Bouddhisme et psychanalyse

Payot, 1996 , traduit en 2005
12 cm x 19 cm, 100 pages


Couverture de Bouddhisme et psychanalyse

Quatrième de couverture

Comme la psychanalyse, le bouddhisme parle de la souffrance, de ses causes, et du moyen de la faire cesser. L’une et l’autre affirment aussi qu’il est possible de changer et de se transformer : nous ne sommes pas voués à reproduire les comportements qui nous entravent ; nous pouvons comprendre ce qui nous arrive.

Nina Coltart montre ici comment la pratique conjointe de la psychanalyse et du bouddhisme peut être harmonieuse, riche d’enseignement, et en quoi ces deux approches se renforcent mutuellement.

Traduit de l’anglais par Corinne Marotte. Postface de Fabrice Midal.

L’auteur

Psychanalyste et bouddhiste, membre de la British Psycho-Analytical Society, Nina Coltart (1917-1997) a longtemps dirigé la London Clinic of Psychoanalysis. Unanimement respectée par ses pairs et ses innombrables patients pour son écoute, son indépendance d’esprit, son intégrité intellectuelle et sa limpidité d’expression.

Extraits de l'ouvrage

• Avoir déjà un sentiment fort et stable de soi

Pour qu'un Occidental progresse sainement sur la voie spirituelle qui le conduira à la transcendance de soi et à la perte de la « forteresse du moi », il faut […] qu'il ait déjà un sentiment fort et stable de son identité personnelle, quand bien même celui-ci serait négatif. Si ce sentiment est absent, il peut s'avérer nécessaire de commencer par réparer et stabiliser le moi. […]

Pour peu qu'une personne n'ait pas développé la capacité de nouer au moins quelques relations personnelles fortes et saines, qu'elle ignore ou soit incapable d'exprimer ses sentiments, ou qu'elle soit envahie par l'angoisse, il lui faudra d'abord entreprendre une psychothérapie avant de se tourner vers la méditation.

page(s) 17-18
• Inflation spirituelle névrotique

[L]a psychothérapie ne vise pas la « transcendance de soi » et il y a danger à se trouver devant une regrettable confusion de concepts quand, par exemple, le détachement mène à une forme d'inflation spirituelle névrotique, ou lorsqu'une certaine profondeur de la conscience débouche sur l'idée fausse et grossièrement omnipotente que l'on approche de l'éveil, voire que l'on « y » est.

page(s) 19-20
• Imperfection, insatisfaction

Bien qu'elle soit généralement traduite par « souffrance », la dukkha est un mot très complexe qui se réfère également à la maladie, à l'inconfort, à l'angoisse, à la déception, à l'attente : en fait, toutes les nuances et variations des états psychiques et physiques imparfaits et insatisfaits.

page(s) 22
• Plaisanterie cosmique

[L]'une des meilleures plaisanteries cosmiques qui court par rapport au travail thérapeutique […] : « Il est indispensable de connaître et de comprendre la force du moi avant de pouvoir se rendre compte que le moi n'existe pas. »

page(s) 23
• Les Cinq préceptes

[Les Cinq préceptes] ne sont pas formulés sous la forme d'une interdiction (par exemple « Tu ne tueras point »), mais énoncent une intention : « Je m'efforcerai de ne pas détruire la vie, de ne pas voler, de ne pas mentir, de ne pas adopter un mauvais comportement sexuel et de ne pas absorber de substances susceptibles d'altérer l'état de conscience ».

page(s) 25
• Concentration

[L]a pratique formelle de la méditation assise avec concentration sur l'objet de la méditation est importante au quotidien. Dans la tradition Theravāda, cet objet est soit le souffle (dans la méditation śamatha), soit le flux de l'apparition et de la disparition des pensées et des sensations, ou observation de soi (dans le vipassanā).

page(s) 29
• Écoute flottante & méditation

Plus on se contente d'être là et moins on pense pendant une séance [de psychanalyse], plus on est ouvert et prêt à faire confiance à l'intuition qui surgit des zones les moins rationnelles et les moins cognitives du moi ; plus on est ouvert aussi à une appréhension complète et directe du patient et de ce qui se joue.

page(s) 29-30