Vivre dans un monde en crise

Ce que la vie nous enseigne en des temps difficiles
Presses du Châtelet, 2005 , traduit en 2008
14 cm x 22 cm, 255 pages
Pocket, 2009


Couverture de Vivre dans un monde en crise
Couverture poche de Vivre dans un monde en crise

Quatrième de couverture

Krishnamurti avait pour habitude de dire à ses élèves que, pour se comprendre soi-même, il est indispensable d'observer le monde tel qu'il est, avec la violence et les conflits qui lui sont inhérents. Se détourner de la société revenait pour lui à se priver de tout ce que la vie a à nous apprendre.

Dans Vivre dans un monde en crise, il livre ses recommandations sur la façon de se comporter en un temps de tourmente économique, sociale ou morale. Son message, fondé sur la responsabilité individuelle et l'importance du rassemblement des peuples, reste ainsi tout à fait actuel.

Accessible et non-politisé, son enseignement apparaît aujourd'hui comme une nouvelle manière de comprendre notre monde et de trouver l'espoir.

Extraits de l'ouvrage

• Être seul en ce monde

Être seul en ce monde est l'une des choses les plus difficiles : n'appartenir à aucune nation, si ce n'est peut-être en ayant un passeport ; n'adhérer à aucune idéologie, n'avoir aucune activité politique à gauche comme à droite ; ne répéter aucun mot dont on ne connaisse personnellement le sens, afin de conserver son intégrité.

page(s) 24
• La solitude n’est pas l’isolement

Je suis isolé lorsque j'élève un mur de résistance autour de moi. Je résiste, je résiste à toute critique, à toute idée nouvelle ; j'ai peur, je veux me protéger, je ne veux pas être blessé. Et cela influe sur mon action qui devient centrée sur moi-même, autrement dit c'est un processus d’isolement. […]

En revanche, la solitude est complètement différente. Ce n'est pas l'opposé de l'isolement […] mais, lorsqu'il y a vision pénétrante de ce qu'est l'isolement, cette perception est la solitude.

page(s) 41-42
• Esprit libre versus esprit mécanique

[La] vision profonde surgit à chaque instant dans un esprit libre. Un esprit libre ne tire pas de conclusion et n'est donc pas mécanique. Un tel esprit agit, et son action n'est pas mécanique parce qu'en permanence il a une vision lucide des faits. Il est constamment en mouvement, vivant. Et, par conséquent, toujours jeune, neuf et invulnérable, alors que l'esprit mécanique est perméable à toutes les blessures.

page(s) 42
• Aimer une image n'est pas aimer

Je peux affirmer : « J'aime mon épouse », mais ce n'est pas un fait réel. J'aime l'image que j'ai d'elle lorsqu'elle ne m'agresse pas. Dès lors, je découvre que la relation suppose un affranchissement de toute image, de toute conclusion et qu'elle signifie responsabilité et amour.

page(s) 44
• La croyance pour se sécuriser

[L]a sécurité totale existe-t-elle ? Alors, sentant l'incertitude que suscite l'insécurité, le cerveau se met à conclure que la sécurité existe. Il tire une conclusion, laquelle devient sa sécurité. […]

J'ai peur. Et cette peur m'incite à placer mon énergie dans une croyance, une conclusion qui devient ma sécurité.

page(s) 44
• La comparaison rend mesquin

Lorsque je me dis « Mon esprit est mesquin, étroit, stupide, obtus, idiot, névrosé », est-ce que je le sais parce que quelqu'un me l'a dit ? Parce que je l'ai comparé à un autre qui ne me paraît pas névrosé et que je crois libre ? Alors, est-ce que je découvre ma mesquinerie en me comparant, en m'évaluant ? Mais c'est précisément la mesure, la comparaison qui rendent l'esprit mesquin. […] C'est là un exemple de vision pénétrante.

page(s) 49
• La pensée empêche de se projeter dans l'inconnu

Le savoir est important mais ce savoir – qui est le connu – empêche l'esprit d'aller au-delà du présent et du passé. La pensée ne peut fonctionner que dans le champ du connu car, même si elle croit se projeter dans l'inconnu, elle le fait suivant son conditionnement, sa connaissance du connu. Et l'on observe ce phénomène partout dans le monde – l'idéal, l'avenir, ce qui devrait être, ce qui est tenu d'arriver selon le passé, le conditionnement, l'éducation, le milieu. Et la pensée est également à l'origine de notre comportement, de la vulgarité, de la grossièreté, de la brutalité, de la violence dans les relations, etc.

page(s) 53