Le chemin est le but

Manuel de base de méditation bouddhique
Seuil, 1995 , traduit en 2005
11 cm x 18 cm, 200 pages


Couverture de Le chemin est le but

Quatrième de couverture

Selon le bouddha, personne ne peut atteindre la santé fondamentale ou l'éveil sans pratiquer la méditation.

Les enseignements présentés ici sur le modèle et la technique de méditation donnent les bases dont chaque pratiquant a besoin pour s'éveiller. Chögyam Trungpa nous enseigne à abandonner la volonté de mettre la méditation au service de nos ambitions ; ainsi pourrons-nous nous détendre dans l'ouverture.

Il nous montre comment la pratique délibérée de l'attention se transforme en conscience attentive ; nous découvrons le monde de la vision pénétrante que la conscience nous révèle.

Nous intégrons alors un subtil dispositif psychologique qui structure automatiquement l'ensemble de notre expérience et nous nous apercevons que la méditation nous transporte progressivement au-delà de ce dispositif et de l'ego en général, jusqu'à l'expérience de la liberté inconditionnelle.

Extraits de l'ouvrage

• Nous démasquer

La pratique de la méditation est une façon de nous démasquer, de nous dépouiller de toutes nos illusions, et c'est aussi une façon de mettre au jour les subtilités de l'intelligence qui existe en nous.

page(s) 15
• « Méditer » n'existe pas

[S]elon la philosophie du Bouddha, il n'y a pas de verbe « méditer ». Il y a seulement un substantif, « méditation ». Il n'y a pas de méditer. On ne médite pas, on est dans un état de méditation. […]

« Méditation » est un nom qui dénote que vous êtes déjà dans un état de méditation. Alors que « méditer » donne l'impression d'une activité qui prend place tout le temps, que l'on médite sur ceci ou sur cela : on se concentre sur la lueur vacillante d'une bougie, on observe la combustion d'un bâton d'encens, on écoute son pouls, son rythme cardiaque, on écoute les résonances de sa récitation mantrique mentale – quoi que ce soit.

page(s) 16
• Assis comme un rocher

Si nous portons un regard rétrospectif sur l'histoire de notre vie depuis notre naissance, depuis notre entrée à l'école, nous ne nous sommes jamais assis. Jamais nous n'avons été assis. Nous avons peut-être traîné occasionnellement, nous nous sommes ennuyés mortellement, nous nous sommes apitoyés sur nous-mêmes. Suintant l'ennui et l'angoisse, nous avons peut-être traîné occasionnellement à des coins de rue, ou dans notre living en regardant la télévision et en mâchant notre chewing-gum et tutti quanti. Mais nous ne nous sommes jamais assis. Nous ne nous sommes jamais assis comme un rocher. Jamais nous ne l'avons fait.

page(s) 18
• Créons du pur temps

Il y a un point de vue intéressant que personne n'a expérimenté, c'est que nous pouvons nous asseoir sur un coussin sans aucun motif, absolument aucun. C'est extravagant. Personne ne ferait jamais cela. Nous ne pouvons même pas y penser. C'est impensable. C'est terrible – nous perdrions notre temps.

Eh bien nous y voici – perdre notre temps. Elle est bien bonne, celle-là, perdre notre temps. Donnons du temps au temps. Qu'il soit perdu. Créons du temps vierge, du temps non contaminé, du temps inaltéré par l'agression, la passion et la vitesse. Créons du pur temps. Asseyons-nous et créons du pur temps.

page(s) 19-20
• Attention n'est pas concentration

[L]'attention n'a absolument rien à voir avec la concentration attentive dont vous avez eu l'expérience à l'école.

page(s) 27
• Focalisé sur le souffle, mais ouvert

La technique de base ici consiste à s'identifier à sa respiration ou, pendant la méditation en marchant, à s'identifier à la marche. Selon un récit traditionnel, le Bouddha dit à un musicien que pour contrôler son esprit il devait le maintenir ni trop tendu ni trop détendu, comme les cordes de son instrument. Il devait maintenir son esprit au niveau correct d'attention.

Ainsi, quand nous pratiquons ces techniques, devrions-nous mettre 25 % de notre attention dans la respiration ou la marche. Le reste de notre activité mentale devrait être relâché, laissé ouvert.

page(s) 30
• Juste au bord du souffle

Une concentration trop lourde sur la technique amène toutes sortes d'activités mentales, des frustrations, des fantasmes sexuels et agressifs de toutes sortes. Aussi tenez-vous donc juste au bord de votre technique, avec juste 25 % de votre attention. Un autre 25 % se détend, encore un autre 25 % s'occupe d'entrer en amitié avec soi-même, et le dernier 25 % se connecte à l'attente – votre esprit est ouvert à la possibilité que quelque chose arrive pendant la session de pratique. L'ensemble est complètement synchronisé.

page(s) 31