Il n’y a plus de temps à perdre

La voie du Bodhisattva adaptée à notre époque
Courrier du livre, 2005 , traduit en 2011
15 cm x 24 cm, 370 pages


Couverture de Il n’y a plus de temps à perdre

Quatrième de couverture

Pema Chödrön présente ici un joyau de l'enseignement bouddhique traditionnel, La voie du bodhisattva, un texte écrit au VIII siècle par le grand sage indien Shantideva qui révèle les trois clés de la guérison spirituelle : le courage, la bienveillance et la joie.

Lisez cette œuvre avec confiance et sérénité, et n'oubliez jamais que l'intention immuable de Shantideva est de vous encourager. Il ne remet jamais en doute la force et la bonté primordiales que vous possédez et vous invite à agir avec compassion et lucidité. Le chemin du bodhisattva est ouvert à tous : libre à vous d'en récolter les bienfaits.

Pema Chödrön nous commente ce texte fondateur de façon pragmatique et engagée. Elle nous explique comment appliquer ce profond enseignement aux activités de notre vie quotidienne… sans plus perdre de temps.

Extraits de l'ouvrage

• La bodhicitta

Le mot sanskrit bodhicitta est souvent traduit par « esprit d'éveil » et évoque un intense désir de soulager la souffrance. Au niveau relatif, la bodhicitta se manifeste sous forme d'aspiration. De façon plus précise, c'est une aspiration du fond du cœur à se libérer de la douleur de l'ignorance et des schémas habituels afin d'être capable d'aider les autres à faire de même. Ce désir d'apaiser la souffrance d'autrui est le point essentiel. On commence par ses proches en faisant le souhait d'aider ceux que nous connaissons et aimons, mais l'aspiration sous-jacente est universelle et englobe tout le monde. La bodhicitta est une sorte de « mission impossible » : le désir de mettre fin à la souffrance de tous les êtres, y compris ceux que l'on n'a jamais rencontrés et ceux que l'on déteste.

page(s) 11
• Éradiquer les souffrances du monde

[N]ous sommes capables de nous connecter au meilleur de nous-mêmes et d'aider les autres à faire de même. La bodhicitta est une sagesse humaine fondamentale permettant d'éradiquer les souffrances du monde.

page(s) 19
• Humilité & intelligence

[Shantideva] est simplement assez humble pour connaître ses bocages et assez intelligent pour s'apercevoir qu'il possède les outils pour s'en libérer.

page(s) 21
• Ne pas gaspiller notre chance

Pour le moment, aussi imparfaite que puisse paraître notre vie, nous sommes dans des circonstances excellentes. Nous avons l'intelligence, des maîtres et des enseignements à notre disposition, et un minimum de penchant pour l'étude et la méditation. Cependant, certains d'entre nous mourront avant la fin de l'année ; et dans les cinq ans à venir, d'autres seront malades et souffriront tant qu'ils auront du mal à se concentrer sur les enseignements bouddhiques, sans parler de vivre en accord avec eux.

En outre, nombre d'entre nous se laisseront distraire par des activités mondaines – pendant deux, dix, vingt ans ou durant toute leur vie – et n'auront plus le loisir de se libérer de la rigidité de l'égocentrisme.

Dans l'avenir, il est possible que les circonstances extérieures telles que la guerre ou la violence deviennent si dominantes que nous n'aurons plus le temps pour une introspection honnête. Cela pourrait vraiment arriver. Nous pouvons également tomber dans le piège du confort excessif. Quand la vie semble si agréable, si luxueuse et douillette, il n'y a pas assez de souffrance pour nous éloigner des séductions des plaisirs terrestres. Endormis par l'autosatisfaction, nous devenons indifférents aux maux de nos semblables.

Le Bouddha affirme que la naissance humaine est idéale, dotée du juste équilibre entre le plaisir et la souffrance. Reste à ne pas gaspiller cette chance.

page(s) 22-23
• Humanité partagée

Chaque fois que le malheur nous frappe, regardons autour de nous et prenons conscience de tous les moments difficiles que d'autres endurent également. Lorsque nous nous sentons seuls, déprimés ou en colère, laissons ces humeurs sombres nous relier aux souffrances de nos semblables.

Nous partageons tous la même réactivité, la même cupidité et la même résistance. En faisant le souhait que tous les êtres puissent être libérés de la souffrance, nous nous libérons de notre cocon, et la vie devient plus vaste que le seul « moi ». Que notre existence soit sombre et triste ou joyeuse et exaltante, nous pouvons cultiver un sentiment d'humanité partagée.

page(s) 24-25
• Partager

On cherche en général à partager ce que l'on a compris avec les autres. Toutefois, en s'y employant, on se rend compte encore plus clairement de tout le travail qu'il reste à accomplir sur soi-même. Il arrive un moment où l'on comprend que ce que l'on fait pour soi profite aux autres et ce que l'on fait aux autres nous revient.

page(s) 25
• L’insanité

Le mot sanskrit saṃsāra est remarquablement illustré par la définition d'Albert Einstein de l'insanité : « Continuer sans cesse à faire la même chose en pensant que l'on obtiendra des résultats différents. »

page(s) 26