C.G. Jung et la sagesse tibétaine

Le Relié, 1986 , traduit en 2001
13 cm x 21 cm, 170 pages


Couverture de C.G. Jung et la sagesse tibétaine

Quatrième de couverture

Cette remarquable étude établit un parallèle entre le bouddhisme tantrique tibétain et la psychologie jungienne, en analysant leurs similitudes et leurs différences. Cette forme particulière de bouddhisme paraît en effet être la plus étroitement liée avec les questions et les problèmes qui ont préoccupé Jung tout au long de sa vie, à commencer par le processus concernant l'expansion de la conscience et la transformation spirituelle. Jung décrit ceux-ci comme « la formidable expérience de devenir conscient que la nature a impartie à l'espèce humaine et qui unit en une tâche commune les cultures les plus diverses ».

L’auteur

Radmila Moacanin est une psychothérapeute exerçant à Los Angeles.

Extraits de l'ouvrage

• Ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur

Il convient de garder une saine distance, un doute positif, à l'égard des enseignements que nous recevons, quelle que soit l'autorité en la matière, la personne qui incarne le maître, y compris le Bouddha, jusqu'à ce que la validité de l'enseignement nous soit clairement confirmée par l'investigation, l'analyse et l'expérience. […] Il n'y a ni vérité révélée, ni écriture sainte, ni dogme, ni sauveur.

page(s) 19-20
• Importance prépondérante accordée à l’expérience de chacun

[Selon] un lama tibétain contemporain : « Une caractéristique majeure de tous les enseignements du Bouddha : ils sont conçus pour s'adapter aux besoins et aux aptitudes de chaque individu. Ayant tous des intérêts, des problèmes et des modes de vie différents, aucune méthode d'enseignement ne saurait convenir à tout un chacun. […] Ainsi, en réponse à la même question, suivant le contexte, à certains moments, il est nécessaire de répondre "oui" ; à d'autres plus approprié de répondre "non". »

En cela justement réside la force du bouddhisme, et notamment la souplesse de ses méthodes et de sa pratique, l'importance prépondérante accordée à l’expérience de chaque individu, et le fait de ne pas se limiter à une connaissance intellectuelle et philosophique ou à une foi aveugle.

page(s) 22
• Mettre au jour notre véritable nature

Trouver sa véritable nature, son vrai soi, se réaliser, c'est concevoir que la nature de Bouddha est, en soi, intrinsèque. Ainsi a-t-on pu dire que « [le Hīnayāna] insiste sur l'humanité du Bouddha et le Mahāyāna sur la nature bouddhique de l'humanité. »

page(s) 23
• Dans la vie mondaine, nous tournons en rond

Avant de s'engager sur la voie, les individus, dans chacune de leurs actions, ne sont motivés que par des désirs égocentriques d'acquérir bien-être, pouvoir, réputation, etc., c'est-à-dire d'avoir du plaisir et d'échapper à la souffrance. Mais ils se rendent rarement compte que la ruée pour le bien-être, le pouvoir et tout autre désir mondain ne leur donnera jamais satisfaction. Cette poursuite éperdue est ce que les bouddhistes nomment la condition du saṃsāra – terme sanskrit signifiant « décrire un cercle ».

Le perpetuum mobile de la vie mondaine nous voit passer d'une situation à une autre, d'une humeur à une autre, désirer un objet, l'acquérir et en jouir, passer de la saturation au rejet, puis à la frustration pour nous retrouver au point de départ, boucler la boucle, et suivre toujours le même processus encore et encore.

page(s) 26-27
• Quelles graines plantons-nous ?

Notre plus grand ennemi est notre égoïsme, ou, comme disent les bouddhistes, notre crispation de l'ego, notre suffisance, notre amour-propre. Toutes nos souffrances viennent de là. Les trois poisons de l'esprit, cupidité, haine et ignorance, polluent nos pensées et nos actes et nous apportent confusion, fatigue et souffrance. Analysons nos propres expériences, et nous découvrirons qu'à travers nos actions, conscientes ou inconscientes, motivées par des pensées positives ou négatives, nous plantons des graines qui, à l'avenir, porteront des fruits.

page(s) 28
• Trouver son véritable Soi

Qu'il s'agisse de relations interpersonnelles ou bien sociales ou internationales, tous les conflits naissent d'attitudes égocentriques, de souci d'auto-satisfaction.

[Les] actions [vertueuses], libres de tout motif égocentrique, donnent de l'énergie à la personne qui les accomplit, et c'est, paradoxalement, en oublient son ego dans une activité désintéressée que l'on trouve son véritable Soi.

page(s) 31
• Le but illuminé

Le but illuminé nous engage tout d'abord à nous sentir concerné par les souffrances des autres, et ensuite, dans un second stade, à vouloir intensément atteindre l'illumination pour le bien des autres, c'est-à-dire pour les guider vers la libération.

page(s) 31-32