Enseignements secrets

Seuil, 2004 , traduit en 2006
11 cm x 18 cm, 250 pages


Couverture de Enseignements secrets

Quatrième de couverture

Ces nouveaux enseignements de Chögyam Trungpa ont longtemps été réservés à ses disciples proches, d’où l’appellation d’enseignements secrets. En effet, Trungpa trouvait vain l'appétit de consommation d'enseignements ésotériques qui, hors de tout contexte, perdent leur sens véritable. Ses héritiers ont jugé utile de les donner à lire, à une époque où, malgré la confusion qui règne dans ce domaine, de plus en plus d’hommes et de femmes sont à la recherche de textes et de démarches authentiques.

Ces textes ultimes et originaux ne sont pas une nouvelle introduction au bouddhisme ; ils montrent le souci constant chez Trungpa de susciter le pouvoir d’aller au-delà du sens conventionnel du bouddhisme, de libérer la spiritualité de ses concepts parfois étroits et vagues, car « en essayant de récolter quelque douceur et des paroles de sagesse ici et là, nous devenons complètement ignorants et stupides ». Un ouvrage d'une rare puissance.

Extraits de l'ouvrage

• Le présent tel qu’il est

Le bouddhisme a […] la caractéristique, peut-être unique, de ne pas en appeler à une transcendance quelconque, mais d'ouvrir la dimension du présent tel qu'il est. [préface de Fabrice Midal]

page(s) 15
• Reconnaître notre propre confusion

Sans avoir l'honnêteté de reconnaître notre propre confusion, dans notre expérience la plus ordinaire, aucune possibilité d'ouverture réelle n'est possible. La spiritualité n'est pas une entreprise de fuite en avant, mais une manière de s'ancrer toujours plus radicalement au cœur de notre vie. [préface de Fabrice Midal]

page(s) 15
• La méditation coupe à la racine toute volonté d’accomplissement

Le problème majeur de toute démarche spirituelle est de chercher à atteindre un but – recherche qui entraîne automatiquement une lutte contre la situation présente que nous cherchons à dépasser. Le chemin authentique repose sur un processus d'abandon et de dépouillement entier, impitoyable. La méditation – où il s'agit d'être sans aucun projet – nous libère en coupant à la racine toute volonté d’accomplissement. [préface de Fabrice Midal]

page(s) 16-17
• Faites le voyage vous-même

[En réponse à une question qui demande « Pouvez-vous nous en dire en peu plus ? »] Je pense que si j'en avais trop dit, cela n'aurait probablement servi à rien. Nous devons le découvrir. Les choses ne sont pas très faciles. On ne peut pas apprendre par cœur le mode d'emploi pour être paré à tout et le traiter de façon adéquate. Il y a des guides, certes, mais ce ne sont pas vraiment des modes d'emploi. Les enseignements ne sont pas des modes d'emploi. Il faut en faire l'expérience. Au lieu du livre, c'est la réalité qu'il faut expérimenter. Je pense que moins j'en dirai sur le sujet, mieux cela vaudra. Mon rôle semble être de donner des avertissements et des suggestions successifs, des possibilités, des potentialités – et puis vous y allez, vous faites le voyage vous-même.

page(s) 51
• Au lieu d’être dans le film, voir la bobine

La méditation est vulgairement connue comme le pur développement de la stabilité, de l'ouverture et de l'intuition, le niveau intuitif. Mais si vous vous reliez au principe de la méditation en connexion avec le principe féminin, la pratique de la méditation est aussi considérée comme, et devient, une acquisition de la perception intelligente. La raison en est que, dans la pratique de la méditation, lorsqu'une personne commence à s'asseoir et à méditer, elle ne rentre plus dans le courant des activités, du speed, du business ou quoi que ce soit. On recule d'un pas et on y regarde de plus près : comme si, au lieu d’être dans le film, on voyait la bobine.

La différence est que la méditation nous permet de prendre un peu de recul et d'observer ce qui se passe dans le monde.Vous n'essayez pas particulièrement de cultiver un esprit étudiant, analytique ; mais en même temps, nous apprenons à voir comment marchent les choses, sans approche particulièrement analytique mais purement d'après la perception. Puis nous acquérons de la logique. On commence à avoir de la logique et à comprendre comment marchent les choses, la façon dont ça fonctionne. On devient aussi capable de voir à travers le jeu de ce principe féminin particulier qui existe ; on commence à voir à travers les blagues qui nous ont été faites. Nous pourrions également voir que cela a été pour nous salutaire et destructeur à la fois.

page(s) 56-57
• Être simplement et non avoir

[Q]uand nous sommes éveillés, nous n'avons pas à signaler à chaque instant que nous le sommes. Nous n'avons pas à dire tous les quarts d'heure : « Maintenant je suis éveillé. » Nous sommes juste éveillés pendant toute la journée. Aussi, inconditionnel signifie-t-il ne pas mettre les choses en catégories, être simplement et non avoir.

page(s) 66
• Expérimenter sur le champ

Chögyam Trungpa désarçonne […] son lecteur en ouvrant la possibilité d'une entente non orientée par un sens immédiatement logique, ou tout au moins correspondant à notre conception habituelle de la logique.

Fidèle à l'enseignement ultime de la tradition bouddhique, Chögyam Trungpa tente de susciter chez son lecteur une expérience au-delà de tous ses points de repère habituels. Chögyam Trungpa ne parle pas du principe féminin, mais nous fait résonner la fertilité de l'espace inconditionnel ; il ne présente pas ce qu'est śūnyatā (la vacuité), mais crée une situation où nous l'expérimentons sur le champ. Cette dernière n'est pas pour lui une réalité existant ailleurs que dans le temps où il l'évoque. [préface de Fabrice Midal]

page(s) 9