Enseignements d’un maître zen

Au fil du présent éternel
Le Rocher, 2005
13 cm x 20 cm, 250 pages


Couverture de Enseignements d’un maître zen

Quatrième de couverture

Fondateur de la communauté bouddhiste Soto zen espagnole et du Temple de la lumière sereine, Maître Dokushô a le don d'exposer le Dharma zen dans un langage compréhensible par sa simplicité et adapté à la mentalité européenne.

L’auteur

Le maître zen Francisco Dokushô Villalba (né à Utrera, province de Séville, en 1956) a reçu l'ordination de moine bouddhiste zen à Paris, en 1978, des mains du Très Vénérable Maître Taisen Deshimaru Roshi, sous la direction duquel il a étudié le zen, jusqu'à la mort de celui-ci.

À partir de 1984, il a continué à étudier sous la direction du Très Vénérable Maître Shuyu Narita Roshi, supérieur du temple Todenji, dans la province d'Akita, au nord du Japon.

En 1987, il reçoit de son Maître la transmission du Dharma devenant ainsi le premier Maître Soto zen espagnol de l'histoire. Après plusieurs années de pratique et d'étude dans les principaux monastères japonais, les dirigeants du Soto zen japonais le reconnaissent comme Kaigai Kyoshi ou Maître de Dharma.

Il dirige depuis dix ans la collection Textes de la tradition zen. Il réside actuellement au Temple de la lumière sereine, a un groupe de pratiquants, en suivant un mode de vie inspiré de l'esprit du zen.

Extraits de l'ouvrage

• Comme au bord d’une rivière

Quand nous demeurons dans un état d'observation équanime, nous sommes comme un observateur assis au bord d’une rivière et qui la regarde couler. La rivière coule, parfois rapide, parfois lente, parfois tumultueuse, parfois paisible. Si nous abandonnons l'observation équanime, nous finirons par nous identifier à l'un ou l'autre contenu mental. C'est comme si nous étions tombés dans la rivière et que le courant nous emporte.

page(s) 17-18
• Le paysage de l’attitude juste

L’attitude juste de l'esprit pendant zazen est décrite par Dōgen Zenji par le mot japonais sansui. Sui signifie « rivière, eau qui coule ». San, c'est « la montagne ». La montagne demeure immobile et calme. Le paysage se présente comme cela : une majestueuse montagne demeure calme et immobile pendant qu'un torrent coule sur ses flancs, en faisant des courbes et de sinueux méandres. C'est cela, le paysage de l’attitude juste de l'esprit pendant zazen.

page(s) 19
• La nature de l’esprit : l’écoulement

Quand l'eau stagne, elle pourrit, sent mauvais et peut causer des maladies. De même, lorsque l’esprit stagne, l'obsession, la fixation et l'aveuglement apparaissent. Tout cela crée des désordres et, pour finir, de la douleur. La nature de l'eau est de couler. La rivière coule. L'esprit aussi s’écoule naturellement, quand nous ne créons pas d'obstacles. Des contenus mentaux, des pensées, des souvenirs, des sensations apparaissent continuellement, comme des remous sur l'eau de la rivière, puis disparaissent rapidement dans le courant de l'esprit. N'essayez pas d'arrêter, de fixer ou de faire stagner le mouvement de l'esprit. Ce mouvement est la source de la créativité. Il nous est nécessaire pour créer notre vie quotidienne, jour après jour.

page(s) 20-21
• Oublier le moi pour découvrir le moi véritable

Nous pouvons dire avec certitude que, tant que persiste l'idée d'un moi faisant quelque chose, cela n'est pas zazen. […]

Pour découvrir notre moi véritable, nous devons complètement oublier le moi que nous croyons être ou que nous avons cru que nous étions.

page(s) 29
• Action pure

Dans le zen, on dit mushotoku : ne pratique pas en espérant en tirer un bénéfice. N'agis pas en courant après un bénéfice, quel qu'il soit. L'action libre est une action pure par laquelle on ne cherche à obtenir aucun bien-être. On trouve le plaisir et la satisfaction dans l'action elle-même et non dans l'attente des résultats.

page(s) 33
• Où est le dharma ?

En quoi consiste la pratique du dharma ? Le dharma, c'est la vie de chaque jour. Le dharma, c'est le regard de Bouddha sur les actes les plus ordinaires de la vie quotidienne, comme d'aller aux toilettes, d'utiliser le papier hygiénique, de nettoyer, de laver la vaisselle, de se lever, de s'asseoir, de manger, de se reposer, de faire la conversation, de travailler.

Nous, les êtres humains, nous nous faisons beaucoup d'idées à propos de tout et de rien. Par exemple à propos du dharma. En tous cas, le dharma n'est pas dans les idées que nous nous faisons sur le dharma.

page(s) 38-39
• Prendre conscience de nos limites

La douleur a ceci de très positif qu'elle nous fait prendre conscience de nos limites. Si nous voulons faire l'expérience de l'illimité en nous, nous devons, d'abord, prendre conscience de nos limites. […]

La prise de conscience de nos limites produit un dégonflement de la conscience narcissique, infantile, qui nous fait croire que nous sommes tout-puissants.

page(s) 45