Trois enseignements sur la méditation Vipassana

Préface de William Hart
Seuil, 1991 , traduit en 2009
11 cm x 18 cm, 180 pages
Couverture de Trois enseignements sur la méditation Vipassana

Quatrième de couverture

Vipassanā est un terme pāli signifiant « vision pénétrante », voir les choses telles qu’elles sont réellement. Il s’agit d’une méthode de méditation pragmatique, applicable par tous, dont le but est de purifier l’esprit, d’éliminer les tensions et la négativité mentales qui nous rendent malheureux. Il y a 2500 ans, le Bouddha la redécouvrit en Inde où elle était née, et l’enseigna en remède universel à la souffrance humaine.

En 1994, après vingt-cinq ans d’enseignement de Vipassanā dans le monde entier, S. N. Goenka prononça trois conférences, traduites et présentées dans ce livre, qui condensent avec une simplicité lumineuse sa longue et intense pratique de cet enseignement du Bouddha.

Extraits de l'ouvrage

• Le bouddhisme n'est pas une croyance, mais une pratique

Si l'on crée une secte autour des enseignements du Bouddha, si l'on développe une foi aveugle en cet enseignement, si on en fait l'objet d'un culte, ou une philosophie, c'est alors que les difficultés se présentent.

Le Bouddha enseigne le dharma, il n'établit pas une religion. Cela ne l'intéresse pas non plus de créer une secte autour de lui. […] Peu lui importe que des milliers de gens dans le monde se mettent à se dire bouddhistes, ce n'est pas le but de son enseignement. Mais s'ils se mettent à pratiquer sīla, samādhi, prajñā, alors oui, son enseignement a commencé à porter ses fruits.

page(s) 28-29
• La vérité dont nous pouvons tous faire l'expérience

[L]e Bouddha nous conduit au stade où, par une compréhension issue de notre propre expérience, l'ego se dissout naturellement. Il ne s'agit pas là d'un jeu intellectuel, ni d'un jeu émotionnel, ni d'une croyance aveugle. Ce n'est pas non plus un dogme, ni un culte, ni une philosophie. C'est la vérité, la vérité dont nous pouvons tous faire l'expérience, que nous soyons chrétiens ou musulmans, hindous ou jaïns, birmans ou américains, russes ou chinois. La loi de la Nature est la loi de la Nature, elle est universelle.

page(s) 33
• Le mal-être : sensation, réaction (avidité ou aversion)

Comprenez cette loi : il n'y a pas un instant sans qu'une sensation apparaisse ; dans chaque partie du corps, des sensations apparaissent. Elles sont soumises au changement, leur apparition est toujours suivie de leur disparition, cependant à cause de votre ignorance, parce que vous n'avez pas conscience de cette impermanence, vous ne cessez d'y réagir. Si elles sont agréables, vous réagissez avec avidité (rāga), si elles sont désagréables, vous réagissez avec aversion (dveṣa). Ainsi faites-vous la vie durant, et vous créez souffrance après souffrance, vous ne cessez de multiplier vos souffrances.

page(s) 36
• Juste observer

Si vous trouvez la sensation agréable, alors seulement vous engendrez de l'avidité ; si vous la trouvez désagréable, alors seulement vous engendrez de l'aversion.

Contentez-vous d'observer, ne faites rien d'autre ; ne faites qu'observer et vous changerez le comportement habituel de votre esprit.

page(s) 42
• Un art de vivre

Le dharma, c'est la loi de la Nature, une loi universelle. La nature de la colère, c'est de vous rendre malheureux ; celle de l'avidité, de vous rendre malheureux : toute cela relève de la loi de la Nature. Si, comme le Bouddha, vous la comprenez à votre tour, vous vous mettrez alors à vivre une vie meilleure, car en vivant en harmonie avec cette loi, vous échapperez à la souffrance.

De ce point de vue nous pouvons dire que le bouddhisme est un mode de vie, un code de conduite. Un mode de vie aisé à pratiquer, qui nous apprend comment vivre en paix et harmonieusement, et n'engendrer que paix et harmonie pour autrui.

page(s) 43
• Le bouddhisme n'est pas philosophie, mais expérience

Pour moi, le Bouddha n'a jamais enseigné aucune philosophie. « Philosophie », dans la langue du nord de l'Inde qu'il utilisait, se disait diṭṭhi et le Bouddha condamnait tous les diṭṭhi.

Ce qu'il enseignait était sammādiṭṭhi, « le point de vue juste », ce qui signifie la réalité dont vous faites l'expérience vous-même, la vérité pour vous. Tout point de vue dont vous n'avez pas fait l'expérience, aussi vrai soit-il, est diṭṭhi : quelqu'un l'a exprimé et vous y croyez, mais il ne vous aidera en rien pour vivre une vie meilleure. Mais si vous en faites vous-même l'expérience, alors vous pouvez adopter ce point de vue et l'appliquer.

C'est cela l'enseignement du Bouddha. Il apprend à vivre en accord avec la loi de la Nature, qui est universelle. Elle vous enjoint à ne pas souiller votre esprit.

page(s) 44-45
• À chaque instant la réincarnation se produit

Certains croient en la réincarnation, certains n'y croient pas. Mais observez en vous : à chaque instant la réincarnation se produit, à chaque instant vous mourez et une nouvelle naissance se produit. Voilà la réincarnation.

page(s) 46