L’art de vivre

Méditation Vipassana enseignée par S.N. Goenka
Seuil, 1987 , traduit en 1997
11 cm x 18 cm, 250 pages
Couverture de L’art de vivre

Quatrième de couverture

Vipassanā est l’une des plus anciennes techniques de méditation de l’Inde. Il y a 2 500 ans, elle fut redécouverte par le Bouddha Gotama, qui l’enseigna en remède universel aux maux universels. Cette technique fleurit d’abord en Inde, mais s’y dégrada peu à peu, perdit son efficacité, puis disparut de sa terre d’origine. La Birmanie, pays voisin, conserva heureusement la forme originelle de Vipassanā au fil des millénaires. Depuis 1969, elle a été réintroduite en Inde, où elle reprend aujourd’hui profondément racine.

Vipassanā est un terme pāli signifiant « vision pénétrante » : voir les choses telles qu’elles sont. Vipassanā est une méthode pragmatique, applicable par toute personne d’intelligence ordinaire. Son but est de purifier l’esprit, d’éliminer les tensions et la négativité mentale qui nous rendent malheureux. La méditation Vipassanā a été enseignée par Shri Satya Narayan Goenka (1924-2013) et ses assistants. Des stages ont régulièrement lieu dans différentes régions de l’Inde et d’autres pays. Les participants à ces stages viennent de toutes castes, toutes communautés, tous milieux. Pendant dix jours, ils vivent ensemble en harmonie, attentifs à acquérir ce trésor spirituel millénaire de l’Inde.

L’art de vivre est le premier livre décrivant en détail, pour le grand public, la méditation Vipassanā enseignée par S. N. Goenka.

Traduit de l’anglais par Sylvie Carteron.

L’auteur

William Hart a étudié pendant sept ans la méditation Vipassanā auprès de S. N. Goenka, avant de devenir l’un de ses assistants, puis enseignant. Il est également écrivain et traducteur.

Extraits de l'ouvrage

• Connaître la réalité

Sans examiner le monde intérieur, nous ne pourrons jamais connaître la réalité – nous ne connaîtrons que nos propres croyances, ou nos conceptions intellectuelles, concernant la réalité.

page(s) 20
• Pas de compréhension sans pratique

Alors que [les] paroles [du Bouddha] ont été conservées dans des textes dont l'authenticité est reconnue, l'interprétation de ses instructions de méditation est difficile en dehors du contexte d'une pratique vivante.

page(s) 21
• Les surprises du retraitant

L'expérience de dix jours [de retraite silencieuse Vipassanā] sera sans doute source d'un certain nombre de surprises pour le débutant. La première : la méditation n'est pas de tout repos ! […] Les instructions sont de pratiquer en y consacrant tous ses efforts, et cependant sans aucune tension ; mais tant qu'on n'y parvient pas, l'exercice peut devenir frustrant ou même épuisant.

Autre surprise, au commencement, les intuitions intérieures acquises par l'observation de soi ont peu de chance d'être toutes agréables et béatifiques. Notre image de nous-mêmes est généralement très sélective. En nous regardant dans un miroir, nous avons soin de prendre la pose la plus avantageuse, l'expression la plus agréable. De même, chacun possède une image mentale de soi qui fait ressortir des qualités admirables, minimise des défauts et omet totalement certains côtés de son caractère. Nous voyons l'image que nous voulons voir, non la réalité. Mais la méditation Vipassanā est une technique d'observation de la réalité sous tous les angles. Au lieu d'une image de soi soigneusement sélective, le méditant se trouve confronté à la vérité toute nue. Certains aspects seront inévitablement difficiles à accepter. […]

Puis, autre surprise : les difficultés se dissipent. À une certain point, les méditants apprennent à faire des efforts sans effort, à maintenir une vigilance détendue, une concentration détachée. Au lieu de se débattre, ils s'absorbent dans la pratique. […] L'esprit devient calme comme un lac de montagne à l'aube, parfait miroir de son paysage, et révélant en même temps ses profondeurs à qui l'observe de plus près. Quand vient cette clarté, chaque instant est plein d'affirmation, de paix et de beauté.

page(s) 22-23
• Nature insatisfaisante de la vie

À un moment ou un autre, nous ressentons tous de l'insatisfaction dans notre vie – de l'agitation, de l'irritation, de la disharmonie, de la souffrance. […]

Ces insatisfactions personnelles ne restent pas circonscrites à nous-mêmes ; nous partageons sans cesse notre souffrance avec les autres. L'atmosphère entourant chaque personne malheureuse se charge d'agitation, et tous ceux qui entrent dans cet environnement risquent alors de se sentir également malheureux, agités. Les tensions individuelles se combinent ainsi pour créer les tensions de la société.

C'est le problème fondamental de la vie : sa nature insatisfaisante. Des choses que nous ne voulons pas arrivent ; des choses que nous voulons pas n'arrivent pas. Et nous ignorons comment et pourquoi fonctionne ce processus, tout comme chacun est ignorant de son propre commencement et de sa propre fin.

page(s) 29-30
• Le Bouddha, un être humain qui enseigna la nature humaine

Toutes [les] qualités [du Bouddha] étaient des qualités éminemment humaines qu'il avaient amenées à la perfection. Tout ce qu'il a accompli est donc à la portée de chaque être humain pratiquant comme il le fit.

Le Bouddha n'enseigna aucune religion ou philosophie, aucun système de croyance. Il nommait son enseignement dharma, c'est-à-dire « loi », la loi de la nature.

page(s) 30
• Le Bouddha engage à douter et vérifier par soi-même

[Le Bouddha] ne réclamait pas […] pour lui une autorité spéciale à cause de son enseignement – ni à cause de la foi qu'avaient en lui les gens, ni à cause de la logique manifeste de ce qu'il enseignait. Au contraire, il affirmait que douter de ce dont nous n'avons pas connaissance par expérience personnelle et le vérifier est approprié […]

La plus haute autorité est notre propre expérience de la vérité. Rien ne devrait être accepté par simple foi  : nous devons l'examiner pour voir si c'est logique, pratique, bénéfique. Il ne suffit pas non plus, ayant examiné un enseignement par la raison, de l'accepter intellectuellement comme vrai. Si la vérité doit nous être bénéfique, il nous faut en faire l'expérience directe. Alors seulement, pourrons-nous savoir si l'affirmation est réellement vraie.

page(s) 31-32
• Rien n’a été gardé secret dans la main fermée du maître

« L'enseignement que j'ai exposé n'a pas deux versions séparées, une intérieure et une extérieure. Rien n’a été gardé secret dans la main fermée du maître » dit [le Bouddha]. Loin de réserver une doctrine ésotérique à une petite élite, il souhaitait au contraire faire connaître la loi de la nature le plus simplement et le plus largement possible, afin que le maximum de personnes puissent en profiter.

page(s) 32