Narcisse n’est pas égoïste

Flammarion, 2019
13 cm x 18 cm, 230 pages
Pocket, 2020


Couverture de Narcisse n’est pas égoïste
Couverture poche de Narcisse n’est pas égoïste

Quatrième de couverture

Tout ce que l’on dit sur Narcisse est faux.

Narcisse n’est pas égoïste. Il n’est pas amoureux de lui-même.

Tout au contraire, Narcisse, dans toute l’histoire de l’Occident, d’Ovide à Freud, éclaire le sens le plus profond de notre humanité.

Il est le mythe de la vie, de la joie, de l’innocence... Comment et pourquoi l’avons-nous perverti, détruit, souillé ?

Une stupéfiante enquête qui, de Sophocle à Barthes, de Caravage à Poussin, de Mallarmé à Rilke, met au jour ce que le mythe signifie.

Dans cet essai engagé, Fabrice Midal montre aussi qu’à l’heure de la défiguration du monde, d’une négation de notre humanité, d’une instrumentalisation fanatique de tout, Narcisse est le mythe qui peut nous ouvrir un chemin de libération...

Oui, Narcisse est le mythe dont notre XXIe siècle a tant besoin.

Série radiophonique

Cet ouvrage a été publié suite à la série d'émissions donnée par Fabrice Midal sur France Culture, dans la grille de l'été 2018, autour de sa relecture du mythe de Narcisse. Si vous n'avez jamais assisté à un enseignement de Fabrice Midal, voilà une excellente manière de vous faire une idée de son génie propre, qui est de mettre sa haute culture au service de tous, pour la libération des souffrances de notre époque. Les huit épisodes sont ré-écoutables ici :

  1. Narcisse, de la difficulté de se reconnaître comme individu singulier
  2. Narcisse, la nécessité de l’éducation : grandir et se métamorphoser
  3. Narcisse, le mythe de l’Androgyne et la quête de l’unité
  4. Narcisse, le sens authentique du désir
  5. Narcisse, Un héros nécessaire pour notre temps
  6. Narcisse pour sortir de la norme et inventer sa vie
  7. Narcisse pour célébrer la beauté et retrouver la culture
  8. Narcissisons le monde !

 

Extraits de l'ouvrage

• Éclaircir et libérer

Narcisse est-il le symbole du pouvoir qu’a toute œuvre d’art d’éclaircir et de libérer notre rapport à nous, aux autres et au monde ? […]

Lire les textes et contempler les peintures qui éclairent ce mythe permettent de mieux discerner la violence de notre temps. Car les forces de mort et de ressentiment exigent le sacrifice de soi, nous enfoncent dans la culpabilité d’être et la méconnaissance des exigences propres à toute existence humaine.

page(s) 11
• Triomphe du narcissisme ?

[C]contrairement à ce que l’on affirme partout, nous n’assistons pas au triomphe du narcissisme, mais à l’émergence de nouvelles formes de violence sociale, de nouvelles formes d’aliénation qui sont toutes marquées par le déni, l’instrumentalisation et l’exploitation de soi. Nullement par l’admiration ou le contentement de soi.

page(s) 16
• Un soi qui assume sa responsabilité

Le fait d’être privé de « soi » nous prive de la possibilité de parler pour de bon et d’avoir une véritable responsabilité. […]

Pour qu’il y ait une véritable altérité, il faut qu’il y ait deux « soi ». Il faut que chacune des deux personnes tienne sa place pour qu’une véritable rencontre ait lieu.

Si quelqu’un me parle, il faut que j’aie suffisamment de consistance pour l’écouter et qu’ainsi un véritable dialogue puisse avoir lieu entre nous.

Ce que l’on raconte sur ces questions est insuffisant. Nous opposons à tort égoïsme et altruisme. Or il n’y a pas d’altruisme sans un soi qui assume sa responsabilité.

page(s) 20-23
• Être pleinement soi pour aimer

Si vous voulez aimer, ne vous sacrifiez pas, soyez vous-mêmes.

Aimer, c’est être pleinement soi pour l’autre, pour le bonheur de l’autre.

page(s) 24
• Purifier ce qui a été meurtri

Qui n’est pas marqué par les souffrances de ses ancêtres ? Est-ce que la tâche de chacun de nous ne consiste pas à s’accommoder de la situation dont nous héritons ? N’avons-nous pas à apprendre à faire que cet héritage, parfois très lourd, ne nous conduise pas à faire le mal ?

Chacun de nous n’a-t-il pas à mettre fin à ce qui reste obscur dans le passé de ses aînés ? Vivre n’est-ce pas purifier ce qui a été meurtri ?

page(s) 35
• Métamorphose

Narcisse est le récit de la transformation d’un être en fleur. Et c’est précisément parce qu’il est l’être absolument innocent, l’être qui refuse l’illusion, le mensonge, le leurre, qu’il se métamorphose.

page(s) 36
• Notre drame

Nous avons du mal à nous écouter, à nous respecter, à nous rencontrer, à savoir ce dont nous avons besoin.

page(s) 9