Quand tout s’effondre

Conseils d’une amie pour des temps difficiles
La Table Ronde, 1997 , traduit en 1999
14 cm x 24 cm, 200 pages
Pocket, 2003


Couverture de Quand tout s’effondre
Couverture poche de Quand tout s’effondre

Quatrième de couverture

Qui d'entre nous n'a connu ces moments de crise où tout s'effondre, où l’on se sent déstabilisé, inquiet, mal à l'aise ?

Pema Chödrön nous incite à ne pas fuir, coûte que coûte, ces instants précieux où le sol semble se dérober sous nos pieds mais, au contraire, par une attitude radicalement nouvelle, à nous détendre dans cette absence de terrain ferme. En faisant face aux circonstances difficiles, en osant affronter la mouvance de nos états intérieurs, nous découvrons peu à peu un sentiment de profonde sécurité que les aléas de l'existence ne peuvent plus remettre en cause.

Pema Chödrön propose dans cet ouvrage :
• Des méthodes concrètes permettant à chacun d’utiliser les émotions douloureuses pour cultiver le courage, la sagesse et la compassion.
• Des moyens de communiquer qui conduisent à une ouverture mutuelle.
• Des pratiques pour inverser nos schémas négatifs et travailler avec les situations chaotiques.

Nous vivons des temps difficiles, il est donc plus que jamais nécessaire de s’ouvrir à des enseignements qui nous montrent un authentique chemin vers notre propre force intérieure et notre bonté intrinsèque.

Extraits de l'ouvrage

• Laisser passer l'énergie de l'émotion

Nous pourrions simplement demeurer assis avec l'énergie de notre émotion et la laisser passer.

page(s) 104 (11 - La non-agression et les quatre maras)
• Nous étudier nous-mêmes

Que nous soyons en train de manger, de travailler, de méditer, d'écouter ou de parler, la raison pour laquelle nous sommes dans ce monde c'est de nous étudier nous-mêmes.

page(s) 108 (12 - Grandir)
• Nous oublier vraiment et nous ouvrir

[D]ans la mesure où il y a du courage en nous (la disposition à regarder, à nous pencher directement sur notre propre cœur) et que nous éprouvons de la bienveillance envers nous-mêmes, nous pouvons avoir foi en notre pouvoir de nous oublier vraiment nous-mêmes et de nous ouvrir au monde.

page(s) 112 (12 - Grandir)
• Communiquer vraiment jusqu'au cœur

Entrer en relation avec autrui en toute compassion est un pari. Communiquer vraiment jusqu'au cœur et être présent à quelqu'un d'autre – enfant, conjoint, parent, client, patient ou la SDF dans la rue – cela signifie ne pas se fermer à cette personne, ce qui veut dire, avant tout, ne pas se fermer à soi-même. Ça veut dire nous autoriser à ressentir ce que nous sentons sans le rejeter. Ça veut dire accepter tous les aspects de nous-mêmes, y compris ce que nous n'aimons pas.

Faire cela demande de l'ouverture, ce que dans le bouddhisme on appelle parfois la vacuité – ne pas s'attacher ou se retenir à quoi que ce soit. Ce n'est que dans un espace ouvert où l'on ne porte pas de jugement qu'il est possible de reconnaître ce que l'on ressent. Ce n'est que dans un espace ouvert où nous ne sommes pas prisonniers de notre propre interprétation de la réalité que nous pouvons voir, entendre et sentir qui sont vraiment les autres. C'est ce qui permet d'être et de communiquer avec eux correctement.

page(s) 115 (13 - Élargir le cercle de compassion)
• Ramène à toi tous les blâmes

Un slogan relié aux enseignements du Mahāyāna dit : « Ramène à toi tous les blâmes ». [...]

Il implique que la douleur provient de la tendance à s'accrocher tellement fort pour que les choses se fassent à notre façon, et que l'une de nos principales portes de sortie quand nous nous sentons mal à l'aise, ou dans une situation ou un lieu indésirables, se résume à en rejeter la responsabilité sur un autre. Nous construisons d'ordinaire une barrière appelée blâme qui nous dispense de communiquer authentiquement avec les autres et nous la fortifions avec nos conceptions sur celui qui a raison et celui qui a tort.

page(s) 117 (13 - Élargir le cercle de compassion)
• Un espace ouvert dans lequel sentir notre propre tendresse

Si nous cessons de rejeter la faute sur autrui assez longtemps pour nous donner à nous-mêmes un espace ouvert dans lequel sentir notre propre tendresse, c'est comme si nous atteignions une grande blessure qui se trouve juste sous la coquille protectrice sécrétée par ce blâme.

page(s) 118 (13 - Élargir le cercle de compassion)
• Sentir les autres comme ils sont réellement

Pourrions-nous ne pas avoir d'intentions déclarées quand nous entrons dans une pièce où se trouve une autre personne, ne pas savoir quoi dire, ne pas faire en sorte que cette personne ait tort ou raison ? Pourrions-nous voir, entendre, sentir les autres comme ils sont réellement ?

page(s) 120 (13 - Élargir le cercle de compassion)
• Le point de vulnérabilité toujours présent

[B]odhicitta : ce nom sanscrit signifie « cœur noble ou éveillé ». On dit qu'il est présent chez tous les êtres. De même que le beurre est présent dans le lait et que l'huile est présente dans la graine de sésame, ce point de vulnérabilité est présent en vous et moi. […]

Quelle que soit la part de méchanceté, d'égoïsme ou d'avidité dans notre vie, nous ne pouvons pas perdre le cœur authentique de la bodhicitta. Il est présent dans tout ce qui vit, jamais abîmé, toujours entier.

page(s) 125-126 (14 - L’amour qui ne mourra pas)
• Laissons notre cœur se briser

Nous pensons qu'en nous protégeant de la souffrance nous agissons avec bienveillance envers nous-mêmes. En fait, nous ne faisons que devenir plus couards, plus endurcis et plus aliénés. Nous nous sentons comme séparés du tout. Cette séparation devient comme une prison qui nous limite à nos espoirs et à nos peurs personnels et au souci exclusif de nos proches. Curieusement, si notre objectif principal est d'essayer de nous protéger de l'inconfort de notre vie, nous souffrons. Et pourtant, quand nous ne nous renfermons pas et que nous laissons notre cœur se briser, nous découvrons notre parenté avec tous les êtres.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama définit deux catégories d'égoïstes : ceux qui sont avisés et ceux qui ne le sont pas. Les égoïstes malavisés ne pensent qu'à eux-mêmes et aboutissent à la confusion et la douleur. Les égoïstes avisés savent que la meilleure chose qui puisse leur arriver c'est d'être présents aux autres. Par conséquent, ils connaissent la joie.

page(s) 126 (14 - L’amour qui ne mourra pas)
• Donner et recevoir

La pratique de tonglèn – donner et recevoir – est conçue pour éveiller la bodhicitta, pour nous mettre en contact avec notre cœur noble authentique. C'est une pratique qui consiste à prendre la douleur et à renvoyer de la joie ; elle va donc complètement à l'encontre de notre habitude bien ancrée de faire exactement le contraire.

Quand nous inspirons la souffrance, celle-ci pénètre en quelque sorte cette armure. Notre tendance à parer les coups n'est plus aussi immuable.

Quand nous expirons notre soulagement et notre sentiment d'espace, nous favorisons aussi la dissolution de l'armure. L'expiration est une métaphore de l'ouverture de tout notre être. Quand une chose est précieuse, plutôt que de la serrer très fort, nous pouvons ouvrir les mains et la partager. Nous pouvons la donner tout entière. Nous pouvons partager la richesse de cette insondable expérience humaine.

page(s) 127-129 (14 - L’amour qui ne mourra pas)
• De la compassion pour soi

Pour avoir de la compassion envers les autres, il faut en éprouver envers nous-mêmes. En particulier, nous soucier des personnes anxieuses, irritées, jalouses, dominées par des dépendances de toutes sortes ou arrogantes, orgueilleuses, avares, égoïstes, méchantes, peu importe ; ressentir de la compassion pour elles et nous en préoccuper implique de ne pas fuir la douleur de découvrir toutes ces choses en nous-mêmes.

page(s) 132 (15 - Aller à contre-courant)
• Utiliser le poison comme remède

Plutôt que de battre notre coulpe, nous pouvons nous servir de notre propre tendance à rester coincés comme d'un tremplin pour comprendre à quoi se heurtent les êtres partout dans le monde. Inspirez pour nous tous et expirez pour nous tous. Servez-vous de ce qui semble être un poison comme d'un remède. Nous pouvons nous servir de notre souffrance personnelle comme d'une voie de compassion envers tous les êtres.

page(s) 135 (15 - Aller à contre-courant)
• Voir ce que nous faisons et qui nous sommes

[A]près un certain temps de cette pratique où nous demeurons seuls avec nous-mêmes, sans rien faire d'autre que d'être attentifs à notre expiration en observant nos pensées, notre esprit devient plus calme. C'est pourquoi nous commençons à remarquer davantage chaque chose. Que nous nous en apercevions ou pas, c'est bien ce que nous faisons. Dans la méditation, nous permettons à l'espace de se déployer et nous commençons à percevoir les choses avec une netteté et un éclat croissants. Nous observons que nous pondons des pensées en série et qu'il y a aussi des pauses dans tout ce bavardage. Nous remarquons aussi nos réactions à ce qui arrive. Puis, nous nous trouvons branchés sur nos schémas habituels et voyons ce que nous faisons, qui nous sommes et comment nous maintenons notre image avec des opinions et des idées sur tout.

page(s) 152 (17 - Opinions)
• L'ego n'est fait que d'opinions

En fait l'ego dans son intégralité est constitué de nos opinions, que nous tenons pour solides, réelles et d'une vérité absolue sur l'essence des choses. [...]

Il n'est pas nécessaire de faire disparaître ces opinions, ni de nous critiquer parce que nous les avons. [...] Nous pouvons aussi bien laisser tomber ces opinions et revenir à l'immédiateté de notre expérience.

page(s) 153 (17 - Opinions)
• Opinions versus intelligence clairvoyante

La clé c'est de bien voir la différence entre les opinions et l'intelligence clairvoyante. L'intelligence, c'est de voir les pensées en tant que « penser », sans qualifier celles-ci de bonnes ou de mauvaises.

page(s) 154 (17 - Opinions)
• Un avec notre confusion

Nous aimions la méditation et les enseignements quand nous étions inspirés, en contact avec nous-mêmes et sur la bonne voie. Mais qu'en est-il lorsque ça commence à ressembler à un fardeau, comme si nous avions fait le mauvais choix et que plus rien n'est à la hauteur de nos attentes ? Les gens que nous rencontrons ne sont pas tellement sains. En fait, ils ont l'air passablement perdus. La gestion de ce lieu est insatisfaisante. Même le maître est contestable. Cette situation où nous nous retrouvons coincés est précisément l'étape dans notre méditation et dans nos vies où nous pouvons vraiment apprendre quelque chose.

Croyez-le ou non, c'est dans ces moments de tracas, de déroute et de malaise que nos esprits peuvent grandir. Au lieu de voir ce qui se produit comme une preuve de notre faiblesse personnelle ou de la puissance de quelqu'un d’autre, au lieu de penser que nous sommes stupides et quelqu'un d'autre manque de bienveillance, nous pourrions renoncer à toutes les récriminations envers nous-mêmes et envers les autres. Nous pourrions demeurer là, désarçonnés, ne sachant pas quoi faire, rester dans cette situation avec l’énergie tendre et crue du moment. C'est à ce stade que nous commençons à apprendre le sens derrière les concepts et les mots.

page(s) 160-161 (18 - Instructions orales secrètes)
• Observer sans juger

La première méthode, ne plus lutter, est résumée dans les consignes de śamatha-vipassanā. Quand nous nous asseyons en méditation, quoi qu'il se présente à notre esprit, nous le regardons en face, l'appelons « penser » et revenons à la simplicité et au caractère immédiat de la respiration. Encore et toujours, nous revenons à la conscience éveillée d'origine, dénuée de concepts. La pratique de la méditation est la manière dont nous cessons de lutter contre nous-mêmes, contre les circonstances, les émotions ou les sautes d’humeur. Cette instruction de base est l'outil dont nous pouvons nous servir pour apprendre à pratiquer et à mener notre vie. Quoi qu'il advienne, nous pouvons l'observer sans porter de jugement.

page(s) 166-167 (19 - Trois méthodes pour travailler avec le chaos)
• La détente dans ce qui est

Il est bon de se souvenir que la pratique n’a aucun accomplissement pour but – ni gain ni perte – sinon la cessation de la lutte et la détente dans ce qui est. C'est ce qu'on fait quand on s'assoit en méditation. Cette attitude s'étend à toute la vie.

page(s) 167 (19 - Trois méthodes pour travailler avec le chaos)
• Les trois poisons de l'esprit

Les trois poisons sont la passion (qui inclut le désir insatiable et la dépendance), l'agression et l'ignorance (qui comprend la dénégation ou la tendance à se replier sur soi et à s'enfermer).

page(s) 168 (19 - Trois méthodes pour travailler avec le chaos)
• Appliquer tonglèn à notre souffrance

Quand survient la souffrance, la consigne de tonglèn est de laisser le scénario se dérouler, de l'inspirer – non seulement la colère, la rancœur ou la solitude que nous ressentons mais aussi la peine identique de ceux qui, au même moment, ressentent de la rage, de l'amertume ou de l'isolement. [...] C'est notre lien de parenté avec tout ce qui vit. [...] Puis nous expirons en renvoyant le sentiment d'un espace immense, d'une grande fraîcheur.

page(s) 168 (19 - Trois méthodes pour travailler avec le chaos)
• Aller vers les difficultés !

Le principe essentiel de ces méthodes est de dissoudre la lutte dualiste : notre tendance habituelle à combattre ce qui nous arrive ou ce qui se passe en nous. Elles nous enseignent à aller vers les difficultés au lieu de nous en tenir à distance. On n'a pas très souvent ce genre d'encouragement.

page(s) 169 (19 - Trois méthodes pour travailler avec le chaos)
• Nous détendre dans toute sensation

Nous devons cesser de croire que nous pouvons décamper et nous établir ailleurs. Nous pouvons simplement nous détendre – nous détendre dans l'épuisement, l’indigestion, l’insomnie, l'irritation, la joie ou toute autre sensation.

page(s) 176 (20 - Le coup du non-choix)
• Vivre dans le présent

[N]ous ne pouvons pas à la fois vivre dans le présent et dérouler nos scénarios habituels.

page(s) 18 (1 - L’intimité avec la peur)
• La présence : vulnérabilité, tendresse

En fait, toute personne qui se tient au bord de l'inconnu, totalement dans l'instant, sans point de référence, fait l’expérience de perdre pied. C'est alors que notre compréhension s'approfondit. Nous découvrons que l'instant présent est un point particulièrement vulnérable et que cela peut être à la fois profondément troublant et très tendre.

page(s) 18-19 (1 - L’intimité avec la peur)
• Mettre la méditation en rapport avec notre vie émotionnelle

D'une façon ou d’une autre, nous continuons à nous tenir à distance du dharma. Cela revient à le considérer comme une philosophie ou un cours intensif de perfectionnement de soi et, malgré le nombre de fois où l'on nous encourage à mettre la méditation et les enseignements en rapport avec notre vie émotionnelle, nous continuons à oublier de les appliquer quand nous sommes coincés.

page(s) 186 (21 - Inverser la roue du samsara)
• La psychothérapie comme moyen habile

Je suggère souvent à un étudiant de suivre une thérapie. Je la vois comme un moyen habile particulier qui est, pour certains, extrêmement utile. Pour certains d'entre nous, travailler régulièrement avec un thérapeute qui ne porte pas de jugement permet de vaincre les peurs et de développer enfin la bienveillance envers nous-mêmes.

page(s) 187 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Changer nos habitudes mentales

La clé, c'est de changer nos habitudes et, en particulier, nos habitudes mentales. [...]

Cela commence quand nous nous surprenons en train de dérailler selon nos vieilles habitudes. En général, nous croyons qu'il y a un grand problème à résoudre. La consigne est de s'arrêter. Faites quelque chose d'inusité. Faites n'importe quoi, plutôt que de foncer dans la même vieille direction, avec les mêmes astuces éculées.

page(s) 187-189 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Aucune réponse conceptuelle

Quand […] nous cessons de donner libre cours à nos émotions ou de les réprimer, de blâmer quelqu'un d'autre ou de nous blâmer nous-mêmes, alors nous nous trouvons en présence d'une question posée à jamais et qui n'a aucune réponse conceptuelle.

page(s) 19-20 (1 - L’intimité avec la peur)
• Pratiquer avec douceur

Même après de longues années de méditation, beaucoup d'entre nous continuent à pratiquer avec dureté. [...]

La plaisanterie classique est qu'un bouddhiste est soit en train de méditer soit en train de se sentir coupable de ne pas méditer. Il n'y a pas beaucoup de joie là-dedans.

page(s) 190 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Plus facile d'accepter tels quels les autres que soi-même

Pour certains d'entre nous, il est bien plus facile d'accepter les autres comme ils sont que de nous accepter nous-mêmes.

page(s) 190 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Assumer la responsabilité d'être là

Petit à petit, sans aucun programme, excepté celui d'être honnête et bon, on assume la responsabilité d'être là, dans ce monde imprévisible, en ce moment unique, dans ce précieux corps humain.

page(s) 191 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Chaque acte, chaque pensée, chaque émotion compte

Chaque acte compte. Chaque pensée et chaque émotion comptent aussi. La voie, ce n'est rien de plus.

page(s) 191 (21 - Inverser la roue du samsara)
• Plus d'espace pour danser

C'est ainsi que nos pensées commencent à ralentir, si je me fie à mon expérience. Comme par magie, on a l’impression qu'il y a beaucoup plus d'espace pour respirer et danser et beaucoup plus de bonheur.

page(s) 192 (21 - Inverser la roue du samsara)
• La voie n’existe pas avant d'être parcourue

Cette voie a une caractéristique tout à fait particulière : elle n'est pas préfabriquée. Elle n’existe pas avant d'être parcourue.

page(s) 193 (22 - La voie est le but)
• L'instant présent source de sagesse

C'est un enseignement très encourageant car il dit que la source de la sagesse est tout ce qui va nous arriver aujourd'hui, c'est tout ce qui nous arrive à l'instant même.

page(s) 194 (22 - La voie est le but)
• Le mal-être source de sagesse

En général, quand quelque chose dans la vie nous fait mal, nous ne le voyons pas comme notre voie ou la source de notre sagesse. En fait, nous croyons être sur la voie pour nous débarrasser de ce sentiment pénible. [...] Quand on en est à vouloir se débarrasser de ce sentiment, c'est qu'on cultive ingénument une agressivité subtile envers soi-même.

Il est pourtant indéniable que toute personne qui a utilisé les moments, les jours et les années de sa vie pour devenir plus sage, plus douce et plus à l'aise dans ce monde n'a pu l’apprendre que par ce qui s'est passé ici et maintenant.

page(s) 194 (22 - La voie est le but)
• La voie est le but

Grâce à la bonne disposition de notre esprit, nous sommes prêts à entrer en rapport direct avec tout ce qui se produit, d'une manière précise et douce. C'est ce qui mène à la bonne humeur et à la détente fondamentales.

Quand nous nous rendons compte que la voie est le but, nous avons le sentiment que les choses se laissent travailler.

page(s) 195 (22 - La voie est le but)
• Faire que la situation même nous éveille

Voilà une façon de vivre dénuée de sécurité. Nous nous trouvons souvent dans un dilemme : que dois-je faire si quelqu'un est en colère contre moi ? Que dois-je faire si je suis en colère après quelqu'un ? Au fond, la consigne c'est de ne pas essayer de résoudre le problème mais plutôt de l'utiliser comme une question : comment faire pour que la situation même nous éveille encore plus au lieu de nous endormir ? Nous pouvons nous servir d'une situation difficile pour nous encourager nous-mêmes à faire un bond, pour déboucher dans cette ambiguïté.

page(s) 196 (22 - La voie est le but)
• Avec amertume ou ouverture ?

Cet enseignement s'applique même aux situations les plus atroces que la vie peut nous balancer. Jean-Paul Sartre disait qu'il y a deux façons d'aller à la chambre à gaz : libre ou esclave. C'est notre choix de chaque instant. Entrons-nous en relation avec les circonstances de notre vie avec amertume ou ouverture ?

page(s) 196 (22 - La voie est le but)
• Ce qui est indestructible en nous

C'est seulement dans la mesure où nous nous exposons nous-mêmes encore et toujours à l’anéantissement que ce qui est indestructible en nous peut apparaître.

page(s) 25 (2 - Quand tout s'effondre)