La pleine conscience en action

Seuil, 2015 , traduit en 2018
14 cm x 22 cm, 260 pages
Couverture de La pleine conscience en action

Quatrième de couverture

Parmi les nombreux livres qui nous expliquent pourquoi, sur quoi et comment méditer, La pleine conscience en action est une pièce maîtresse qui allie simplicité et profondeur, sollicitude et pragmatisme. Ce passionnant traité montre à ceux qui se croient incapables de méditer qu'ils ont en eux un potentiel vaste et inné : « Vous pourriez parfois avoir des difficultés à le voir, mais vous aussi vous êtes parfait – excellent en fait », affirme Trungpa Rinpoché. Par ces mots, il ne cherche pas à dorloter notre ego, mais à nous faire prendre conscience de la présence en chacun de nous de la « nature de bouddha », la nature fondamentale de notre esprit.

Que vous soyez un « rhinocéros » qui préfère méditer seul, ou un « perroquet » qui affectionne la méditation en groupe (selon les termes de l'auteur), vous trouverez dans cet ouvrage les instructions bienveillantes dont vous aurez besoin pour laisser transparaître et rayonner votre qualité fondamentale de bonté, envers vous-même et envers tous les êtres. « Sans la compassion, nous dit Trungpa Rinpoché, la méditation ne peut absolument pas être transférée à l'action. »

Matthieu Ricard

Extraits de l'ouvrage

• Se regarder soi-même scientifiquement

La méditation est l'un des principaux outils dont on dispose pour développer et pratiquer la pleine conscience. C'est une manière de se regarder soi-même scientifiquement, de sorte que l'on peut voir précisément son état psychologique. […] Il s'agit de parvenir à se connaître en examinant son fonctionnement psychologique réel sans avoir honte de lui. On est souvent critique à son propre égard au point de devenir son propre ennemi. La méditation est une manière de mettre fin à cette dispute en entrant en amitié avec soi-même. On peut alors découvrir que l'on n'est pas aussi mauvais qu'on le pensait ou qu'on nous l'a dit.

page(s) 21
• Le sentiment de se découvrir

La méditation est extrêmement terre à terre, au point d'en être irritante. Elle peut aussi être exigeante. Si vous persévérez, vous comprendrez des choses à votre sujet et au sujet d'autrui, et vous aurez l'esprit clair. Si vous pratiquez régulièrement et suivez cette discipline, vos expériences ne seront pas nécessairement spectaculaires, mais vous aurez le sentiment de vous découvrir. Par la pratique terre à terre de la méditation, vous pouvez voir les couleurs de votre existence.

page(s) 24
• La méditation de la vie paisible

La technique de la méditation de pleine conscience est associée au développement de l'état de paix. On pourrait même l'appeler la méditation de la vie paisible. Par paix, on n'entend pas ici un état sans guerre ; cela n'a rien à voir avec la politique. On parle de paix en tant que non-action. […] Dans la pratique de la méditation, vous ne pouvez pas parvenir à cette sorte de paix sans discipline et sans effort.

page(s) 25
• Plus besoin de nous protéger

Plutôt que de renforcer notre « moi-ité » et de nous justifier continuellement, nous devrions fonder notre vie sur quelque chose de plus puissant et digne de confiance. Si nous développons une réelle confiance en nous-mêmes, nous n'avons plus besoin de nous protéger constamment.

page(s) 29
• Mieux nous traiter nous-mêmes

Lorsque nous regardons en nous, nous avons tendance à nous fixer sur nos névroses, notre agitation et notre agressivité. Nous pourrions aussi nous fixer sur le fait que nous sommes tellement merveilleux, accomplis et invulnérables. […]

Il y a quelque chose d'autre, quelque chose de plus que tout ça, qui fait que nous sommes disposés à attendre, prêts à sourire, enclins à nous comporter convenablement. Nous ne devrions pas ignorer ce potentiel, cette puissante graine de douceur. Même les animaux les plus malfaisants font preuve d'une affection naturelle et de douceur envers leurs petits. Cet élément de douceur existe en tout être. Nous n'avons pas à en être gênés ou à essayer de le dissimuler. Nous n'avons pas besoin de jouer les mauvais garçons et les mauvaises filles ni les héros ou les durs. Nous pouvons nous permettre d'accepter et de cultiver la douceur et, avant tout, de mieux nous traiter nous-mêmes.

page(s) 29-30
• Quand on s’apprécie

Quand on s’apprécie, on réalise que l'on n'a pas à avoir honte de soi ou à se condamner. On n'a pas besoin de se rengorger non plus. On découvre sa dignité fondamentale, qui s'accompagne de douceur. On a toujours possédé cela, mais il se peut qu'on ne l'ait jamais reconnu avant. Il n'est pas nécessaire d'être égocentrique pour s'apprécier soi-même. On s'apprécie même davantage lorsqu'on est libre de la laideur de cet égotisme, qui repose sur la haine de soi.

page(s) 31
• Le fondement, c’est l’appréciation

Le fondement de la pratique de la méditation, c’est l’appréciation. Chaque respiration que l'on prend est un cadeau, naturellement pur et bon. On apprécie chaque pierre dans le lit de la rivière, chaque pomme sur le pommier. Les activités ordinaires sont en elles-mêmes puissantes et dignes d'appréciation.

page(s) 33