N’ayons plus peur

Oser la compassion peut transformer nos vies
Belfond, 2015 , traduit en 2016
14 cm x 22 cm, 350 pages
Couverture de N’ayons  plus peur

Quatrième de couverture

Dans un monde de plus en plus globalisé et confus, où les crises et la violence se multiplient, comment trouver le courage de résister à la peur de l’autre et au repli sur soi ?

En remettant la compassion au centre de notre existence.

Telle est l’intime conviction de Thupten Jinpa. S’appuyant à la fois sur la tradition bouddhiste et sur les dernières recherches scientifiques du monde occidental, il nous montre que, loin d’être des valeurs bigotes dépassées, l’altruisme, l’empathie et la compassion bienveillante sont au contraire la clef de voûte d’une société plus forte et plus juste.

Grâce à des exercices de méditation inspirants, il nous invite à ouvrir notre cœur aux souffrances d’autrui afin de surmonter notre peur et d’être enfin pleinement nous-mêmes.

Ample et profond, un brillant plaidoyer qui nous intime l’urgence d’aimer, l’audace de vivre et de changer le monde.

Préface de Fabrice Midal.

L’auteur

Ancien moine tibétain, Thupten Jinpa est un proche du dalaï-lama, dont il est l'un des principaux traducteurs officiels depuis plus de trente ans. Diplômé de Cambridge, professeur de théologie et membre du Mind and Life Institute, il se consacre à l'étude comparée des sciences et de la spiritualité. Il vit à Montréal avec sa femme et leurs deux filles.

Extraits de l'ouvrage

• L’amour maternel, expression archétypale de la compassion

Selon l'historienne des religions Karen Armstrong, le mot signifiant « compassion » dans les langues sémitiques – rahamanut en hébreu et rahman en arabe  – est étymologiquement apparenté à un terme désignant l'utérus, évoquant l’amour d'une mère pour son enfant comme l'expression archétypale de notre compassion.

page(s) 25
• La légende de la compétition et de l’intérêt personnel

En tant que société, nous avons longtemps ignoré le rôle fondamental de notre instinct de compassion dans la définition de notre nature et de notre comportement. Nous avons cru à un récit très en vogue qui cherchait à expliquer notre comportement au travers du prisme de la compétition et de l’intérêt personnel.

page(s) 26
• Vertus de la compassion

[L]e paradoxe de la compassion, c'est que nous en sommes nous-mêmes l'un des plus grands bénéficiaires. […E]lle nous rend plus heureux. Elle nous sort de notre état d'esprit habituel, empli de déceptions, de regrets, d'inquiétudes pour nous-même, et nous focalise sur quelque chose de plus grand.

Contrairement à ce que l'on pourrait d'abord penser, la compassion rend plus optimiste, car, bien que focalisée sur la souffrance, en nous permettant de contribuer à y mettre fin, elle nous remplit d'énergie.

La compassion nous donne le sentiment d'avoir un but dans la vie, qui se situe au-delà de nos insignifiantes obsessions habituelles. Elle allège le cœur et supprime le stress.

Elle nous rend plus patient et plus apte à nous comprendre nous-même et à comprendre les autres. Elle offre à notre esprit une alternative à la colère et aux autres états réactionnels, ce qui s'est révélé particulièrement utile pour les vétérans des guerres atteints de troubles de stress post-traumatique.

Enfin, la compassion nous tire de l'isolement et de la peur. Par un joli retour des choses, elle nous fait aussi bénéficier davantage de la bonté des autres à notre égard.

page(s) 35-36
• Nous sommes vulnérables

Je loue le fait que, en tant q'humains, nous ne sommes jamais tout à fait libres de ce que nous dicte la compassion. Nous sommes nés totalement dépendants de soins prodigués par autrui. Nous avons grandis et sommes parvenus à l'âge adulte parce que d'autres ont pris soin de nous. Même du haut de notre autonomie d'adultes, la présence ou l'absence de l'affection des autres détermine fortement notre bonheur ou notre misère. C'est la nature humaine : nous sommes vulnérables, et c'est une bonne chose. Un cœur sans peur peut embrasser cette vérité fondamentale de la condition humaine.

page(s) 36-37
• Capacités innées

[N]otre capacité à faire preuve d'empathie, de compassion, de bonté et d'un comportement altruiste est innée, et non pas acquise au contact d'une société ou d'une culture. Ce n'est qu'après, à travers la socialisation, que nous commençons à faire la distinction entre ceux qui méritent notre bonté et ceux qui ne la méritent pas.

page(s) 51
• Empathie, compassion, bonté

L'empathie est un ressenti pour (ou avec) d'autres personnes et une compréhension de leurs sentiments. Quand nous sommes témoins de la souffrance d'autrui, la compassion émane de l'empathie. Elle y ajoute le souhait de voir la souffrance prendre fin, et la volonté d'agir en ce sens. La compassion est un état plus puissant qui se situe au-delà d'une réaction d'empathie face à une situation. La bonté est l'expression de cette compassion à travers l'aide, une forme élémentaire d'altruisme. La compassion est ce qui permet à notre réaction d'empathie de se manifester sous forme de bonté.

page(s) 52
• Touché au plus profond de notre humanité

Comment se fait-il que la bonté des autres, en particulier lorsqu'elle se manifeste à un moment critique de notre vie, laisse une empreinte si forte dans notre esprit ? La réponse est simple : un tel acte nous touche au plus profond de notre humanité[.]

page(s) 54