Extraits étiquetés avec : non-agir

  • Oublier le moi pour découvrir le moi véritable

    Nous pouvons dire avec certitude que, tant que persiste l'idée d'un moi faisant quelque chose, cela n'est pas zazen. […]

    Pour découvrir notre moi véritable, nous devons complètement oublier le moi que nous croyons être ou que nous avons cru que nous étions.

    Couverture de Enseignements d’un maître zen
    page(s) 29
  • La méditation et l’action

    La méditation nous prépare à l’action, et il arrive parfois que l’action nous prépare à la non-action. C'est comme respirer : lorsque vous expirez, c'est l’action ; mais pour expirer il faut inspirer à nouveau. Ça continue comme ça. Il est donc important de pratiquer une discipline très stricte pour apprendre à être immobile et solide. Il se dégage de cela beaucoup d'énergie et beaucoup de sagesse. Dans la vie, la méditation et la post-méditation ont une valeur égale, tout comme il est important d'inspirer et d'expirer.

    Couverture de Le cœur du sujet
    page(s) 31
  • Le non-agir, domaine de la vraie méditation

    [Les pratiquants doivent être] armés d'une volonté implicite, voire intrépide, d'explorer le paysage intérieur de l'esprit et du corps, et le royaume de ce que les anciens taoïstes chinois et les maîtres Chan appelaient le non-agir, le domaine de la vraie méditation, au sein duquel il semble que rien ou pas grand-chose ne se passe ni ne se fait, mais où, dans le même temps, rien d'important n'est négligé, permettant ainsi à cette mystérieuse énergie d'un non-agir ouvert et conscient de se manifester de façons remarquables dans le monde de l'agir.

    Couverture de L’éveil des sens
    page(s) 25
  • La méditation de la vie paisible

    La technique de la méditation de pleine conscience est associée au développement de l'état de paix. On pourrait même l'appeler la méditation de la vie paisible. Par paix, on n'entend pas ici un état sans guerre ; cela n'a rien à voir avec la politique. On parle de paix en tant que non-action. […] Dans la pratique de la méditation, vous ne pouvez pas parvenir à cette sorte de paix sans discipline et sans effort.

    Couverture de La pleine conscience en action
    page(s) 25
  • La pratique de présence attentive (śamatha)

    S'exercer à faire śamatha, terme sanskrit bien traduit par « la pratique de méditation de présence attentive » (mindfulness ; en tibétain : zhi gnas), repose sur un examen de la nature de notre esprit (et, par conséquent, de l'origine des schémas habituels) qui consiste à prêter attention à ce qui apparaît moment après moment. En d'autres termes, il s'agit d'utiliser l'activité de l'esprit pour aller au-delà de l'esprit, en observant l'expérience telle qu'elle se donne avec un regard frais et interrogateur. […]

    La pratique est avant toute chose fondée sur une attitude de non-agir, qui s'incarne dans le fait de s'asseoir dans une attitude digne (sur le sol ou sur une chaise). […]

    Une fois installé dans cette posture de base, on suit l'injonction de suivre « simplement » ce qui se passe sans s'y engager. Étant donné que l'on ne cesse de respirer, la respiration devient un fil conducteur typique, à titre de fil attentionnel. […]

    Quoi qu'il ne soit pas dit par là que l'on arrête purement et simplement de sentir, de penser et d'avoir des émotions, ces activités sont considérées comme à distance, depuis la position d'un observateur détaché, à la manière de nuages sur le fond de premier plan qu'est la respiration qui se poursuit, inspiration dans les poumons, expiration dans les narines.

    Telle est la manifestation condensée de l'aptitude à laquelle s'exercer par la pratique : développer une présence attentive à ce qui survient dans l'instant présent, avec la respiration comme point de focalisation. Étant donné que toutes sortes d'expériences surgissent du sein de cet espace d'attention, nous retournons explicitement notre attention vers « l'intérieur », de l'objet de l'attention vers l'activité consciente (l'acte, le vécu) qui le vise ; nous ne nous mettons pas à examiner son contenu, son surgissement, son émergence complète, puis à nouveau son retrait à l'arrière-plan.

    Étant donné que des pensées qui nous distraient, des émotions ou des sensations corporelles apparaissent sur le fond de l'attention soutenue portée à la respiration, nous sommes à même de prendre conscience de l'importance des fluctuations par rapport au centre de la focalisation. Nous réalisons que nous n'avons pas simplement suivi notre respiration, mais que nous sommes partis, que nous étions ailleurs, suivant sans but une chaîne de pensées, d'imaginations, de rêves éveillés. Aussitôt que nous remarquons ce sursaut subit par où nous nous rendons compte que nous n'avons pas suivi l'instruction, nous abandonnons simplement la distraction à elle-même et revenons à la respiration, notre objet délibéré d'attention.

    Couverture de Le cercle créateur
    page(s) 390-391
  • Générosité au-delà du mérite

    Dāna [la générosité], en réalité, fonde la vertu d'un altruisme qui dépasse de loin l'idée de rétribution du mérite. Le don matériel ou spirituel, dans les civilisations d'Extrême-Orient qui pratiquent l'idéal d'humanité confucéen (le ren), l'esprit de non-agir taoïste (chin. wuwei), comme l'esprit de non-profit bouddhiste (jap. mushotoku), sont souvent cachés.

    Couverture de Le sourire du Bouddha
    page(s) 23
  • Un acte gratuit

    [La méditation] est l'unique activité humaine, accomplie systématiquement et volontairement, par laquelle nous ne devons ni rechercher un résultat ni nous perfectionner – seulement être conscients. C'est sans doute cela qui en fait la valeur. Peut-être avons-nous tous besoin de faire un acte gratuit ?

    Mais il n'est pas tout à fait correct de dire que la méditation relève du « faire ». C'est plus un état qu'une action. Quand nous comprenons que « tout est là », nous pouvons abandonner le passé et l'avenir et nous éveiller à ce que nous sommes maintenant, dans le moment présent.

    Couverture de Où tu vas, tu es
    page(s) 32-33
  • Ne rien faire

    Dans la méditation, on demande souvent aux participants de se désengager des actions et des distractions, et de ne rien faire. Ne rien faire, cela ne consiste pas à somnoler ou à rêvasser, mais à rester pleinement éveillé dans la non action. […]

    [L]a non action, ce n'est pas l'inaction. C'est une pleine activité intérieure dans la non activité extérieure. C'est un plein éveil. On ne fait rien, mais on ressent tout, on voit tout, on écoute tout. Comme le dit le philosophe André Comte-Sponville en parlant de la méditation zen : « Certes il s'agit de ne rien faire, mais à fond. »

    Couverture de Trois minutes à méditer
    page(s) Chronique n°25
  • Sans rien faire de l'esprit, sans rien faire avec l'esprit

    [Dans la] pratique transmise dans l'école Sōtō, on s'assied droit, les jambes croisées, sans rien faire de l'esprit, sans rien faire avec l'esprit.

    Sans rien faire de l'esprit : le méditant ne s'identifie à rien, il ne résiste à rien, il ne manipule rien ; sans rien faire avec l'esprit : il ne recourt à aucune technique mentale particulière.

    Couverture de S’asseoir tout simplement
    page(s) 10
  • Bulles de savon

    C'est la conscience même, plutôt que les objets de notre attention, qui importe. Pouvons-nous demeurer dans la conscience même, être la conscience, la dimension de notre propre mental qui connaît immédiatement tout mouvement en son sein, toute apparition d'une pensée ou d'une émotion, une idée, une opinion, un jugement, une aspiration ?

    Dans la conscience, chaque pensée peut être vue et connue. Son contenu est vu et connu pour ce qu'il est. Sa charge émotionnelle peut être vue et connue pour ce qu'elle est.

    Et c'est tout. Nous n'intervenons pas pour la rechercher ou la réprimer, l'agripper ou la repousser. Chaque apparition est simplement vue et connue, reconnue, si vous préférez, et ainsi « touchée » par la conscience même, par son enregistrement instantané comme pensée.

    Et dans ce contact, dans cette connaissance, dans cette vision, la pensée, telle une bulle de savon touchée du bout des doigts, se dissipe, se dissout, s'évapore instantanément. On pourrait dire, à la manière des Tibétains, qu'en cet instant de reconnaissance, la pensée, quelle qu'elle soit, s'autolibère.

    Couverture de Méditer
    page(s) 68-69
  • Vagues

    Toutes les pensées sont des événements – elles apparaissent et disparaissent dans la vastitude du champ de la conscience même, sans effort de notre part, sans intention de notre part, tout comme les vagues de l'océan s'élèvent un instant, puis retombent dans l'océan même, perdant ainsi leur identité, leur relative individualité momentanée, pour retourner à leur nature indifférenciée.

    C'est la conscience qui se charge du travail. Nous n'avons rien à faire, hormis cesser de nourrir la pensée, interrompant ainsi sa prolifération en une autre pensée, une autre vague, une autre bulle.

    Couverture de Méditer
    page(s) 70
  • Il n’y a rien à faire

    Nous n'avons pas besoin de faire quoi que ce soit. Nous reposons dans l'espace entre nos pensées et nos émotions, entre nos douleurs et nos inquiétudes.

    Couverture de Comment méditer
    page(s) 66
  • Ne rien faire

    [L]a première chose à faire consiste à ne rien faire. Puisqu'il s'agit de prendre conscience de ce qui voile l'élan de vie, il faut d'abord avoir la sagesse de ne rien entreprendre  et d'observer le voile. La compréhension des dynamiques de rapetissement et de diminution de soi est importante. Elle permet de ne pas retomber à la moindre difficulté. En somme, si vous vous demandez par où commencer, c'est simple : il est bon de débuter par une observation fine et bienveillante de vos mécanismes d'enfermement.

    Couverture de Le meilleur de soi
    page(s) 21
  • Méditer c'est s'arrêter

    S'arrêter de faire, de remuer, de s'agiter. Se mettre un peu en retrait, se tenir à l'écart du monde.

    Au début, ce qu'on éprouve semble bizarre : il y a du vide (d'action, de distraction) et du plein (tumulte des pensées et des sensations dont on prend soudainement conscience). Il y a ce qui nous manque : nos repères et des choses à faire ; et, au bout d'un moment, il y a l'apaisement qui provient de ce manque. Les choses ne se passent pas comme à « l'extérieur », où notre esprit est toujours accroché à quelque objet ou projet : agir, réfléchir sur un sujet précis, avoir son attention captée par une distraction.

    Dans cette apparente non-action de l'expérience méditative, on met du temps à s'habituer, à voir un peu plus clair. Comme dans le tableau. Comme lorsqu'on passe de la lumière à l'ombre. Nous sommes entrés en nous-mêmes, pour de vrai. C'était tout près de nous, mais nous n'y allions jamais. Nous traînions plutôt dehors : à notre époque de sollicitations effrénées et de connexions forcenées, notre lien à nous-mêmes reste souvent en friche. Intériorités abandonnées... [...]

    On pensait, on espérait trouver le calme, le vide. On tombe souvent sur un grand bazar, du tapage, du chaos. On aspirait à la clarté, on a trouvé la confusion. Parfois, méditer nous expose à l'angoisse, à la souffrance, à ce qui nous fait souffrir et qu'on évitait en pensant à autre chose, en s'agitant ailleurs.

    Couverture de Méditer, jour après jour
    page(s) 14-15