Extraits étiquetés avec : faire monde

  • Un bel environnement élève l’âme

    [C]e que les hommes font de l'environnement de leur maison témoigne de leur vision du monde. On y voir trop souvent, hélas, peu de culture botanique ou architecturale, peu d'imagination. Un pauvre conformisme. Le paysagiste, le pépiniériste sont passés par là, incitant à planter sans discernement ce que l'on voit partout.

    Il n'en faut pas beaucoup pour faire le monde beau, pourtant. Un bel environnement élève l’âme. On s'y sent à sa place et en paix. Mais le langage tacite, tenu par le paysage autour des maisons, quand on le décrypte et l'énonce, est trop souvent déplaisant. Il signifie le rejet, l'égoïsme, la vanité. L'agressivité parfois. Ne dites pas que c'est là une question de budget, d'inégalité sociale. Promenez-vous à pied dans les villages de l'île de Bali, dans les derniers quartiers de bois de la vieille Chine ou du Japon, vous m'en donnerez des nouvelles.

    Couverture de Ma vie dans les monts
    page(s) 34-35
  • Un monde

    Une citation mise en exergue par Kenneth White, dans Au large de l'histoire, m'a sauté aux yeux. Il s'agit d'une phrase tirée de l'Hypérion d'Hölderlin : « Ce que tu cherches, c'est un monde. » […]

    Un monde. Qu'est-ce qu'un monde ? Un endroit où l'on pourrait vivre en accord avec ce qui vous entoure, ce qui est de moins en moins le cas à l'époque où nous vivons, pleine de conflits, de frustrations, de rage et de fureurs. Le titre, Au large de l'histoire, oppose au mythe du sens de l'Histoire une perspective spatiale, concrète et vague. La couverture du livre en propose d'emblée la métaphore, un phare dressé sur un ilôt rocheux, sur lequel se fracassent les lames d'une mer démontée. À la vaine agitation du monde de la temporalité, l'auteur oppose sa géopoétique – une poétique de l'espace. D'une stabilité, d'une fondation profonde dans le concret. Très bien.

    C'est aussi Hölderlin qui a écrit : habiter la terre en poète. Dans le fond, ce que tout homme cherche, c'est un monde à habiter. Un monde dans lequel pouvoir vivre en fidélité à soi-même, à ce que l'on possède de plus précieux.

    Couverture de Ma vie dans les monts
    page(s) 15-16
  • Voir le meilleur en chacun

    Comme le soulignait déjà Aristote dans l'Éthique à Nicomaque (Livre VIII), philia, l'amitié n'est possible qu'entre égaux et elle est la vertu politique par excellence. Chögyam Trungpa établit un monde où chacun est reconnu en ce qu'il est lui-même en propre. C'est pourquoi la réussite de l'enseignement de Chögyam Trungpa en Occident provient non de sa compréhension de la psychologie occidentale – pour peu qu'une telle chose existe – mais bien plutôt de sa formidable capacité, selon le sens même que revêt l'amitié, à voir le meilleur en chacun.

    Couverture de Chögyam Trungpa
    page(s) 33
  • Être institué humain

    [L]'être humain n'est pas d'emblée, par sa naissance, un être humain. Pour le devenir, aussi surprenant que cela puisse aujourd'hui nous sembler, il faut encore qu'il soit introduit dans le champ de l'humanité et reconnu comme lui appartenant. Or ce mouvement n'est pas « naturel » et encore moins « biologique » – quelle que soit la propagande qui tente de nous le faire oublier. L'être humain a besoin d'être institué comme tel. Voici la fonction de l'autorité : poser une parole qui fonde et assoit les hommes au sein d'un monde.

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 13
  • Un rituel vivant

    [L]'esprit dans lequel un rituel est effectué le différencie d'une corvée ennuyeuse ou d'une habitude machinale.

    C'est le soin porté à inventer ce qui le constitue – gestes, paroles, etc. –, l'attention à le suivre et l'unité des participants dans un même mouvement qui caractérisent un rituel vivant et qui font qu'il ouvre sur un monde au sens du mandala.

    Couverture de Méditer avec les enfants
    page(s) 37
  • Monde : totalité ou entièreté

    [L]e terme de « monde » désigne aujourd'hui, pour nous, l'ensemble exhaustif de tout ce qui est, des insectes aux étoiles – et il renvoie donc à une énumération quantitative, un catalogue statistique, de tout ce qui s'y trouve ou, selon l'analyse de Kant, la « totalité des objets d'une expérience possible ». Le monde est devenu une totalité là où le mandala est une entièreté.

    Couverture de Petite philosophie des mandalas
    page(s) 22
  • Le mandala est un monde

    Le mandala est un monde qui se perçoit immédiatement car il n'est ni une accumulation de choses diverses ni un contenant, mais un espace unitaire dans lequel se déploie une situation ayant sa cohérence propre. Un jeu entre un espace et des limites.

    Couverture de Petite philosophie des mandalas
    page(s) 21