Extraits étiquetés avec : humanité

  • Qu'est-ce que l'homme ?

    Désormais, il s'agit peut-être moins d'afficher ses étiquettes, bouddhiste ou chrétienne, que d'entrer davantage dans la question : qu'est-ce que l'homme ? Qu'en est-il de cette profondeur nommée de divers noms mais dont il importe avant tout de faire l'expérience et d'en revenir transformé, délivré des songes et de l'illusion, davantage présent à « ce qui est » ?

    Couverture de La montagne dans l’océan
    page(s) 13
  • Ne cherchez pas à être parfait

    Il y a un certain danger à insister sur le calme et la sérénité que donne la pratique de la méditation : vouloir correspondre à cet idéal. La Voie ne consiste pas à essayer d'être parfait, à ressembler à un modèle, mais à entrer pleinement en relation avec ce qui est, les ombres, les douleurs, les accidents et les mésaventures qui constituent le fil de toute existence. La véritable sagesse ne consiste pour sa part pas à être parfait, mais à être pleinement humain.

    Couverture de Transformez votre vie grâce au Bouddha
    page(s) 54
  • Éclaircir et libérer

    Narcisse est-il le symbole du pouvoir qu’a toute œuvre d’art d’éclaircir et de libérer notre rapport à nous, aux autres et au monde ? […]

    Lire les textes et contempler les peintures qui éclairent ce mythe permettent de mieux discerner la violence de notre temps. Car les forces de mort et de ressentiment exigent le sacrifice de soi, nous enfoncent dans la culpabilité d’être et la méconnaissance des exigences propres à toute existence humaine.

    Couverture de Narcisse n’est pas égoïste
    page(s) 11
  • Les maîtres du Chan

    Influencés par le taoïsme que beaucoup avaient pratiqué, [les maîtres du Chan] avaient du bouddhisme une conception cosmique, profondément reliée à la nature, à la beauté, à l'art. Rien de puritain dans leur approche. Ils se démarquaient complètement du bouddhisme indien et de son strict moralisme qui visait à éteindre la sensorialité et considérait les arts comme contraires à la voie.

    Les Chinois chantaient en de merveilleux poèmes la beauté des monts isolés dans lesquels ils vivaient. Ils jouaient de la flûte ou du luth, ils étaient peintres ou calligraphes, appréciaient les métiers les plus simples, qui parfois leur permettaient de subsister, car ils étaient peu enclins à la mendicité, ils faisaient des banquets frugaux sous la lune en compagnie d'autres ermites, ils dérivaient sur une barque dans la plus profonde extase, ils s'autorisaient à chanter la mélancolie, la solitude, la tristesse des longs hivers, l'amour, l'émotion, l'amitié, le désir et le frémissement de toute la création […]

    Au lieu de nier les sens, ils les plaçaient dans l'espace absolu de l'essence du cœur/esprit et ne voyaient nulle offense dans le fait d'être profondément humain. C'est ce qui touche dans leurs écrits, il n'y a ni le masque du renoncement, ni la crainte du domaine sensoriel, ni l'hypocrisie religieuse. Ils fluent dans une mobilité non conditionnée et rejoignent en cela l'idéal taoïste. Ils vivent sans contrainte et rien ne peut interrompre leur fluidité. Ils ont abandonné l'idée même du Bouddha et du bouddhisme tant leur compréhension est vaste.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 31-33
  • Devenir vraiment humain

    L'entraînement Zen traditionnel consiste […] d'abord à devenir vraiment humain, c'est-à-dire capables d'agir, sentir, parler et penser d'une façon vraiment humaine quelles que soient les circonstances, bonnes, mauvaises ou indifférentes.

    Couverture de Les dix images du buffle
    page(s) 20
  • Mettre au jour notre véritable nature

    Trouver sa véritable nature, son vrai soi, se réaliser, c'est concevoir que la nature de Bouddha est, en soi, intrinsèque. Ainsi a-t-on pu dire que « [le Hīnayāna] insiste sur l'humanité du Bouddha et le Mahāyāna sur la nature bouddhique de l'humanité. »

    Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine
    page(s) 23
  • Le Bouddha, un être humain qui enseigna la nature humaine

    Toutes [les] qualités [du Bouddha] étaient des qualités éminemment humaines qu'il avaient amenées à la perfection. Tout ce qu'il a accompli est donc à la portée de chaque être humain pratiquant comme il le fit.

    Le Bouddha n'enseigna aucune religion ou philosophie, aucun système de croyance. Il nommait son enseignement dharma, c'est-à-dire « loi », la loi de la nature.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 30
  • Ce qui nous dépasse

    Pour Zhuangtsi, et pour nombre de philosophes chinois après lui, une vie humaine ne peut être abstraite de la vie qui se poursuit chez d'autres humains, pas plus que la vie du monde naturel ne peut être extraite de ce monde pour en faire une entité consistante en elle-même et par là transcendant la réalité visible. Pour eux la force de la vie ne pouvait être détachée de son effectuation et des modifications que subissent en permanence les choses et les êtres. Ce qui nous dépasse n'est pas la Vie, avec une majuscule, qu'il faudrait se concilier, c'est ce qui s'identifie au mouvement de la nature ou du cosmos qui est aussi celui de l'humanité dans lequel chacun doit entrer.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 285 (La fin de la plainte)
  • Expérimenter nos potentialités naturelles

    La méditation bouddhique est une voie universelle, qui permet d'expérimenter les potentialités naturelles déposées dans la structure même de l'être humain, lorsque le mental n'est plus troublé par les imperfections auxquelles il s'identifie, à tort.

    Couverture de Itinéraire d’un bouddhiste occidental
    page(s) 38
  • Habiter l’intemporel

    Dans un monde où tout va de plus en plus vite, il est difficile d'évoquer la beauté et la richesse intemporelles de l'instant présent. Mais plus les choses s'accélèrent, plus il est important de se plonger dans l’intemporel, voire de l'habiter, afin de ne pas de couper de certaines dimensions de notre humanité qui marquent la frontière entre bonheur et tristesse, sagesse et folie, bien-être et agitation corrosive du mental, du corps et du monde. […]

    À une époque d'accélération exponentielle, il est plus important que jamais d'apprendre à habiter l’intemporel et à y puiser consolation et clairvoyance.

    Couverture de L’éveil des sens
    page(s) 23-24
  • Humanité partagée

    Chaque fois que le malheur nous frappe, regardons autour de nous et prenons conscience de tous les moments difficiles que d'autres endurent également. Lorsque nous nous sentons seuls, déprimés ou en colère, laissons ces humeurs sombres nous relier aux souffrances de nos semblables.

    Nous partageons tous la même réactivité, la même cupidité et la même résistance. En faisant le souhait que tous les êtres puissent être libérés de la souffrance, nous nous libérons de notre cocon, et la vie devient plus vaste que le seul « moi ». Que notre existence soit sombre et triste ou joyeuse et exaltante, nous pouvons cultiver un sentiment d'humanité partagée.

    Couverture de Il n’y a plus de temps à perdre
    page(s) 24-25
  • Touché au plus profond de notre humanité

    Comment se fait-il que la bonté des autres, en particulier lorsqu'elle se manifeste à un moment critique de notre vie, laisse une empreinte si forte dans notre esprit ? La réponse est simple : un tel acte nous touche au plus profond de notre humanité[.]

    Couverture de N’ayons  plus peur
    page(s) 54
  • Se transformer soi-même pour mieux transformer le monde

    Cultiver l'amour et la compassion est un pari doublement gagnant : l'expérience montre que ce sont les sentiments qui nous font le plus de bien, et que les comportements qu'ils engendrent sont perçus par autrui comme bienfaisants.

    Lorsque l'on est sincèrement concerné par le bien-être et la souffrance des autres, il devient nécessaire de penser et d'agir de façon juste et éclairée. Pour que les actes accomplis dans le but d'aider autrui aient véritablement des conséquences bénéfiques, ils doivent être guidés par la sagesse, une sagesse qui s'acquiert par la méditation. La raison d'être ultime de la méditation est de se transformer soi-même pour mieux transformer le monde, ou de devenir un être humain meilleur pour mieux servir les autres. Elle permet de donner à la vie son sens le plus noble.

    Couverture de L’art de la méditation
    page(s) 21
  • Les visages du bouddhisme qui touchent les Occidentaux

    [E]n regardant les visages du bouddhisme qui touchent le cœur du plus grand nombre d'Occidentaux, on remarque deux axes principaux : d'une part, une éthique qui promeut la tolérance, la bonté, la responsabilité sociale envers les autres et d'autre part, la pratique de la méditation comme chemin de vie permettant d'advenir à sa propre humanité au milieu des situations de la vie quotidienne.

    Au moment où l'avenir de la planète est particulièrement menacé par le pillage de toutes les ressources et plus largement par l'exploitation de tout ce qui est – y compris les êtres humains – le bouddhisme apporte, pour beaucoup, une réponse forte, cohérente et nécessaire.

    Couverture de ABC du bouddhisme
    page(s) 14
  • Être institué humain

    [L]'être humain n'est pas d'emblée, par sa naissance, un être humain. Pour le devenir, aussi surprenant que cela puisse aujourd'hui nous sembler, il faut encore qu'il soit introduit dans le champ de l'humanité et reconnu comme lui appartenant. Or ce mouvement n'est pas « naturel » et encore moins « biologique » – quelle que soit la propagande qui tente de nous le faire oublier. L'être humain a besoin d'être institué comme tel. Voici la fonction de l'autorité : poser une parole qui fonde et assoit les hommes au sein d'un monde.

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 13
  • Nous ne sommes pas seuls

    L'une des choses les plus dures dans les moments difficiles, c'est cette impression d'avoir à les affronter seul. Mais nous ne sommes pas seuls. En fait, notre vie elle-même n'est possible que grâce aux générations qui nous ont précédés, des survivants qui, d'une personne à l'autre, ont porté à travers l'obscurité la lampe de l'humanité. […]

    [V]ous êtes un maillon essentiel de ce courant collectif qui progresse de génération en génération et trouve les moyens de porter la flamme de la sagesse, du courage et de la compassion à travers les temps difficiles.

    Couverture de Une lueur dans l’obscurité
    page(s) 18
  • « Les pieds sur la terre, la tête dans le ciel »

    « Les pieds sur la terre, la tête dans le ciel » est une définition de l'homme de la voie, de celui qui pratique une sagesse sublime et incarnée. La spécificité de la condition humaine est de faire le lien entre Ciel et Terre, à savoir entre le divin et une vie triviale. La définition, par ailleurs, implique que seule cette posture existentielle, réaliste et divine, est accomplissement de l'humanité. C'est là une définition de ce que doit être la posture humaine accomplie que l'on rencontre souvent dans les textes chinois du bouddhisme de l'école chan – soit zen en japonais. On remarquera comme, dans cette assertion, la posture spirituelle est corporelle aussi.

    Couverture de Le son du vent dans les pins
    page(s) 17-18
  • Tendre vers la sagesse, c’est devenir humain

    [S]i un bouddhiste, par sa manière de vivre, témoigne qu'il tend vers la sagesse, ce n'est pas parce qu'il est bouddhiste ; c'est parce qu'il devient un être humain.

    Si un chrétien, ou un athée, témoigne d'un certain degré de sagesse, ce n'est pas parce qu'il est chrétien ou athée, mais parce qu'il devient un être humain.

    Couverture de La sagesse exercée
    page(s) 20
  • Douceur et valeurs du cœur

    En revenant à la manière dont la Grèce ancienne a pensé et nommé la douceur, c'est tout le rapport qu'entretient une communauté humaine au droit, à la justice, à la guerre, mais aussi aux valeurs dites du « cœur » qui apparaît. Et avec elle ce qu'on appelle l'humanisme. Pour les Grecs, la douceur est le contraire de l'hybris, de cette démesure qui s'empare de l'homme en proie à ce que nous appelons aujourd'hui ses « pulsions », mais elle n'est pas non plus la rigueur morale, non la douceur appartient d'une certaine manière aux dieux plus qu'aux hommes. Bien qu'elle soit tangible tout autant qu'intelligible, elle inclut le bien sans être le bien, la relation sans être une relation, le spirituel sans être un attribut divin et la matière dans sa pure réceptivité.

    Douceur se dit en grec de deux manières : proates, qui signifie douceur, amabilité. Dans les Épîtres, saint Paul évoque ainsi « l'esprit de douceur » nécessaire à l'établissement d'une communauté. La douceur concerne d'emblée la question de l'« être ensemble », le premier cercle du politique et de l'éthique.

    Mais la douceur se dit aussi : praüs, terme plus sensible, qui signifie débonnaire, et que la vulgate traduira en latin par : mitès (en anglais meek – pauvre et doux). Dans les Béatitudes, on trouve : « Heureux les doux car ils régneront sur le monde. » Mitès signifie pour un fruit mûr et tendre, pour une terre : la fertilité, pour un être, la douceur et la bonté.

    En latin, deux autres mots disent la douceur : suavitas, plus intellectuel ou spirituel, et dolcis, qui a donné aussi le mélodieux (pour un son), l'attractivité, la beauté (pour une chose) et le sucré (pour un aliment).

    Avec l'avènement de la chrétienté, le roi/messie attendu dans toute sa splendeur est remplacé par un enfant né dans la pauvreté et l'exil. Placer la royauté spirituelle au lieu de la plus grande vulnérabilité fut un coup de force sans précédent dans l'Histoire. Toutes les valeurs de mérite, de puissance, de valeur guerrière s'en trouvèrent bouleversées.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 44-46
  • Ce qui dans la douceur fait lien

    [C]e à quoi [la douceur] nous convoque : penser la valeur de ce qui nous altère « vers le bien » et se dispense en conscience est essentiel. Parce qu'elle suppose un rapport du sujet à l'altérité, sa qualité ne désigne pas seulement la substance ou l'atmosphère qu'elle délivre, mais ce qui en elle fait lien : « intelligere ». Son privilège est l'accord. Elle tient compte de la cruauté, de l'injustice du monde. Être doux avec les choses et les êtres, c'est les comprendre dans leur insuffisance, leur précarité, leur immaturité, leur bêtise. C'est ne pas vouloir ajouter à la souffrance, à l'exclusion, à la cruauté et inventer l'espace d'une humanité sensible, d'un rapport à l'autre qui accepte sa faiblesse ou ce qu'il pourra décevoir en soi.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 29