Le papillon noir

Invitation à un changement radical
Le souffle d'or, 1986 , traduit en 1989
15 cm x 21 cm, 400 pages
Couverture de Le papillon noir

Quatrième de couverture

Ce livre est d'abord le récit d'une expérience vécue par l'auteur : à l'instant où un papillon se posa sur son front, sa conscience bascula à un niveau totalement nouveau…

« Cet ouvrage traite des possibilités et des processus de changement. Il n'est pas question ici de miracle ou de ce que ne peut vivre qu'un petit nombre d'initiés. Nous sommes tous concernés par le changement dont il est question, par cette transformation de notre conscience, basée sur l'intuition de ce qu'est réellement l'être humain. Ici, nous allons décrire la façon dont ce changement peut intervenir dans notre vie, quelquefois radicalement, au point de nous effrayer parfois, rapidement peut-être, mais le plus souvent progressivement et toujours en nous incitant à faire appel à de nouvelles façons de vivre et d'exprimer notre vitalité. »

« Ce livre nous invite à aborder plus profondément notre expérience, et particulièrement ce qu'elle présente de plus difficile, ce qui nous fait douter le plus. C'est ici face au grand mystère de la vie, au plus obscur de nous-mêmes, que se situe le passage qui mène aux possibilités nouvelles. C'est ici que repose le potentiel de toute intelligence évolutive et de l'âme humaine. »

« …Mais si la préparation est essentielle, elle n'est pas le voyage. Dans le voyage de la transformation, il est facile de confondre les préparatifs – tout ce que nous imaginons, les techniques qui permettent d'altérer la conscience et de produire de nouvelles façon de penser – et le changement lui-même. Le changement réel est de nature spirituelle. Pour en parler, nous devons habituellement faire appel au langage des poètes et des mystiques, et chaque fois ce langage est source de méprise lorsque nous l'interprétons selon notre conscience linéaire ordinaire. »

C'est un livre étonnant, dérangeant, fascinant, dont la sagesse et la vérité éclatent à chaque ligne… Sans cesse on a envie de le lire et de le relire, comme un rappel à l'essentiel.

Extraits de l'ouvrage

• Un espace de non-savoir

Avant de définir notre expérience, avant d'accepter les étiquettes qu'imposent nos pensées et nos sentiments conditionnés, nous devons apprendre à créer un espace de non-savoir, un espace ouvert pour une interprétation nouvelle.

page(s) 13
• Un avec ce qui ne change pas

À mon avis, un changement radical ne se produit qu'au moment où nous découvrons notre identité parfaite en tant que Conscience. À cet instant, nous ne sommes qu'Un avec ce qui ne change pas, ce qui n'a aucune caractéristique particulière, ce qui se trouve au-delà du temps, de l'espace et de la causalité.

page(s) 18
• Un véritable changement dépasse tout concept, tout espoir

Il est beaucoup plus facile – trop facile – d'affirmer notre identité en nous mettant, autant que faire se peut, au service de nobles causes qui visent à transformer notre monde en un monde meilleur. De tels efforts contribuent certainement au déclenchement de la transformation ; mais nous devons aussi regarder en face le fait qu'un véritable changement est de loin plus radical et exigeant. Cela dépasse tout concept, tout espoir que nous puissions avoir d'une vie meilleure. Si nos efforts nous apportent estime de soi et auto-satisfaction, au point que nous nous détournions complètement d'une recherche plus profonde, ils peuvent en fin de compte infirmer notre vitalité et réduire les possibilités qui s'offrent à nous de changer fondamentalement notre conscience.

La transformation tient du désir et de l'intention, mais participe également de l'intuition et du lâcher-prise.

page(s) 19-20
• « Je », partie minime de la conscience de soi

La Conscience se manifeste partout, elle sous-tend tout ce que nous sommes. Intégrer la façon de vivre où mène cette compréhension constitue l'âme de tout mon travail. Comme Laura, j'ai vu ma propre relativité. Pendant un petit moment, ce « moi » s'est volatilisé, au point de n'être plus qu'une partie minime de conscience de soi, d'où je pouvais observer une dimension totalement autre. « Je » était devenu la Conscience elle-même.

page(s) 21
• Un changement profond implique certains risques

Évidemment, un changement profond implique certains risques. L'énergie induite par le processus d'ouverture dépassera le seuil de ce que nous sommes capables d'intégrer, si nous l'abordons comme nous avons appréhendé les autres choses de la vie. Peuvent en résulter une intensification des tendances névrotiques, des psychoses, ou même le développement ou l'aggravation de désordres physiques. Sans doute l'inflation de l'ego est-elle le danger le plus courant de toute expansion rapide de conscience. Ainsi que l'a démontré Jung, une inflation de l'ego est souvent suivie d'une brutale retombée. L'intégration ne peut alors se solder que par la régression à un stade antérieur de développement. Néanmoins, même de telles éventualités ne sont pas sans issue.

L'effondrement le plus terrible peut prendre une signification tout autre, si nous sommes capables de nous engager avec courage et persévérance sur les chemins de la créativité.

page(s) 30-31
• Le mal est un niveau de nous-mêmes à rencontrer sur le chemin

On donne [aux] forces [malfaisantes] davantage de réalité et de puissance si on leur résiste. Elles aussi participent du divin. Il n'est besoin que d'apprendre à se centrer et à maintenir son attention sur une conscience plus profonde, pour que notre réaction n'ait plus de raison d'être. Évidemment, quand le dragon est à votre porte et que vous n'êtes pas suffisamment ouvert pour accueillir toute son énergie, mieux vaut tourner les talons. Il peut alors être utile de faire appel à un rituel qui permette de se centrer et de se protéger. Cela revient à sortir par la porte du fond.

Mais, tôt ou tard, nous devons lui ouvrir la porte et accueillir cette énergie pour l'incorporer. Il faut, pour ce faire, avoir atteint un stade de centrage et de confiance suffisamment élevé. Il est aisé de comprendre comment l'homme égoïque peut considérer Dieu comme un champion vainqueur des forces du mal, mais ça, c'est une image élaborée par nos attirances personnelles qui ne peut avoir aucun sens. En fait, il est plus sage de réaliser qu'au fur et à mesure de notre aspiration vers une conscience plus élevée, le mal est un niveau de nous-mêmes à rencontrer sur le chemin.

page(s) 38
• La conscience de base, égoïque

[L]es premiers jours, le centre de gravité de ma conscience est resté ancré dans la dimension personnelle sujet/objet. À ce niveau de conscience, celui qui sait et ce qui est su restent irrémédiablement distincts et séparés. C'est la conscience de base ; elle est commune à tous les êtres humains et c'est elle qui permet la langage.

J'y fais souvent référence comme à la conscience extérieure, ou égoïque. Elle est extérieure (c'est-à-dire orientée vers son objet) par opposition au principe de conscience intérieur, subjectif. Elle est égoïque parce qu'elle procède d'une identité individuelle associée au « je », qui prend en considération l'activité incessante du contenu de la conscience. Sur ce plan, nous nous disons toujours : « Je suis content, triste, fatigué, désolé… », comme si nous étions réellement ce contentement, cette tristesse, cette fatigue, etc. À ce stade, nos certitudes sont acquises au prix de notre connaissance de nous-mêmes.

page(s) 38-39