Le sourire du Bouddha

Essai sur la Perfection de Sapience
Les deux océans, 2011
15 cm x 21 cm, 140 pages
Couverture de Le sourire du Bouddha

Quatrième de couverture

Quelle était l'idée profonde du Bouddha ? Que signifie le sourire énigmatique de Gautama Shakyamuni figuré en assise par toute la statuaire de l'Orient extrême, de l'Inde au Japon, dont il nous semble que si nous le comprenions en notre for intérieur, nous accéderions à une véritable intelligence du bouddhisme ?

Bouddhas de bois, bouddhas de pierre, de quel éveil témoignent ces silencieux dont nous sentons en nous la résonance, la rime intérieure, comme un sourire appelle le sourire en retour ? À cette question, vérité centrale du bouddhisme, peu d'ouvrages apportent une réponse allant au fond des choses comme le fait la Perfection de Sapience, courant entièrement tourné vers la réalisation de l'Ultime.

Examinant les perfections (pâramitâ) une à une, puis les explicitant au moyen habile des concepts centraux du bouddhisme, le présent traité, parce qu'il les revisite, les repense et les formule dans un langage de raison, éclaircit - au profit du lecteur qui à chaque étape s'y reconnaît - la question de l'éveil. Ce qui, en premier lieu, avait semblé d'un encombrement et d'une complexité extrême devient d'une grande limpidité. Ce que Siddhârta découvrit à la vue de l'étoile du matin, ce en quoi réside la précieuse vision qui fit de lui un bouddha, le lecteur, désobstrué de tout le fatras bouddhique accumulé au long de siècles innombrables, est ici amené à en avoir l'intuition muette à son tour. En cette reconnaissance, précisément, consiste ce qui est nommé Perfection de Sapience, vision précieuse reconnue pour vraie.

Extraits de l'ouvrage

• Une réalité ne dépendant d'aucun discours

[L]e véritable contenu de l'enseignement bouddhique concerne une réalité avant tout intérieure, sans forme, et ne dépendant d'aucun discours. […]

Si le bouddhisme, maintenant dans son troisième millénaire, est resté vivant, cela est dû, d'une part au fait que son enseignement concerne une nature humaine inchangée, d'autre part que celui-ci est avant tout d'ordre incitatif, et ne constitue pas à proprement parler une révélation. Ce que celui-ci désigne, c'est à chacun de le découvrir par lui-même.

page(s) 10
• Une harmonique de notre nature profonde

Prajñā, la sagesse bouddhique ou perfection de sapience, ainsi, d'emblée est une pierre de touche, dès le premier contact cette pénétrante est reconnue, car elle constitue une harmonique de notre nature profonde. Après, intuitivement, il suffit d'avancer, car ce que que nous avons rencontré nous l'avons reconnu comme plus vrai que nos vérités anciennes. C'est ainsi qu'imperceptiblement notre centre de gravité se déplace, et son assise se révèle une fondation inébranlable. De fait, celle-ci, car nous avons atteint une dimension métaphysique, s'est élargie, très au-delà des limites maintenant périmées de notre moi.

page(s) 13
• Ne saisissant rien

À la vue d'une branche qui balance, de feuilles s'envolant au vent d'automne, au son d'une cloche, il saura que ne saisissant rien il n'en possède pas moins une richesse inestimable, celle de l'ainsi-venu ô combien plus précieuse que tous les avoirs de l'ego !

page(s) 14
• Le sourire du Bouddha

L'expression inconcevable de ce sourire [du Bouddha], il semble que si nous en comprenions pleinement la dimension intime, nous comprendrions la vérité du bouddhisme de bout en bout. Nous pressentons que si par contagion un pareil sourire pouvait éclore en nous, nous aussi connaîtrions l'illumination.

Le sourire du Bouddha, très certainement est une expression de l'éveil. Une expression de reconnaissance, intuitive et muette. Une reconnaissance qui serait aussi une libération. Une certitude tranquille, absolument complète, un accès. Le sourire du Bouddha suggère l'idée d'émanation d'une lumière intérieure, chaude et rassurante comme un feu de bois.

page(s) 17
• Une lumière toujours là

Les pāramitā sont comme les éclats de toutes les couleurs du spectre d'une lumière toujours là, dont nous avons simplement oublié la présence évidente.

page(s) 18
• Générosité au-delà du mérite

Dāna [la générosité], en réalité, fonde la vertu d'un altruisme qui dépasse de loin l'idée de rétribution du mérite. Le don matériel ou spirituel, dans les civilisations d'Extrême-Orient qui pratiquent l'idéal d'humanité confucéen (le ren), l'esprit de non-agir taoïste (chin. wuwei), comme l'esprit de non-profit bouddhiste (jap. mushotoku), sont souvent cachés.

page(s) 23
• Une brèche dans l'esprit de possessivité

Le don est une brèche dans l'esprit de possessivité.

page(s) 23