Extraits étiquetés avec : non-attachement

  • Garder sa vie

    [G]arder sa vie, ce n'est pas fixer son attention sur sa vie ; encore moins serait-ce s'ingénier à bloquer en soi la vie et vouloir la sauver le plus longtemps de son contraire abhorré : la mort. Mais, au contraire, rejoindre au creux même de sa vie la logique du vital qui comporte aussi légitimement la disparition que l'avènement, ou l'expiration que l'inspiration, et « garder » ainsi sa vie ouverte au renouvellement par alternance du procès global de la vie.

    « Nourrir sa vie », ce n'est pas faire effort pour augmenter ou allonger sa vie et vouloir forcer la vie à se maintenir et durer. C'est même à cette seule condition – de dé-vouloir, dé-possesion – que peut se maintenir et durer la vie.

    Couverture de Nourrir sa vie
    page(s) 35-36
  • Laissez passer

    Laissez toute chose passer tranquillement.
    N'essayez pas de la retenir.[…]

    Heureux celui qui ne retient pas le temps.
    Libre celui qui n'entrave pas la vie.
    Il vit celui qui fait face à chaque défi.
    Il aime celui qui vit tout ses instants.

    Couverture de La méditation
    page(s) 106
  • Trois formules de Shunryu Suzuki

    Ne vous attachez à rien, pas même à la vérité.

    Si vous pratiquez comme si c'était votre dernier instant, vous serez libérés de tout.

    Soyez assis avec tout. Soyez un avec tout.

    Couverture de Libre de soi, libre de tout
    page(s) 17
  • Voir simplement les phénomènes

    Wanshi nous dit : « Quand vous réalisez cela, vous ne pouvez plus être entraîné par les conditions extérieures. » Par « conditions extérieures », il veut parler de ce qui provoque les vents qui agitent notre esprit : la recherche de profit, d'approbation, d'honneurs, de positions, rechercher ce que l'on aime, rejeter ce que l'on n'aime pas. Tout cela nous entraîne dans un cycle de souffrance. Il arrive parfois que l'on transporte cet état d'esprit dans zazen lui-même, en recherchant une condition spéciale, en détestant les douleurs (considérées comme un obstacle à un bon zazen), ou bien les pensées, les préoccupations qui surgissent, et qui nous empêchent soi-disant de « faire le vide dans notre esprit ».

    Lorsqu'une douleur vient, on l'accueille et l'accepte telle qu'elle est, sans rien dramatiser. Une pensée, un souvenir, une préoccupation surgissent, on les voit tels qu'ils sont, comme une bulle qui monte à la surface de l'eau et retourne rapidement à son origine. Pratiquer la vraie réalité, c'est ne pas s'attacher à l'idée d'une réalité spéciale au-delà des phénomènes et voir simplement les phénomènes comme phénomènes. Juste cela. Rien de spécial.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 14
  • Revenir constamment à la source de l’esprit

    [I]l n'est pas nécessaire de vouloir trancher toutes les pensées car si on se tient à la source d'où elles surgissent, si on ne les suit pas, alors elles ne nous dérangent pas. On peut voir sans s'attacher aux objets de la vue, entendre sans s'attacher au son.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 12-13
  • Tout est là

    Tout est là, le Réel est là, nous y sommes ; manque la perception que tout est là. C'est ainsi que le Réel nous apparaît comme voilé. Quelle est la nature du voile ? Sans doute une contraction, une tension de la perception ? La saisie objectivante d'un objet qui nous prive d'une saisie plus globale, mais nous prive surtout de la non-saisie…

    Couverture de L'assise et la marche
    page(s) 21
  • Juste être assis et ne rien faire

    Si l'on explique zazen à quelqu'un qui ne pratique pas, et que l'on dit qu'il s'agit d'être simplement assis et de ne rien faire, cette pratique peut paraître très ennuyeuse, monotone, sans grand intérêt. Abordé du point de vue de notre ego, zazen est ainsi : comme une sorte de perte de temps alors que l'on pourrait faire tant de choses utiles pour notre vie.

    Mais lorsque l'on s'assoit et que l'on investit vraiment dans l'assise de zazen, c'est-à-dire que l'on met toute son attention et son énergie à n'être que simplement assis sans poursuivre quoi que ce soit, sans non plus rejeter quoi que ce soit, d'un seul coup notre esprit change complètement. C'est une complète révolution par rapport à notre manière habituelle de fonctionner, toujours tournée vers des objets soit extérieurs – des actions, des choses à faire – ou même des objets intérieurs, des pensées, des sentiments, des émotions…

    Ordinairement, on est toujours très occupé, mais lorsque l'on entre dans le dojo et que l'on s'assoit en zazen on n'est plus occupé que par une seule chose : être simplement assis. Et on se laisse dépouiller par zazen de toute autre préoccupation, de tout autre attachement. Et là, au lieu de s'ennuyer, on découvre une manière d'être au monde totalement nouvelle, différente. On est complètement libéré de l'attachement aux objets, aux êtres, aux choses extérieures et on réalise que l'on peut être parfaitement heureux, calme et libre, en étant juste simplement assis. Car être simplement assis veut dire que nous n'avons pas besoin d'ajouter quoi que ce soit au fait très simple, presque nu, d'être là, avec tout ce qui nous entoure, simplement un avec ce qui est. Et que cela suffit, c'est la grande libération de zazen.

    Cela ne veut pas dire que nous ne ferons plus rien dans la vie que zazen mais que ce que l'on fait dans la vie, si notre vie est enracinée dans zazen, devient une sorte d'expression de ce zazen, c'est-à-dire l'expression d'une simple présence au monde, dépouillée de toute forme d'avidité et donc de choix, de rejet. Cela veut dire réaliser une très grande liberté intérieure qui permet de s'investir dans des actions et des relations, mais avec un esprit désintéressé.

    Couverture de Manuel de méditation zen
    page(s) 8-9
  • Le tonneau sans fond

    La Grandeur est une vision : toutes nos craintes seront dissipées, tous nos vœux seront exaucés. La Grandeur surgit de la pratique mystique : au cœur de ses exercices que l'Occident qualifie de méditatifs, le disciple de la Grandeur demeure dans la nudité de l'âme, toute forme de saisie mentale abolie. De cet espace désencombré jaillira la source inépuisable d'une vie pleine, alerte et aimante.

    La tradition zen emploie une métaphore pour souligner qu'un tel délaissement exige la rupture de toutes les digues intérieures : l'âme est comparée à un tonneau dont le fond aurait lâché ; quoi qu'on y verse ensuite, il ne peut plus rien retenir.

    Couverture de S’asseoir tout simplement
    page(s) 15
  • Libre de tout attachement

    Le propre de ces joies extraordinaires c'est qu'elles sont libres de tout attachement à des objets particuliers. Leur origine est la réalité elle-même, la vie elle-même. Elles sont libres de toute possessivité, libres de toute peur de perdre, de toute frustration ou colère possible.

    Couverture de L’expérience du bonheur