen n'est pas de faire des énoncés à l'abri des interprétations imbéciles sur l'expérience, mais d'en arriver à diriger les prises sur la réalité sans l'intermédiaire de la mise en mots logique. […]

    L'expérience zen est une compréhension directe de l'unité de l'invisible et du visible, du nouménal et du phénoménal, ou, si l'on préfère, une prise de conscience empirique de ce que toute division de ce genre n'est forcément qu'imagination pure.

    Couverture de Zen, tao et nirvâna
    page(s) 59
  • Doctrine versus expérience

    Le zen ne peut être jugé convenablement comme une simple doctrine, car, bien qu'il y ait en lui des éléments doctrinaux implicites, ils sont entièrement secondaires par rapport à l'expérience zen inexprimable. […]

    [L]a caractéristique principale du zen est qu'il rejette toute [les] élaborations systématiques afin de revenir, autant que faire se peut, à la base pure, ni énoncée ni expliquée, de l'expérience directe. Expérience directe de quoi ? De la vie même.

    Couverture de Zen, tao et nirvâna
    page(s) 58
  • Importance prépondérante accordée à l’expérience de chacun

    [Selon] un lama tibétain contemporain : « Une caractéristique majeure de tous les enseignements du Bouddha : ils sont conçus pour s'adapter aux besoins et aux aptitudes de chaque individu. Ayant tous des intérêts, des problèmes et des modes de vie différents, aucune méthode d'enseignement ne saurait convenir à tout un chacun. […] Ainsi, en réponse à la même question, suivant le contexte, à certains moments, il est nécessaire de répondre "oui" ; à d'autres plus approprié de répondre "non". »

    En cela justement réside la force du bouddhisme, et notamment la souplesse de ses méthodes et de sa pratique, l'importance prépondérante accordée à l’expérience de chaque individu, et le fait de ne pas se limiter à une connaissance intellectuelle et philosophique ou à une foi aveugle.

    Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine
    page(s) 22
  • Ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur

    Il convient de garder une saine distance, un doute positif, à l'égard des enseignements que nous recevons, quelle que soit l'autorité en la matière, la personne qui incarne le maître, y compris le Bouddha, jusqu'à ce que la validité de l'enseignement nous soit clairement confirmée par l'investigation, l'analyse et l'expérience. […] Il n'y a ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur.

    Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine
    page(s) 19-20
  • Si vous parlez

    Si vous parlez de choses dont vous n'avez pas fait l'expérience, vous perdez votre temps et celui des autres.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 127-128
  • Rien ne peut être conçu et on ne peut parler de rien

    La réalité absolue n'est pas la seule chose dont on ne puisse pas parler. C'est vrai pour le Bouddha, mais c'est aussi vrai pour nous. Rien ne peut être conçu et on ne peut parler de rien. Un verre de jus d'orange est la réalité absolue. On ne peut pas parler du jus d'orange à quelqu'un qui n'en a jamais bu. Quoi que vous puissiez en dire, l'autre ne fera pas a véritable expérience du jus d'orange. La seule chose à faire est de le boire.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 127
  • Concevoir versus faire l’expérience

    L'idée de venir, de partir, d'être et de non-être sont des représentations et des concepts dont nous devons nous défaire. S'il y a quelque chose dont vous ne voulez pas parler, autant ne pas en parler. Wittgenstein a dit la même chose dans son Tractatus logico-philosophicus : « Ce dont on ne peut parler, il faut le passer sous silence. » Nous ne pouvons pas en parler, mais nous pouvons en faire l’expérience. Nous pouvons expérimenter le non-né, le non-mort, le sans début ni fin, car c'est la réalité même. Pour en faire l'expérience, nous devons abandonner notre habitude de tout percevoir par le truchement de concepts et de représentations.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 124-125
  • Le Bouddha engage à douter et vérifier par soi-même

    [Le Bouddha] ne réclamait pas […] pour lui une autorité spéciale à cause de son enseignement – ni à cause de la foi qu'avaient en lui les gens, ni à cause de la logique manifeste de ce qu'il enseignait. Au contraire, il affirmait que douter de ce dont nous n'avons pas connaissance par expérience personnelle et le vérifier est approprié […]

    La plus haute autorité est notre propre expérience de la vérité. Rien ne devrait être accepté par simple foi  : nous devons l'examiner pour voir si c'est logique, pratique, bénéfique. Il ne suffit pas non plus, ayant examiné un enseignement par la raison, de l'accepter intellectuellement comme vrai. Si la vérité doit nous être bénéfique, il nous faut en faire l'expérience directe. Alors seulement, pourrons-nous savoir si l'affirmation est réellement vraie.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 31-32
  • Thérapie initiatique

    [L]e principe et la source de mon travail, le centre de sa raison d'être, est l'expérience, révélatrice d'un Être essentiel, immanent à l'homme, et qui tend à manifester dans le monde une Vie surnaturelle. Comme cette thérapie s'appuie sur l'importance donnée à certains événements intérieurs qui dépassent l'horizon du moi existentiel, qu'elle cherche à ouvrir l'homme à une réalité cachée et à le transformer dans un sens qui corresponde à cette réalité transcendante, nous employons le terme de thérapie « initiatique ». Initier vient de « initiare », ouvrir le chemin du mystère. Ce mystère n'est autre que notre transcendance immanente devenue réalité vécue. La finalité de l'homme, en même temps que sa « santé » est d'en prendre conscience et de la manifester.

    Couverture de Pratique de l’expérience spirituelle
    page(s) 13-14
  • Nécessité d’un exercice persévérant

    On a facilement tendance à penser que l'expérience d'un moment de lumière est une possession définitive qui suffit à faire de nous un autre homme. Pourtant, lorsqu'elle n'est pas ranimée par un exercice persévérant, même une expérience qui nous atteint au plus profond de nous-même et nous arrache un instant à la stérilité du moi existentiel pour nous élever à la réalité d'une plus grande Vie, risque de s'enliser parmi les souvenirs sentimentaux.

    Sans cet effort soutenu, l'homme qui se sentait baigné dans la lumière de l'expérience et libre, grâce à elle, d'atteindre un plan supérieur, est malheureusement obligé de constater qu'il n'a pas changé. La conscience de son échec et souvenir du bonheur de l'engagement qu'il vient d'éprouver le rendent encore plus sensible aux limites et aux ténèbres où le tient enfermé la vieille coquille de son moi.

    La conscience de sa participation à l'Être essentiel a éveillé en lui une grande nostalgie. Pourtant, il doit reconnaître qu'expérience et transformation sont deux chose différentes.

    Couverture de Pratique de l’expérience spirituelle
    page(s) 7
  • Bâtir sur l’expérience et non sur la croyance

    Comment le christianisme, le bouddhisme ou tout autre mouvement historique vital ont-ils commencé ? Avec quelques-uns que cette idée, ce sentiment, avaient enflammés. Leurs cœurs s'étaient ouverts à une nouvelle vie, ils étaient un noyau qui ne suivaient pas une croyance mais qui avaient en eux-mêmes l’expérience de la réalité, de la réalité de ce qu'ils voyaient.

    Couverture de L'esprit de création
    page(s) 24
  • La douleur nous pourfend

    — Nous passons notre temps à ressasser nos souvenirs et à rêver d'avenir. Si j'ai bien compris ce que vous avez dit, plus nous prenons conscience que nous sommes pris au piège de ce processus, plus nous éprouvons la douleur directement. Alors, au lieu de nous efforcer de l'éliminer, nous devons entrer dedans. Nous devons tout simplement voir, de plus en plus clairement, que c'est comme ça que nous sommes. C'est bien cela que vous voulez dire ?

    — L'important, c'est de ne pas philosopher. […] La douleur nous pourfend. Et quand nous faisons réellement et sincèrement l'expérience de la douleur psychologique, telle quelle, nous n'avons plus de place pour élaborer des idées conceptuelles sur ceci et sur cela, tellement notre expérience de la douleur est pleine et vraie.

    Couverture de Mandala
    page(s) 34-35
  • Faites le voyage vous-même

    [En réponse à une question qui demande « Pouvez-vous nous en dire en peu plus ? »] Je pense que si j'en avais trop dit, cela n'aurait probablement servi à rien. Nous devons le découvrir. Les choses ne sont pas très faciles. On ne peut pas apprendre par cœur le mode d'emploi pour être paré à tout et le traiter de façon adéquate. Il y a des guides, certes, mais ce ne sont pas vraiment des modes d'emploi. Les enseignements ne sont pas des modes d'emploi. Il faut en faire l'expérience. Au lieu du livre, c'est la réalité qu'il faut expérimenter. Je pense que moins j'en dirai sur le sujet, mieux cela vaudra. Mon rôle semble être de donner des avertissements et des suggestions successifs, des possibilités, des potentialités – et puis vous y allez, vous faites le voyage vous-même.

    Couverture de Enseignements secrets
    page(s) 51
  • Expérimenter sur le champ

    Chögyam Trungpa désarçonne […] son lecteur en ouvrant la possibilité d'une entente non orientée par un sens immédiatement logique, ou tout au moins correspondant à notre conception habituelle de la logique.

    Fidèle à l'enseignement ultime de la tradition bouddhique, Chögyam Trungpa tente de susciter chez son lecteur une expérience au-delà de tous ses points de repère habituels. Chögyam Trungpa ne parle pas du principe féminin, mais nous fait résonner la fertilité de l'espace inconditionnel ; il ne présente pas ce qu'est śūnyatā (la vacuité), mais crée une situation où nous l'expérimentons sur le champ. Cette dernière n'est pas pour lui une réalité existant ailleurs que dans le temps où il l'évoque. [préface de Fabrice Midal]

    Couverture de Enseignements secrets
    page(s) 9
  • Concilier notre potentiel et nos névroses

    Il nous faut atteindre une certaine maturité pour apprendre à concilier notre potentiel et nos névroses. La pratique de l'observation de l'esprit permet de développer cette maturité.

    Cette réflexion introspective désigne l'attitude d'esprit et la méthode qui consistent à regarder en toute lucidité et sans jugement de valeur tout ce qui surgit dans notre esprit. C'est un exercice difficile : nous avons en effet tendance à rejeter nos expériences déplaisantes et à susciter les plus agréables. La beauté et la bonté extraordinaires inhérentes à cette méthode résident dans le fait qu'elle exige tout simplement de faire l'expérience de l'ensemble de ce que nous vivons.

    Couverture de Petit guide du bouddhisme à l’usage de tous
    page(s) 26-27
  • Incontournable confusion

    Si nous nous efforçons d'atteindre [l'éveil] en contournant la confusion qui nous habite, il nous sera impossible d'établir un rapport entre notre pratique spirituelle et notre expérience vécue.

    Couverture de Petit guide du bouddhisme à l’usage de tous
    page(s) 26
  • Revenir au terrain de l’expérience

    Le Bouddha suggère de revenir au terrain de l'expérience. Il renvoie constamment son interlocuteur à l'état au-delà de la pensée discursive, la où le recueillement de la parole est un prélude à la quiétude infinie. Il l'incite à observer la valeur de son questionnement une fois placé sous l'angle d'une perspective thérapeutique. Pour cela, il prend l'exemple d'un homme blessé par une flèche empoisonnée. Si le patient refuse que le chirurgien le soigne avant de connaître le nom de l'archer, son aspect physique, la corde employée sur l'arc, cet homme mourra avant d'obtenir une réponse à ses questions. Le Bouddha agit en thérapeute. Il laisse ces interrogations sans explication[.]

    Couverture de Le grand livre du bouddhisme
    page(s) 502
  • Une science de l’esprit

    [J]'aimerais souligner un point que le dalaï-lama ne cesse de répéter : « Les enseignements bouddhistes ne sont pas une religion, ils sont une science de l’esprit. » Cela ne remet pas en cause le fait que, pour beaucoup de gens à travers le monde, le bouddhisme en soit arrivé à remplir également une fonction religieuse. Comme la plupart des religions, il propose à ses adeptes une riche tradition de pratiques dévotionnelles, de rituels collectifs et de récits sacrés. Mais ce n'est ni l'origine du bouddhisme ni son essence. Le Bouddha était un être humain, pas un dieu, et il a offert à ses disciples des enseignements et des pratiques fondés sur l'expérience, une façon révolutionnaire de comprendre la souffrance et de s'en libérer.

    Couverture de Bouddha mode d’emploi
    page(s) 28-29
  • Ce n’est pas moi, cela vient à moi

    Dès que nous prêtons attention à notre expérience, ce que nous prenons pour notre « je » n'apparaît nullement identique à lui-même, ne possède pas une stabilité fixe, mais, phénomène étrange, est toujours autre. Ainsi une pensée qui me traverse, particulièrement si elle est juste, n'est-elle nullement mienne, elle vient à moi, me surprend, m'étonne.

    Couverture de Introduction au tantra bouddhique
    page(s) 18