Extraits étiquetés avec : transmission

  • Importance de la transmission

    Dans le christianisme comme dans le bouddhisme ou le soufisme, le but de la méditation est de parvenir à la pureté du cœur et de l'esprit qui font de tout homme le réceptacle ou le miroir sans tache de la pure lumière.

    L'accueil de cette lumière, rayonnement et présence de l'Être incréé, introduit l'homme dans un état de paix ne dépendant pas des circonstances (santé, humeurs, environnement, etc.), c'est-à-dire un état de paix non psychique, mais spirituel, ontologique. C'est l'expérience de cette Réalité que les chrétiens appellent hésychia, qui donnera naissance à l'hésychasme. […]

    Cette expérience est le fruit d'une transmission orale, de cœur à cœur, d'être à être, d'où l'importance dans le christianisme, comme dans le bouddhisme et le soufisme, de l'appartenance à une authentique lignée qui nous transmet sans corruption la juste praxis ou pratique, et l'authentique gnosis ou contemplation.

    Couverture de La montagne dans l’océan
    page(s) 21
  • Notre corps, objet de transmission

    Chaque fois que nous prenons un bain ou une douche nous pouvons regarder notre corps et voir qu'il est un cadeau de nos parents et de leurs parents. Même si nous sommes nombreux à ne pas vouloir avoir affaire à nos parents – peut-être nous ont-ils trop blessés –, si nous regardons profondément, nous verrons que nous ne pouvons pas faire comme si nous n'avions aucun lien avec eux.

    En lavant chaque partie de notre corps, nous pouvons nous demander : « À qui ce corps appartient-il ? Qui m'a transmis ce corps  ? Qu'est-ce qui a été transmis ? » En méditant ainsi, nous découvrons qu'il y a trois composantes : le transmetteur, ce qui est transmis et celui qui reçoit la transmission. Le transmetteur est nos parents. Nous sommes la continuation de nos parents et de nos ancêtres. L'objet de la transmission est notre corps lui-même. Et celui qui reçoit la transmission, c'est nous.

    En continuant à méditer ainsi, nous verrons clairement que le transmetteur, l'objet transmis et celui qui reçoit la transmission ne font qu'un. Ces trois aspects sont présents dans notre corps. Lorsque nous sommes profondément en contact avec le moment présent, nous pouvons voir tous nos ancêtres et toutes les générations futures en nous.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 86
  • Transmettre l’invisible

    Rejoindre le moment de bifurcation où la vie s'invente de neuf.

    Il faut répéter sans se lasser que ce qui existe sur terre n'est qu'une ombre du possible, une option entre mille autres. Nous avons été invités à jouer au jeu des dieux, à créer du frémissement, de l'ample, du vibrant – et non à visser l'écrou de la coercition sociale et des soi-disant impératifs économiques.

    Notre inertie rende probable que le probable ait lieu – mais il n'est pas pour autant improbable que ce soit l'improbable qui surgisse.

    Ce qu'il y a de toute urgence à transmettre est invisible.

    Couverture de N’oublie pas les chevaux écumants du passé
    page(s) 29
  • Le conformisme versus la transmission

    Le conformisme pousse à désirer des choses qui ne sont le moins du monde désirables, à se laisser étriper, dévaliser pour la possession de biens qui se délitent dès que nous les possédons. Le conformisme nous pousse à faire la sourde oreille aux vraies aspirations de justice, de justesse, d'audace, de solidarité et d'inventivité ; il mène à une torpeur mortelle.

    La transmission, elle, consiste dans la révélation de la force de l'esprit : l'homme est en mesure de penser ce qui n'est pas.

    Couverture de N’oublie pas les chevaux écumants du passé
    page(s) 24
  • Le maître, simple gardien de la tradition

    Le maître bouddhiste nous met […] en rapport à ce qui fonde.

    Mais quel est, pour lui, la fondation sur laquelle il s'appuie ?

    L'unité des trois joyaux : le Bouddha comme exemple et auteur d'un chemin, son enseignement et la communauté des pratiquants qui permettent de le vivre dans l'enracinement d'une lignée.

    Cette fondation établit la possibilité même d'une parole et d'une transmission. Dès lors, enseigner ne consiste pas à inventer ou trouver des idées ou des méthodes nouvelles mais à être fidèle à la fondation. L'autorité du maître ne vient donc pas de lui, elle ne lui appartient pas. Il en est le simple gardien. Son autorité n'est pas son bon vouloir, mais son obéissance à ce qui s'appelle à lui. Il n'est qu'un anneau d'une chaîne qui vient du passé et va vers l'avenir. Il ne s'exprime pas, il transmet – ce qui n'implique nullement, au contraire même, qu'il ne soit pas ainsi proprement lui-même.

    Ce rapport à la fondation, il est possible de l'appeler « tradition ».

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 14
  • Double dimension passive/active de l’expérience religieuse

    L’expérience religieuse surgit dans un pas de côté, lorsqu'on reconnaît l'insuffisance d'être à soi-même son propre fondement. On s'ouvre alors à la parole d'un autre. Toute dynamique de transmission possède une double dimension. La première est passive : j'accueille ce qui a été dit comme un message. Mais à elle seule cette passivité ne suffit pas puisque ce message m'est personnellement adressé. La transmission implique et me commande de devenir un acteur réellement engagé dans cette expérience. Ce double mouvement, apparemment contradictoire, constitue l'essence même de toute expérience religieuse.

    La passivité n'est pas une démission. Je ne laisse pas quelque chose ou quelqu'un opérer à ma place, corps et esprit désertés. En réalité, je ne peux être que le seul acteur de ma vie. La passivité est plutôt de l'ordre de la disponibilité intérieure. Elle se marie avec l'activité qui est mobilisation entière de soi. Sans la dimension active de l'appropriation, la transmission ne serait qu'ânonnement et répétition servile. L'expérience religieuse est un défi lancé à soi-même. Car il ne s'agit pas de répéter, mais bien de vivre. Une transmission qui ne saurait nous émouvoir, nous bouleverser et nous embellir n'aurait guère de sens.

    Couverture de Le bouddhisme n’existe pas
    page(s) 43-44
  • Un nouveau véhicule

    Avec l'Occident, le bouddhisme découvre une autre façon de se penser. Une nouvelle voie du milieu émerge qui renvoie dos à dos le nomadisme spirituel et l'orthodoxie la plus traditionnelle. Ces attitudes conduisent aujourd'hui toute transmission religieuse dans une impasse. La première, tout entière portée vers le pôle du Sujet, ne permet plus à une tradition de s'incarner en un individu. Le bouddhisme se voit ainsi diffracté en une multitude de reconfigurations personnelles – à chacun son bouddhisme. La seconde, portée à l'inverse vers le pôle de la Loi, tend à l'exclusivisme. Cette nouvelle voie du milieu tâtonne et cherche encore ses repères. Le bouddhisme qui se construit sous nos yeux est bien un « nouveau véhicule », un navayāna, et non pas la simple adaptation/traduction de traditions asiatiques.

    Couverture de Le bouddhisme n’existe pas
    page(s) 39
  • Transmission de la sagesse

    Né au Tibet en 1939, Chögyam Trungpa est élevé dans une perspective Traditionnelle, c'est-à-dire un monde où la sagesse n'est pas une invention personnelle dépendant de notre seule subjectivité, mais un trésor reçu par une transmission fondée sur une autorité – en tant qu'instance sacrée de la légitimité. [Fabrice Midal]

    Couverture de Pour chaque moment de la vie
    page(s) 9-10