Extraits étiquetés avec : imaginer

  • Indicible

    [P]our le zen, il est inconcevable que les faits fondamentaux de l'existence puissent être énoncés en aucune proposition, si atomique fût-elle [Bertrand Russel]. Pour le zen, dès l'instant où le fait est transféré à un énoncé, il est adultéré. […]

    Le seul but du zen n'est pas de faire des énoncés à l'abri des interprétations imbéciles sur l'expérience, mais d'en arriver à diriger les prises sur la réalité sans l'intermédiaire de la mise en mots logique. […]

    L'expérience zen est une compréhension directe de l'unité de l'invisible et du visible, du nouménal et du phénoménal, ou, si l'on préfère, une prise de conscience empirique de ce que toute division de ce genre n'est forcément qu'imagination pure.

    Couverture de Zen, tao et nirvâna
    page(s) 59
  • Nos drames personnels

    Disons que le drame est l'illusion se présentant comme la vérité, et que le dharma est la vérité elle-même : ce que sont les choses, l'état élémentaire de la réalité, qui ne change pas de jour en jour au gré de la mode, de notre humeur ou de notre emploi du temps. Pour transformer le dharma en drame, tout ce qu'il nous faut, ce sont les ingrédients de n'importe quelle bonne pièce : de l'émotion, du conflit et de l'action – l'impression qu'il arrive quelque chose d'urgent et d'important aux personnages impliqués. Nos drames personnels peuvent partir des « faits » concernant notre identité et nos actes ; mais, attisés par nos émotions et nos concepts, ils ont tôt fait d'évoluer en pure imagination et de devenir aussi difficiles à démêler que les scénarios de nos rêves.

    Couverture de Bouddha rebelle
    page(s) 11
  • Habiter son espace, c’est le parcourir

    [I]l devait maintenant habiter l'espace amoureux et amical de son corps et s'y mouvoir au rythme qui lui convenait et qui conviendrait à son entourage. Ici, dans la séance, habiter l'espace amical et amoureux voulait dire s'arrêter sur chacun des proches, le regarder, l'entendre, l'approcher et peu à peu renouveler ses modes de relation avec lui, cela signifiait le faire exister par une longue attention, le laisser exister à sa manière à travers la mémoire de la multitude des sensations incorporées qui attendent d'être éveillées, ou encore faire preuve d'imagination à son égard pour qu'il puisse se déployer à sa guise. Habiter son espace, c'est donc le parcourir, s'y mouvoir, l'investir personnellement et activement pour le tisser avec des fils rénovés.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 187 (La fin de la plainte)
  • Toute perception est création

    Pour Asanga, les objets que nous percevons n'ont aucune existence en dehors de la connaissance que nous en avons. Les perceptions sont en fait un processus de création du monde sensible. Les objectivations de notre esprit nous apparaissent comme un univers indépendant.

    Les phénomènes ne sont que de pures imaginations.

    Bref, tout est un rêve issu de l'ālayavijñāna, une vaste conscience qui contient les germes de tous les songes qui habitent l'humanité.

    Couverture de L’univers est un rêve
    page(s) 54
  • Ne pas entraver par des vouloirs ou des pensées intempestives

    Certes l'imagination est sollicitée par l'expérience, mais si l'on veut bien faire appel au pouvoir créateur qui, lui, est par tous reconnu, les matériaux de souvenirs et de savoir-faire à travers lesquels elle s'exprimera diront toujours le style singulier de la personne, mais ce ne sera jamais dans la monotonie. Elle reprend en compte et en charge tout l'apport de la sensorialité, de la mémoire des représentations et des savoir-faire pour que ce pouvoir s'étende aux mouvements du corps. Il suffit de revenir à elle dans le retrait et de lui laisser l'initiative, de ne pas l'entraver par des vouloirs ou des pensées intempestives, pour que l'acte imaginé par l'esprit et le corps soit déjà accompli.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 146 (La fin de la plainte)
  • Offrir

    En découvrant le meilleur de soi, en lui donnant de l'attention, en le faisant vivre, vous découvrirez peu à peu qu'il n'y a pas d'avantages à utiliser votre imagination pour promouvoir la satisfaction de vos désirs. Il vous semblera plus intéressant d'utiliser l'amour et la joie que vous découvrez en vous pour l'offrir à votre entourage. Vous aurez alors cessé de demander et de vouloir comme si tout vous manquait ou comme si tout vous était dû. Vous aurez percé un des secrets du bonheur : offrir, offrir aux autres ce qui vous a le plus manqué, librement et gratuitement.

    Couverture de Le meilleur de soi
    page(s) 224