La grande paix de l’esprit

La Table Ronde, 2007 , traduit en 2008
14 cm x 24 cm, 370 pages
Couverture de La grande paix de l’esprit

Quatrième de couverture

La Grande Paix de l'Esprit retrace le chemin spirituel dans son intégralité, depuis les notions d'éthique qui forment le socle commun à toutes les religions et à tous les hommes épris d'humanisme, jusqu'aux enseignements les plus élevés du Dzogchen, en passant par la philosophie bouddhiste fondamentale qu'est la compassion.

Invité en l'an 2000 à Lérab Ling, dans le Languedoc, le dalaï-lama a livré les principes clés du bouddhisme devant une assistance de dix mille personnes en même temps qu'il commentait, avec une érudition et une clarté remarquables, le texte magistral du maître tibétain du quatorzième siècle, Longchen Rabjam dit Longchenpa  : Trouver le confort et l'aise dans la méditation de la Grande Perfection.

De cette rencontre entre deux maîtres éminents du bouddhisme tibétain, Sogyal Rinpoché a dit : « Nous avons tous été touchés par la profondeur, la pertinence et la limpidité de ces enseignements ; certains ont d'ailleurs affirmé qu'ils étaient parmi les plus remarquables qu'ils aient eu l'occasion d'entendre. Avoir pu recevoir ces enseignements du dalaï-lama fut un événement exceptionnel dans la vie de toutes les personnes présentes. »

Imprégné de l'ambiance chaleureuse de l'événement, ce livre d'une grande fluidité, directement issu de la transmission orale du bouddhisme tibétain, est plein de vitalité. Il offre au lecteur une dimension inédite de l'esprit du dalaï-lama, en même temps qu'il lui propose une vision panoramique de l'enseignement du Bouddha.

Extraits de l'ouvrage

• Les plus déterminant c'est l'esprit

Tel est donc le point principal : de tous les types de plaisirs ou de douleurs que nous, êtres humains, pouvons éprouver, les plus déterminants sont ceux qui viennent de l'esprit. Dans l'ensemble, le progrès matériel, extérieur, allège la souffrance et garantit le plaisir sensoriel. Mais il lui est très difficile d'avoir un véritable effet sur la souffrance ou le bonheur liés à notre activité mentale.

• C'est avec l'esprit que l'on pratique

Les méthodes exposées dans les enseignements bouddhistes ne reposent pas principalement sur des actes externes de la parole, comme la récitation de prières et de mantras, ni sur des actes physiques comme les prosternations. En effet, c'est véritablement au moyen de l'esprit que les enseignements sont mis en pratique. Ceci rend le processus un peu plus difficile. Les écritures disent : « C'est pour cette raison que la tradition du Bouddha est subtile. »

« Pourquoi ? » pourriez-vous demander. Parce qu'il est toujours possible de se conduire extérieurement comme un pratiquant spirituel tout en continuant à nourrir des pensées négatives indignes d'un vrai pratiquant.

page(s) 49
• Notre intelligence explique beaucoup de notre souffrance

Ironiquement, c'est justement notre grande faculté d'intelligence qui explique pour beaucoup notre souffrance. Les animaux vivent dans l'instant et n'éprouvent principalement que le plaisir et la souffrance émanant des conditions sensorielles.

Par contre, nous autres êtres humains pensons toujours à mille concepts, nous avons la mémoire pleine de souvenirs susceptibles de nous perturber, et les peurs et les attentes liées à l'avenir nous hantent et nous angoissent à l'infini. Il suffit d'y réfléchir un instant pour voir à quel point c'est vrai.

Ceci explique pourquoi des gens qui ont « tout ce qu'il faut pour être heureux » et une situation parfaite sont néanmoins dans la confusion, déprimés, voire dépressifs. […]

Il est toutefois possible de renverser la situation. Si l'on parvient à découvrir au sein même de notre esprit un sentiment de bien-être, de contentement et de satisfaction, notre esprit sera en paix même si les conditions extérieures ne sont pas idéales et nous causent un désagrément physique.

page(s) 61-62
• Le matérialisme est sans issue

Si nos habitudes et notre vie entière dépendent uniquement d'objets matériels, nous resterons toujours frustrés, c'est là une conséquence inévitable. Et si nous continuons ainsi aveuglément, sans jamais prendre conscience de ce que nous faisons, peu importe le nombre de biens que nous pourrons accumuler, notre esprit ne sera jamais satisfait.

La conséquence de ce manque de contentement, au niveau de la société entière, ce sont les dégâts considérables que nous avons infligés à notre environnement naturel.

page(s) 64
• La cause de la naissance est aussi celle de la mort

[C]e n'est pas que les phénomènes soient d'abord produits par la cause particulière qui les fait naître, pour être ensuite amenés à se désagréger par la rencontre d'une autre cause qui entraînerait leur destruction. La cause de leur production est elle-même la cause de leur destruction. Lorsqu'une chose naît, elle porte déjà en soi son caractère périssable. Ceci signifie que la cause qui les a produites se transforme  à chaque instant en cause de leur destruction.

page(s) 71
• Passé et futur ne sont que des idées

[N]ous avons accumulé par le passé des expériences qui nous permettent de développer aujourd'hui de nouveaux comportements et de nouvelles façons de faire, de sorte que ce qui s'est produit par le passé trouve son utilité dans nos comportements actuels. Mais, à cet instant même, le passé est seulement une pensée qui traverse notre esprit. Si nous cherchons le passé, il a déjà cessé d'exister. Il n'y a rien que l'on puisse trouver, rien que l'on puisse toucher du doigt.

La même chose vaut pour se qui se produira dans le futur. Nos actions présentes, fondées sur les expériences du passé, auront un impact sur notre avenir. Cet effet sera pour nous soit positif soit négatif. Mais ce qui se produira dans le futur n'est pour le moment qu'une pensée qui se forme dans notre esprit, une pensée concernant ce qui n'est pas encore advenu. Si nous tentons de toucher du doigt quelque « événement » futur, nous trouvons seulement le présent.

Par conséquent, toutes ces multiples choses, ce que nous classons dans la catégorie du « passé » ou du « futur », ne sont en fait que nos idées présentes sur ce qui s'est déjà passé ou pourrait se passer plus tard.

page(s) 72