Les dix images du buffle

Un voyage spirituel
Almora, 1988 , traduit en 2012
14 cm x 22 cm, 180 pages
Couverture de Les dix images du buffle

Quatrième de couverture

Les dix images du buffle, anciennes de plusieurs siècles, illustrent les différentes étapes du chemin vers l'éveil.

Depuis longtemps, ces images appartiennent à l'enseignement de la pratique du zen, et elles sont encore utilisées par les maîtres actuels.

Le message fondamental de ces images permet de se relier à notre véritable nature, appelée aussi nature de Bouddha.

Il s'adresse à toutes les cultures, pour tous ceux qui souhaitent entreprendre le « voyage intérieur », voie qui mène hors de la souffrance.

Myokyo-Ni livre une interprétation subtile et profonde de ces images ; elle nous transmet la Voie permettant de retrouver et affirmer la noblesse de notre cœur, et nous guide pas à pas vers cette source de joie et de lumière.

L’auteur

Myokyo-Ni (Irmgard Schloegl, 1921-2007) pratiqua pendant douze ans au monastère bouddhiste zen japonais de Daitoku-ji, à Kyoto, sous la direction successive de deux maîtres maintenant défunts, Sesso Roshi puis Sojun Kanun Roshi. En 1977, elle fonda le Zen Center de Londres et fut ordonnée en 1984.

Extraits de l'ouvrage

• Devenir vraiment humain

L'entraînement Zen traditionnel consiste […] d'abord à devenir vraiment humain, c'est-à-dire capables d'agir, sentir, parler et penser d'une façon vraiment humaine quelles que soient les circonstances, bonnes, mauvaises ou indifférentes.

page(s) 20
• Tant que le moi est encore là, le buffle m’emportera toujours

Ce qui gronde en moi au moment où je suis contrarié, ou lorsque ma volonté est contrecarrée, et dont normalement je ne suis même pas conscient, voilà ce qui dans notre analogie est appelé le buffle – l'aspect sauvage de notre cœur qui est aussi le cœur humain, que nous partageons avec tous les êtres humains.

Penser à ce buffle comme à un ennemi est la plus grande erreur que nous puissions faire. À vrai dire, au début nous voudrions nous en débarrasser. Heureusement, cela n'est pas possible, car le buffle représente cette formidable énergie de vie qui n'est pas mienne mais est la vraie nature, ainsi que la source de tous les Bouddhas et de tout ce qui existe. Il est certain que cela ne peut être appelé « mon » énergie ou « ma » force. La puissance de cette énergie excède de loin les forces que je peux mobiliser de sang-froid. Habituellement, j'en suis tout à fait inconscient ou inversement je peux craindre sa puissance.

La tradition bouddhiste du nord déclare que « les passions sont la nature de Bouddha » et réciproquement – cette déclaration concerne l'énergie elle-même ; celle-ci éclate comme « mes » réactions, mais en l'absence du « moi » elle retourne à ce qu'elle a toujours été. […]

Déclarer que « les passions sont la nature de Bouddha » ne signifie pas que « maintenant je peux les laisser éclater dans tous les sens, et ainsi exhiber ma Nature de Bouddha ». Tant que je la pense mienne, tant que le moi est encore là, le buffle m'emportera toujours.

page(s) 21
• La nature même du « moi » est le choix

« La Grande Voie n'est pas difficile, sinon qu'elle s'oppose à toute préférence ». Cependant, lorsque nous y regardons de plus près, la nature même du « moi » est le choix – j'aimerais ceci, je ne veux pas cela ; le parquet devrait être ciré ; pas un jus d'orange, je voulais un jus de citron ; le soleil brille, le jardin est trop sec, il faudrait qu'il pleuve. Pourquoi ne puis-je méditer sans pensées distrayantes ?

Tout ce qui passe ainsi à travers notre esprit, bon, mauvais ou indifférent est toujours une façon de choisir. C'est un cercle vicieux car si maintenant je veux m'arrêter et me débarrasser du choix, cela aussi est un choix ! J'en suis prisonnier, la Roue du saṃsāra !

page(s) 22
• En l’absence du moi

En l’absence du moi, c'est-à-dire sans ce choix intentionnel, partisan, donc passionné et producteur de karma, l'énergie est simplement ce qu'elle est et a toujours été, la Nature de Bouddha. En tant que telle, elle est et agit dans tout ce qui est, donne forme à toutes les formes – un chat agira comme le font tous les chats, et un oiseau comme tous les oiseaux. Nous, êtres humains dans l'erreur, sommes en dehors de cette harmonie –  est-ce peut-être l'histoire biblique de la Chute et de sa conséquence : l'exil hors du paradis ?

page(s) 24
• Pauvre moi !

Une vague, comparée au moi, peut, comme chaque « moi », se penser séparée de tout le reste, à part (plutôt que partie) de tout ce qui est. N'est-ce pas une position très risquée et solitaire ? Pauvre moi ! À cause de cela, je suis facilement effrayé, donc contracté, toujours sur la défensive et par compensation soit agressif soit craintif dans mes relations avec l'autre ou l'extérieur.

page(s) 25
• Pratiquer plutôt qu’apprendre

On ne doit jamais imposer cet enseignement, on ne peut que le mettre à la disposition de ceux qui le souhaitent et désirent vraiment apprendre. Mais il est aussi important de comprendre que cet enseignement doit être pratiqué plutôt qu’appris !

page(s) 27
• Ne jamais penser au buffle comme à un ennemi

Petit à petit en nous approchant un peu plus près du buffle, nous apprenons à supporter sa présence au lieu de l'éviter comme nous le faisons habituellement. […N]e jamais penser au buffle comme à un ennemi. Si nous le considérons ainsi, nous souhaitons nous débarrasser de lui. Heureusement, nous ne pouvons le faire, car, bien que primitif et sauvage, il est aussi l'énergie ou la force dont nous avons besoin pour le travail difficile de pacification qui le transforme.

page(s) 29-30