Extraits étiquetés avec : religion

  • Le bouddhisme perçu comme philosophie

    Pour beaucoup, l'essence du bouddhisme consisterait en un singulier refus de toute forme de révélation et de métaphysique, ce qui le rapprocherait de la philosophie. Le bouddhisme serait un moyen d'aider à vivre ou « d'apprendre à mourir » (selon le mot de Montaigne à propos de la philosophie), non un moyen d'accéder à un au-delà de la raison, une transcendance, comme se définit la religion. […]

    Certains s'efforcent de dépasser les deux termes (religion ou philosophie) de l'alternative en utilisant les mots de sagesse ou de spiritualité. Pour d'autres, le bouddhisme est une sagesse, une philosophie empreinte de tolérance. Pour d'autres encore, c'est avant tout une morale fondée sur la compassion. En réalité, il s'agit toujours d'affirmer, sans avoir l'air d'y toucher, que le bouddhisme n'est pas une religion, ou du moins que ses aspects proprement religieux sont secondaires.

    Couverture de Le bouddhisme
    page(s) 36-37
  • Biais du regard occidental sur le bouddhisme

    [O]n ne manque pas d'affirmer que le Bouddha rejeta le système indien des castes et le sacrifice qui formaient le cœur de la religion brahmanique. De la réforme sociale, on dérive assez vite vers la réforme religieuse, pour affirmer que le bouddhisme aurait été, par rapport à l'hindouisme, « à peu près ce que la Réforme a été en Europe par rapport au catholicisme ». […]

    C'est que, très vite, les chercheurs occidentaux ont cherché à établir un contraste entre le bouddhisme, voie de salut ouverte à l'individu, donc par essence « universelle », et les autres mouvements contemporains [jaïnisme, shivaïsme, vishnouisme], jugés typiquement indiens, et donc trop marqués culturellement. […] Ce faisant, on a transformé le Bouddha en un penseur dont les idées ressemblent étrangement à celles d'un esprit rationaliste de la fin du XIXème siècle.

    Couverture de Le bouddhisme
    page(s) 25-26
  • La névrose bouddhique

    On pourrait définir [la] névrose [bouddhique] comme le moment où la règle supplante l'essence ou comme le moment où les formes prennent plus d'importance que la substance. C'est le risque qu'encourt tout mouvement religieux et il est intéressant de noter que les mystiques de toutes les religions sont avant tout des iconoclastes, bien souvent détruits par le courant mortel que peut porter toute tradition. La question essentielle est que le mystique refuse ce qui peut entraver son magnifique vagabondage.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 37
  • Les maîtres du Chan

    Influencés par le taoïsme que beaucoup avaient pratiqué, [les maîtres du Chan] avaient du bouddhisme une conception cosmique, profondément reliée à la nature, à la beauté, à l'art. Rien de puritain dans leur approche. Ils se démarquaient complètement du bouddhisme indien et de son strict moralisme qui visait à éteindre la sensorialité et considérait les arts comme contraires à la voie.

    Les Chinois chantaient en de merveilleux poèmes la beauté des monts isolés dans lesquels ils vivaient. Ils jouaient de la flûte ou du luth, ils étaient peintres ou calligraphes, appréciaient les métiers les plus simples, qui parfois leur permettaient de subsister, car ils étaient peu enclins à la mendicité, ils faisaient des banquets frugaux sous la lune en compagnie d'autres ermites, ils dérivaient sur une barque dans la plus profonde extase, ils s'autorisaient à chanter la mélancolie, la solitude, la tristesse des longs hivers, l'amour, l'émotion, l'amitié, le désir et le frémissement de toute la création […]

    Au lieu de nier les sens, ils les plaçaient dans l'espace absolu de l'essence du cœur/esprit et ne voyaient nulle offense dans le fait d'être profondément humain. C'est ce qui touche dans leurs écrits, il n'y a ni le masque du renoncement, ni la crainte du domaine sensoriel, ni l'hypocrisie religieuse. Ils fluent dans une mobilité non conditionnée et rejoignent en cela l'idéal taoïste. Ils vivent sans contrainte et rien ne peut interrompre leur fluidité. Ils ont abandonné l'idée même du Bouddha et du bouddhisme tant leur compréhension est vaste.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 31-33
  • La religiosité conventionnelle comme obstacle

    Le zen peut parfois paraître franchement et ouvertement irréligieux. Et il l'est, dans la mesure où il attaque directement le formalisme et le mythe, et où il considère la religiosité conventionnelle comme un obstacle à la maturité du développement spirituel.

    Couverture de Zen, tao et nirvâna
    page(s) 56
  • Ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur

    Il convient de garder une saine distance, un doute positif, à l'égard des enseignements que nous recevons, quelle que soit l'autorité en la matière, la personne qui incarne le maître, y compris le Bouddha, jusqu'à ce que la validité de l'enseignement nous soit clairement confirmée par l'investigation, l'analyse et l'expérience. […] Il n'y a ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur.

    Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine
    page(s) 19-20
  • Vérité du bouddhisme ancien

    À y regarder de près, la question de la vérité du bouddhisme ancien est profondément occidentale. En Orient, ce qui importe est que le bouddhisme soit vivant et dise la vérité, de telle manière que cette vérité puisse être éprouvée à neuf dans l'étude des textes et par diverses pratiques. Chaque pays, chaque peuple, a ainsi établi sa propre manière de comprendre et de vivre l'enseignement du Bouddha. Impossible, dans ces conditions, de juger que l'un de ses visages est plus vrai qu'un autre.[…]

    [L]a thèse actuelle [selon laquelle] le bouddhisme ancien serait libre des rites et des symboles que des traditions plus tardives ont cultivées est un préjugé de l'esprit antireligieux moderne qui projette sur l'Orient des débats issus du christianisme et de la Réforme.

    L'enseignement du Bouddha repose sur une expérience qu'il manifeste dans son être, sa posture, son comportement et son enseignement : celle d'un contentement où nous sommes libres de l'enchaînement des préoccupations habituelles qui se nourrissent du jeu discursif de l'espoir et de la peur.

    Couverture de 50 fiches pour comprendre le bouddhisme
    page(s) 20
  • Vérité du bouddhisme ancien

    À y regarder de près, la question de la vérité du bouddhisme ancien est profondément occidentale. En Orient, ce qui importe est que le bouddhisme soit vivant et dise la vérité, de telle manière que cette vérité puisse être éprouvée à neuf dans l'étude des textes et par diverses pratiques. Chaque pays, chaque peuple, a ainsi établi sa propre manière de comprendre et de vivre l'enseignement du Bouddha. Impossible, dans ces conditions, de juger que l'un de ses visages est plus vrai qu'un autre.[…]

    [L]a thèse actuelle [selon laquelle] le bouddhisme ancien serait libre des rites et des symboles que des traditions plus tardives ont cultivées est un préjugé de l'esprit antireligieux moderne qui projette sur l'Orient des débats issus du christianisme et de la Réforme.

    L'enseignement du Bouddha repose sur une expérience qu'il manifeste dans son être, sa posture, son comportement et son enseignement : celle d'un contentement où nous sommes libres de l'enchaînement des préoccupations habituelles qui se nourrissent du jeu discursif de l'espoir et de la peur.

    Couverture de 50 fiches pour comprendre le bouddhisme
    page(s) 20
  • Le drame de la culture religieuse

    Il n'y a aucun pouvoir d'éveil spécifique dans les formes culturelles qui se dissocient de la sagesse et de l'efficacité qui leur ont donné naissance. Elles se transforment elles-mêmes en illusions pour s'incorporer au drame de la culture religieuse.

    Couverture de Bouddha rebelle
    page(s) 18
  • Le Bouddha, un être humain qui enseigna la nature humaine

    Toutes [les] qualités [du Bouddha] étaient des qualités éminemment humaines qu'il avaient amenées à la perfection. Tout ce qu'il a accompli est donc à la portée de chaque être humain pratiquant comme il le fit.

    Le Bouddha n'enseigna aucune religion ou philosophie, aucun système de croyance. Il nommait son enseignement dharma, c'est-à-dire « loi », la loi de la nature.

    Couverture de L’art de vivre
    page(s) 30
  • Le sens de la vie réside dans l’être et non dans l’avoir

    Si on prend la peine de dépasser les apparences pour découvrir ce dont elles sont l'expression, les similitudes entre les enseignements judaïque, védantique, bouddhique, islamique, taoïste et chrétien se révèlent de plus en plus frappantes. Chaque religion a eu ses abus, ses réformateurs, ses fidèles ignorants et superstitieux, ses maîtres, ses saints, ses sages. Au-delà des différences théologiques irréconciliables, un certain nombre de principes fondamentaux ont été reconnus partout et en tout temps. […]

    Toutes ces traditions, tous ces enseignements, toutes ces cultures étaient inspirés par une même vérité, immense de conséquences mais toute simple et qui exprime en une phrase des milliers de textes, des millénaires de civilisation, des coutumes et des codes de lois, des œuvres d'art immortelles, des sciences traditionnelles. Cette vérité, cette petite phrase, la voici : « Le sens de la vie réside dans l’être et non dans l’avoir ».

    Couverture de Les chemins de la sagesse
    page(s) 17-18
  • Fin d’un cycle

    Si nous examinons les caractéristiques du siècle écoulé, nous pouvons rapidement énumérer :

    • La perfection rationnelle et technique des massacres organisés et les progrès supplémentaires existants en cette matière, qui pèsent sur l'avenir.

    • L'organisation de l'élimination des juifs par le nazisme et des opposants politiques par le marxisme : des productions représentatives de l'Occident moderne.

    • L'idéologie matérialiste dominante, de fait dans la société de consommation, de droit dans le scientisme, qui demeure le prêt-à-porter intellectuel majoritaire.

    • L'effacement progressif des religions instituées, accompagné de la dissolution des cadres familiaux et sociaux et de la morale privée ou publique.

    Ces signes correspondent à ceux décrits en Orient comme symptomatiques de la fin d’un cycle, et en Occident chrétien comme ceux des « derniers temps » évangéliques.

    Couverture de Itinéraire d’un bouddhiste occidental
    page(s) 18-19
  • Des méthodes universelles

    Les méthodes que [le Bouddha et ses disciples] ont utilisées comme les fruits de leurs investigations sont universelles, et n'ont rien à voir avec les idéologies, les religiosités, les systèmes de croyance et autres -ismes. Ces découvertes sont plus proches de concepts médicaux et scientifiques, qui peuvent être examinés par n'importe qui n'importe où, et éprouvés indépendamment, pour soi-même, comme l'a suggéré dès le départ le Bouddha à ses adeptes.

    Couverture de L’éveil des sens
    page(s) 28
  • La parole de Chögyam Trungpa

    [L]a parole de Chögyam Trungpa […] détruit toutes nos idées reçues sur ce qu'est le spirituel.

    Elle détruit l'idée que le sacré constituerait un ordre supérieur au profane : la sainteté se déploie partout, même dans les actes les plus quotidiens et les plus simples.

    Elle détruit notre souci de distinguer le spirituel, l'art et la politique : on ne peut gagner l'un sans les deux autres.

    Elle détruit l'idée que le fait d'appartenir à une religion puisse nous donner un sentiment de supériorité, attitude qui relève du matérialisme spirituel et trahit l'emprise de l'ego.

    Elle détruit la mièvrerie spirituelle faite de bons sentiments et de conseils naïfs : elle nous invite à penser plus rigoureusement, à pratiquer plus intensément, à nous ouvrir pour de bon.

    Elle détruit toute forme de moralisme : le bouddhisme invite à sauter dans le feu du ciel, nullement à nous infantiliser en nous disant ce que nous devrions faire.

    Elle détruit enfin la croyance qu'une discipline spirituelle comme la méditation vise à nous donner une sécurité : elle apprend au contraire à habiter joyeusement l'incertitude, à demeurer dans la brèche de l'inhabituel. Là réside la sainteté.

    Couverture de Chögyam Trungpa
    page(s) 14
  • Une science de l’esprit

    [J]'aimerais souligner un point que le dalaï-lama ne cesse de répéter : « Les enseignements bouddhistes ne sont pas une religion, ils sont une science de l’esprit. » Cela ne remet pas en cause le fait que, pour beaucoup de gens à travers le monde, le bouddhisme en soit arrivé à remplir également une fonction religieuse. Comme la plupart des religions, il propose à ses adeptes une riche tradition de pratiques dévotionnelles, de rituels collectifs et de récits sacrés. Mais ce n'est ni l'origine du bouddhisme ni son essence. Le Bouddha était un être humain, pas un dieu, et il a offert à ses disciples des enseignements et des pratiques fondés sur l'expérience, une façon révolutionnaire de comprendre la souffrance et de s'en libérer.

    Couverture de Bouddha mode d’emploi
    page(s) 28-29
  • Faire l'épreuve de chaque moment de sa vie

    Si je devais présenter le bouddhisme en une seule phrase, je dirais qu'il consiste à faire l'épreuve de chaque moment de sa vie de la manière la plus pleine. […]

    Il nous invite à être toujours plus précis et soucieux de ce que nous vivons, de nos pensées, de nos émotions et de nos actions. En ce sens, le bouddhisme n'est guère religieux. Il ne procède pas d'un acte de foi ou de l'acquisition de connaissances doctrinaires. Dieu est même absent de cette tradition.

    Couverture de ABC du bouddhisme
    page(s) 15
  • Enfermés dans notre ego

    Nous nous sommes enfermés dans notre ego limité, dans nos constructions mentales. Nous avons perdu le contact avec la source de notre vie, avec ce qui existe avant notre naissance, avec ce qui existe avant que nous séparions « soi-même » et les autres. Toutes les religions tentent de nous ramener à cette réalité. La plupart du temps, cela se passe à travers de nouvelles constructions mentales qui s'ajoutent à nos constructions égoïstes et donc, cela crée encore plus de sujets de conflits et d'oppositions.

    Couverture de Le champ de la vacuité
    page(s) 9
  • Ne plus chercher

    Si […] vous renier [l']approche [religieuse traditionnelle] parce que vous comprenez qu'elle manque de maturité, et qu'elle est stupide, si vous la rejetez en y appliquant une intelligence profonde, parce que vous êtes libres et que vous n'avez pas peur, vous susciterez un grand trouble en vous-mêmes et autour de vous, mais vous aurez échappé au piège de la respectabilité. Alors vous vous apercevrez que vous cessez d'être dans un état de recherche. Et c'est bien cela qu'il faut commencer par apprendre : ne plus chercher. En somme, chercher la vérité c'est passer de la vitrine d'une boutique à une autre.

    La question de savoir s'il existe un Dieu, une Vérité, une Réalité (selon le nom que l'on veut lui donner) ne peut jamais trouver de réponse dans des livres, chez des prêtres, des philosophes, ou des Sauveurs. Personne ni rien ne peut répondre à cette question si ce n'est vous-mêmes, et c'est pour cela que la connaissance de soi est nécessaire.

    Couverture de Se libérer du connu
    page(s) 19
  • Une réalité ne dépendant d'aucun discours

    [L]e véritable contenu de l'enseignement bouddhique concerne une réalité avant tout intérieure, sans forme, et ne dépendant d'aucun discours. […]

    Si le bouddhisme, maintenant dans son troisième millénaire, est resté vivant, cela est dû, d'une part au fait que son enseignement concerne une nature humaine inchangée, d'autre part que celui-ci est avant tout d'ordre incitatif, et ne constitue pas à proprement parler une révélation. Ce que celui-ci désigne, c'est à chacun de le découvrir par lui-même.

    Couverture de Le sourire du Bouddha
    page(s) 10
  • La véritable exigence qui nous échoit

    Le danger de la moralité, tout particulièrement dans sa présentation religieuse, est qu'elle risque de nous infantiliser et de nous détourner de la véritable exigence qui nous échoit. En effet, aucun principe ne peut suffire à guider pleinement une vie d'homme qui impose d'inventer, selon chaque situation, l'action juste. [Fabrice Midal]

    Couverture de Pour chaque moment de la vie
    page(s) 45-46