S’asseoir tout simplement

L’art de la méditation zen
Seuil, 2015
14 cm x 20 cm, 150 pages
Couverture de S’asseoir tout simplement

Quatrième de couverture

« S’asseoir tout simplement » est une célèbre formule de la tradition zen pour décrire la méditation. Sa limpidité dit pourtant l'exigence d'une transformation de soi. Dans l'assise méditative en effet, le pratiquant est invité non seulement à se désencombrer, mais à se défaire inconditionnellement des peurs et des jugements qui colorent la réalité, pour vivre une expérience d'unité et de simplicité.

Cet ouvrage passionnant est le premier à décrire l'expérience subjective de la méditation. Répondant aux nombreuses questions que le néophyte comme le pratiquant avancé peuvent se poser sur la posture physique, l'attitude mentale, les différentes techniques, la relation avec le maître, il décrit minutieusement, comme cela n'avait jamais été fait, les mécanismes psychologiques qui empêchent ou permettent l'expérience méditative.

Alors que la méditation bouddhiste suscite un réel engouement, notamment par le développement d'une forme simplifiée et laïcisée de celle-ci, la pleine conscience, l'auteur propose également une réflexion critique sur ce nouveau phénomène de société à partir de sa propre expérience de méditant.

Un livre concret et profond, indispensable sur la voie d'une méditation authentique.

Extraits de l'ouvrage

• Sans rien faire de l'esprit, sans rien faire avec l'esprit

[Dans la] pratique transmise dans l'école Sōtō, on s'assied droit, les jambes croisées, sans rien faire de l'esprit, sans rien faire avec l'esprit.

Sans rien faire de l'esprit : le méditant ne s'identifie à rien, il ne résiste à rien, il ne manipule rien ; sans rien faire avec l'esprit : il ne recourt à aucune technique mentale particulière.

page(s) 10
• Le tonneau sans fond

La Grandeur est une vision : toutes nos craintes seront dissipées, tous nos vœux seront exaucés. La Grandeur surgit de la pratique mystique : au cœur de ses exercices que l'Occident qualifie de méditatifs, le disciple de la Grandeur demeure dans la nudité de l'âme, toute forme de saisie mentale abolie. De cet espace désencombré jaillira la source inépuisable d'une vie pleine, alerte et aimante.

La tradition zen emploie une métaphore pour souligner qu'un tel délaissement exige la rupture de toutes les digues intérieures : l'âme est comparée à un tonneau dont le fond aurait lâché ; quoi qu'on y verse ensuite, il ne peut plus rien retenir.

page(s) 15
• La cuirasse de l'ego

[N]ous sommes enfermés, tous autant que nous sommes, dans la cuirasse certes protectrice mais terriblement handicapante de l'ego, l'instance qui en nous juge, pense, sait et se satisfait. Seul l'ego se justifie, argumente, manœuvre, et se défend ; seul l'ego souffre, pleure et reste insatisfait.

page(s) 16
• Le maître donne à désapprendre

Dans la proximité des cœurs, le maître apparaît comme un témoin : il est la preuve que le dharma n'est pas un simple mot, qu'il s'incarne dans la vie d'un homme ou d'une femme. Pour qui sait le découvrir enfin, le maître n'enseigne que par convention, il donne plutôt à désapprendre. Le maître dévoilé dans ses multiples dimensions, l'étudiant est alors prêt à s'engager dans la voie du disciple, acceptant même que sa seule présence défasse toutes les stratégies de l'ego.

page(s) 18
• La poule et le poussin

La tradition zen compare [la] relation [maître/disciple] à celle qui unit la poule et le poussin prêt à éclore. De même que tous les deux frappent simultanément la coquille de leur bec, ce n'est que dans la volonté commune de rompre la coquille de l'ego que celle-ci se brise à la fin. Le maître ne peut le faire sans l'élève ; l'élève ne peut le faire sans le maître.

page(s) 19
• Le rien

[U]ne fois qu'il a pris [la] posture, le pratiquant reste immobile, le corps droit ; une fois qu'il a harmonisé sa respiration, il continue de respirer naturellement par le nez ; une fois qu'il s'est délesté de toute intention particulière, il ne porte pas son attention sur un objet particulier, pas plus qu'il ne réfléchit sur un sujet quelconque. Il se contente de rester assis, simplement assis. Mais que fait-il ensuite ? Précisément, rien. Il ne contrôle rien, il ne s'identifie à rien, il ne reconnaît rien. Tout au plus pourrait-on dire qu'il approfondit le silence.

page(s) 65
• Il n'y a rien à obtenir

Quel que soit leur style […] tous les maîtres zen répètent à l'unisson une même phrase : il n'y a rien à obtenir de cette pratique de méditation. […] [P]lus l'adepte tente de se libérer, plus il s'enchaîne.

page(s) 9