Shambhala

La voie sacrée du guerrier
Seuil, 1984 , traduit en 1990
11 cm x 18 cm, 210 pages


Couverture de Shambhala

Quatrième de couverture

Voici le chemin du guerrier présenté aux hommes et aux femmes contemporains dans leur recherche de la maîtrise de soi et d'une plus vaste réalisation. Formulant le chemin du guerrier en termes modernes, Trungpa examine des sujets tels que la synchronisation corps/esprit, le dépassement des comportements routiniers, la relaxation issue de la discipline, une ouverture au monde dénuée de peur, et la découverte de la dimension sacrée de la vie quotidienne. Surtout, il montre qu'en découvrant la bonté fondamentale de l'existence humaine, le guerrier apprend à extérioriser cette dimension positive au profit de la tranquillité et de la santé du plus grand nombre.

Les enseignements de Shambhala - qui tiennent leur nom d'un royaume himalayen légendaire où règnent la prospérité et le bonheur - mettent donc l'accent sur le potentiel de conduite éclairée inhérent à chaque être humain.

Extraits de l'ouvrage

• Ennoblir l'existence

[Il s'agit] d'ennoblir notre propre existence comme celle des autres sans recours au religieux. Car, même si la tradition Shambhala repose sur la santé et la douceur de la tradition bouddhique, elle n'en possède pas moins un fondement distinct, qui est de cultiver directement ce que nous sommes et qui nous sommes en tant qu'êtres humains. Devant les problèmes énormes qui pèsent sur la société humaine d'aujourd'hui, il semble de plus en plus important de découvrir des moyens simples et non sectaires de travailler sur nous-mêmes et de partager ce que nous avons compris avec autrui.

page(s) 29
• Ne pas avoir peur de qui l'on est

Le secret de l'art du guerrier – et le principe même de la vision Shambhala – est de ne pas avoir peur de qui l'on est. Voilà en dernière analyse la définition de la vaillance : ne pas avoir peur de soi. La vision Shambhala nous enseigne que devant les graves problèmes du monde nous pouvons être héroïques et bienveillants à la fois. Cette vision est le contraire de l'égoïsme. Quand nous avons peur de nous-mêmes et que le monde nous paraît menaçant, nous devenons extrêmement égoïstes. Nous tâchons alors de bâtir notre petit nid bien à nous, notre propre cocon, afin d'y vivre seul et en sécurité.

page(s) 30
• Aider le monde

Nous devons essayer de voir comment nous pouvons aider le monde ; si nous n'apportons pas notre aide, personne ne le fera. […I]l suffit de commencer par sa famille, ses amis, son entourage. En fait, on peut commencer par soi-même. L'important est de se rendre compte qu'on est constamment de service, qu'on ne peut jamais simplement se détendre, car le monde entier a besoin d'aide.

page(s) 31
• Découvrir en nous-mêmes ce que nous pouvons offrir

La vision Shambhala part de l'hypothèse qu'il nous faut d'abord découvrir en nous-mêmes ce que nous pouvons offrir au monde avant d'établir une société illuminée. Donc, pour commencer, nous devons nous efforcer d'examiner notre propre expérience afin de voir ce qu'elle contient d'utile pour ennoblir notre existence et pour aider les autres à en faire autant. […]

Si nous ne sommes que des êtres misérables et malheureux, comment pourrions-nous même imaginer une société éveillée, et encore plus la réaliser ?

page(s) 31
• La bonté véritable

Pour découvrir la bonté véritable, il faut savoir apprécier des expériences très simples. […]

[N]ous parlons de ce qu'il y a de foncièrement bon dans le fait d'être en vie, et cela ne dépend ni de nos réalisations, ni de l'accomplissement de nos souhaits. C'est une bonté qu'il nous est donné d'entrevoir à chaque instant, mais souvent nous ne la reconnaissons pas.

page(s) 32
• Le monde est bon

L'idée que le monde est bon est loin d'être arbitraire ; il est bon parce que nous pouvons faire l'expérience de sa bonté. Si nous pouvons faire l'expérience d'un monde sain et direct, franc et réel, c'est parce que notre nature inhérente épouse tout naturellement ce qu'il y a de bon dans les situations. Notre potentiel humain d'intelligence et de dignité s'accorde à l'expérience de l'éclat intense d'un ciel bleu, à la fraîcheur des champs verdoyants et à la beauté des arbres et des montagnes.

page(s) 33
• Lorsque notre vie est authentique et bonne

Faire l'expérience de la bonté fondamentale de notre vie nous fait sentir que nous sommes des personnes intelligentes et correctes et que le monde ne constitue pas une menace. Lorsque nous avons le sentiment que notre vie est authentique et bonne, nous n'avons plus besoin de nous duper ni de duper autrui. Nous pouvons voir nos défauts sans nous sentir coupables ou dévalorisés, et en même temps nous prenons conscience de notre capacité à étendre cette bonté aux autres. Nous pouvons dire la vérité sans ambages, être complètement ouverts et fermes à la fois.

page(s) 35
• Tendresse & tristesse

Quand nous éveillons ainsi notre cœur, nous découvrons avec surprise qu’il est vide. Nous constatons que nous regardons l’espace. Que sommes-nous, qui sommes-nous, où est notre cœur ? Si nous regardons vraiment, nous ne verrons rien de tangible ni de solide. Bien-sûr, il se peut que nous trouvions quelque chose de très solide si nous en voulons à quelqu’un ou si nous vivons un amour possessif. Mais ce n’est pas là un cœur éveillé. Si nous cherchons le cœur éveillé, si nous creusons dans notre poitrine pour le trouver, nous n’y découvrirons rien d’autre qu’une sensation de tendresse. C’est doux et endolori, et si nous ouvrons les yeux sur le monde, nous éprouvons une immense tristesse.

page(s) 47