Prendre soin de l’enfant intérieur

Faire la paix avec soi
Belfond, 2010 , traduit en 2014
14 cm x 22 cm, 190 pages
Couverture de Prendre soin de l’enfant intérieur

Quatrième de couverture

Vous avez l'impression de ne pas avoir suffisamment confiance en vous ? De manquer parfois de recul face aux épreuves du quotidien ? D'être empêtré dans des angoisses dont vous n'identifiez pas l'origine ? Et si certaines de vos blessures d'enfant vous empêchaient de construire sereinement votre vie d'adulte ?

Référence absolue dans l'enseignement bouddhique international, proposé pour le Nobel de la paix pour son engagement au Vietnam, le maître Thich Nhat Hanh nous offre des solutions pour affronter cette souffrance sourde et en venir à bout.

À l'aide d'exercices de respiration, de concentration et de méditation en pleine conscience, il nous enseigne à écouter avec compassion l'enfant qui est en chacun de nous, à reconnaître et accepter avec lucidité les traumatismes du passé, et à lâcher prise.

Jetant un pont entre la philosophie bouddhique et la tradition thérapeutique occidentale, un guide profondément rassurant, pour faire enfin la paix avec nous-même.

Extraits de l'ouvrage

• Libérer aussi ceux qui nous ont blessé

Avec la pratique, nous découvrons que cet enfant blessé n'est pas seulement nous, il peut représenter plusieurs générations. Notre mère a probablement souffert tout au long de sa vie. Notre père peut avoir souffert lui aussi. Peut-être nos parents n'étaient-ils pas capables de prendre soin de leur propre enfant intérieur ? Quand nous accueillons avec bienveillance notre enfant intérieur, nous accueillons donc aussi ceux des générations qui nous ont précédés. Cette pratique n'est pas une pratique pour nous seuls, mais pour d'innombrables générations d'ancêtres et de descendants.

Ne sachant pas comment prendre soin de leur enfant blessé, nos ancêtres nous l'ont transmis. Notre pratique a pour but d'interrompre ce cycle d'ignorance. Si nous parvenons à guérir notre enfant intérieur, nous pourrons non seulement nous libérer nous-mêmes, mais nous libérerons aussi ceux qui nous ont blessé ou qui ont abusé de nous. Car ceux qui ont abusé de nous ont certainement été victimes d'abus auparavant.

page(s) 12-13
• Le salon et la cave

Nos blocs de souffrance, de tristesse, de colère et de désespoir cherchent toujours à entrer dans notre conscience mentale, dans notre salon, mais nous ne voulons pas de ces hôtes indésirables, parce qu'il est douloureux de les regarder. Alors, nous tentons de leur barrer le passage. Nous voulons qu'ils restent cachés dans notre cave. Nous ne voulons pas leur faire face. C'est ainsi que nous avons pris l'habitude de remplir le salon avec d'autres invités et, dès que nous disposons de dix ou quinze minutes de temps libre, nous faisons tout pour que notre salon reste occupé. Nous appelons un ami ou nous prenons un livre. Nous allumons la télévision. Nous espérons que ces visiteurs indésirables ne viendront pas si le salon reste bien occupé…

Or, toutes les formations mentales ont besoin de circuler. Et si nous les bloquons, si nous ne les laissons pas émerger, c'est toute la circulation de notre esprit qui s'en trouvera entravée, nous exposant ainsi au risque de développer des symptômes de maladie mentale et de dépression, tant dans notre esprit que dans notre corps.

page(s) 21
• Les trois fonctions de la pleine présence

La première fonction de la pleine conscience est de reconnaître, et non de combattre. […]

Quand nous avons reconnu notre enfant intérieur, la deuxième fonction de la pleine conscience est de l'entourer de toute notre tendresse. […]

Après avoir reconnu et enveloppé avec grande douceur et tendresse l'enfant, la troisième fonction de la pleine conscience sera de soulager nos émotions difficiles.

page(s) 23
• Les cordons ombilicaux

Avec la pratique de la méditation, nous pouvons encore percevoir le cordon ombilical qui nous relie à notre maman. Nous voyons qu'elle n'est pas seulement à l'extérieur mais aussi en nous. Grâce à la vision profonde, nous pouvons voir les cordons ombilicaux qui nous relient aux autres choses, aux autres personnes.

Imaginez un cordon qui vous relie au Soleil. Le Soleil se lève chaque matin, et c'est grâce à lui qui nous pouvons profiter de la lumière et de la chaleur. Sans le Soleil et sans la chaleur, nous ne pourrions survivre. De la même manière qu'un bébé dépend de sa mère, nous dépendons du Soleil. Un cordon nous relie à lui.

On peut même dire qu'il existe une infinité d'autres cordons… Nous sommes reliés aux nuages car, s'ils n'étaient pas là, il n'y aurait ni pluie, ni eau, ni lait, ni thé, ni café, ni crème glacée, rien de tout cela.

Un autre cordon nous relie à la rivière et un autre à la forêt. En poursuivant ainsi, nous voyons que nous sommes reliés à chaque être et à chaque chose dans le cosmos.

Nous dépendons d'autres êtres pour exister. Nous avons autant besoin de l'animé que du non-animé, comme les plantes, les minéraux, l'air et l'eau.

page(s) 27
• Tout le cosmos est en nous

En examinant une cellule de notre corps ou en notre conscience, nous pouvons reconnaître la présence de toutes les générations d'ancêtres en nous. Il ne s'agit pas seulement des êtres humains car, bien avant leur apparition, nous étions d'autres espèces. Nous avons été minéral, arbre, plante, organisme cellulaire, écureuil, daim, singe. Toutes ces générations d'ancêtres sont présentes dans chacune des cellules de notre corps et dans notre esprit. Et chacun de nous est le prolongement naturel de ce courant de vie.

page(s) 28
• L'enfant blessé est toujours là

En chacun de nous se trouve un enfant qui souffre. Nous avons tous connu des périodes difficiles et beaucoup d'entre nous ont été fortement perturbés durant l'enfance. Et pour nous protéger de toute cette souffrance, la seule solution que nous ayons trouvée a été d'oublier ces épisodes douloureux. Chaque fois que la douleur se réveille, cette sensation nous est si insupportable que nous refoulons nos sentiments et nos souvenirs au plus profond de notre inconscient. À tel point que nous pouvons passer des années et des années à négliger cet enfant blessé.

Pourtant, ce n'est pas parce que nous l'ignorons que l'enfant n'est pas là. L'enfant blessé est toujours là, et il essaie d'attirer notre attention. Il se manifeste comme il peut : « Je suis là. Je suis là. Tu ne peux pas m'ignorer. Tu ne peux pas me fuir. » Désireux d'atténuer notre peine, nous refusons de l'entendre, et nous nous en tenons aussi éloignés que possible. En vain, car cette fuite ne met pas fin à notre souffrance ; bien au contraire, elle ne fait que la prolonger.

L'enfant blessé a besoin de soins et d'amour mais nous les lui refusons.

page(s) 9-10
• Ne plus perpétuer la souffrance

Ce n'est pas parce que nous avons souffert que nous devons perpétuer cette souffrance l'un envers l'autre. Puisque nos blessures présentent en grande partie les mêmes causes, cessons d'être ennemis et faisons alliance.

page(s) 90