Extraits étiquetés avec : névrose

  • La névrose bouddhique

    On pourrait définir [la] névrose [bouddhique] comme le moment où la règle supplante l'essence ou comme le moment où les formes prennent plus d'importance que la substance. C'est le risque qu'encourt tout mouvement religieux et il est intéressant de noter que les mystiques de toutes les religions sont avant tout des iconoclastes, bien souvent détruits par le courant mortel que peut porter toute tradition. La question essentielle est que le mystique refuse ce qui peut entraver son magnifique vagabondage.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 37
  • Inflation spirituelle névrotique

    [L]a psychothérapie ne vise pas la « transcendance de soi » et il y a danger à se trouver devant une regrettable confusion de concepts quand, par exemple, le détachement mène à une forme d'inflation spirituelle névrotique, ou lorsqu'une certaine profondeur de la conscience débouche sur l'idée fausse et grossièrement omnipotente que l'on approche de l'éveil, voire que l'on « y » est.

    Couverture de Bouddhisme et psychanalyse
    page(s) 19-20
  • Être en suspens

    Être en suspens, c'est revenir à la pénombre, à un point de relatif aveuglement et d'une certaine manière s'y tenir. Car en s'y tenant, autre chose apparaît, une autre limite, une autre rive.

    Quand le sujet ne cède pas aux mirages de l'intentionnalité, qu'il tente de désengager de son acte, de ses projections, de ses mouvements identificatoires, il arrive, en un certain sens, à faire rendre gorge à la subjectivité même. C'est une sorte d'universalité qui s'éprouve sur ce seuil. Le pas du funambule, s'il se suspend ainsi si près du vide, n'est peut-être plus tellement celui d'un personnage qui marche mais d'un corps tout entier devenu équilibre.

    La suspension du jugement est difficile et très artificielle, c'est un exercice épuisant, car ce qui risque de venir alors à la rencontre du sujet est hétérogène à sa nature. Non soluble dans son identité, lui venant du bord non familier, non apprivoisé du réel. Ce dont la névrose ordinaire a en horreur, elle dont le mouvement principal consiste toujours à ramener l'inconnu vers le connu, à n'importe quel prix.

    La philosophie, parce qu'elle est par essence le premier espace de questionnement, est un art du suspens.

    Couverture de Éloge du risque
    page(s) 36
  • Ne pas mourir de notre vivant

    Et si ne pas mourir de notre vivant était le premier de tous les risques, qui se réfractait dans la proximité humaine de la naissance et de la mort ?

    Le risque est un kairos, au sens grec de l'instant décisif. Et ce qu'il détermine n'est pas seulement l'avenir, mais aussi le passé, en arrière de notre horizon d'attente, dans lequel il révèle une réserve insoupçonnée de liberté. Comment nommer ce qui, en décidant de l'avenir, réanime de fait le passé, l'empêchant de se fixer ? […] L'instant de la décision, celui où le risque est pris, inaugure un temps autre, comme le traumatisme. Mais un trauma positif. Ce serait, miraculeusement, le contraire de la névrose dont la marque de fabrique est de prendre aux rets l'avenir de telle sorte qu'il façonne notre présent selon la matrice des expériences passées, ne laissant aucune place à l'effraction de l'inédit, au déplacement, même infime qu'ouvre une ligne d'horizon.

    Couverture de Éloge du risque
    page(s) 13-14
  • Tendance rebelle

    Nous avons tous une tendance rebelle. Latente en général, il lui arrive parfois d'être contrainte à s'exprimer. Nourrie et guidée avec sagesse et compassion, ce peut être une force positive qui nous libère de la peur et de l'ignorance. À l'inverse, si elle se manifeste d'une façon névrotique, pleine de ressentiment, de colère et d'égocentrisme, elle risque de se transformer en une force destructrice, aussi nuisible à nous-mêmes qu'aux autres.

    Couverture de Bouddha rebelle
    page(s) 9-10
  • Moi sain et moi névrosé

    Ce qui donne des lignes directrices ou des détails pratiques pour s'occuper des choses est appelé moi, c'est être conscient d'être soi-même. Et on déploie des efforts grâce à lui, de sorte que le mot moi renvoie à toute forme de dignité personnelle. C'est le sens général de ce terme.

    Mais le moi dont nous parlons ici est légèrement différent. Dans ce cas, le moi c'est ce qui est constamment aux prises avec une certaine forme de paranoïa, une sorte de panique – autrement dit, l'espoir et la peur. C'est-à-dire que, au fil de vos actions, il y a un retour constant à vous-même. En vous reportant à vous-même, un critère de référence se construit sur le mode de l'espoir ou de la peur : gagner quelque chose ou perdre son identité. La lutte est sans trêve. Cela semble être la notion du moi dont on parle ici, son aspect névrosé.

    Sans le moi, on pourrait avoir une solide compréhension fondamentale de la logique des choses comme elles sont. En réalité, on peut accéder à une santé mentale plus forte au-delà du moi ; on peut faire face aux situations sans espoir ni peur, et conserver sa dignité personnelle et sa santé mentale logique dans les rapports avec les choses.

    Couverture de Bardo
    page(s) 34
  • Des cache-misères pour ne pas voir la réalité de la souffrance

    — Qu'est-ce qui vous a le plus marqué durant votre carrière de médecin psychiatre ?

    — Comme la majorité de mes collègues, j'ai remarqué une augmentation considérable des troubles névrotiques, des états dépressifs et conflictuels : les maladies du monde moderne. La France détient le triste record en Europe occidentale de la consommation des antidépresseurs, des anxiolytiques, de l'alcool. La consommation de la drogue et les suicides y sont en hausse. Une population à la dérive utilise des cache-misères pour ne pas voir la réalité de sa souffrance. Être scotché devant sa télévision ne suffit pas pour oublier qu'il n'y a aucun point de repère. La « religion » du frigidaire n'est pas suffisante pour remplacer le Christ. Le vide est angoissant. Il reste la psychothérapie, dont je ne médis pas, souvent indispensable, toujours insuffisante.

    Couverture de Itinéraire d’un bouddhiste occidental
    page(s) 24
  • Concilier notre potentiel et nos névroses

    Il nous faut atteindre une certaine maturité pour apprendre à concilier notre potentiel et nos névroses. La pratique de l'observation de l'esprit permet de développer cette maturité.

    Cette réflexion introspective désigne l'attitude d'esprit et la méthode qui consistent à regarder en toute lucidité et sans jugement de valeur tout ce qui surgit dans notre esprit. C'est un exercice difficile : nous avons en effet tendance à rejeter nos expériences déplaisantes et à susciter les plus agréables. La beauté et la bonté extraordinaires inhérentes à cette méthode résident dans le fait qu'elle exige tout simplement de faire l'expérience de l'ensemble de ce que nous vivons.

    Couverture de Petit guide du bouddhisme à l’usage de tous
    page(s) 26-27
  • Mieux nous traiter nous-mêmes

    Lorsque nous regardons en nous, nous avons tendance à nous fixer sur nos névroses, notre agitation et notre agressivité. Nous pourrions aussi nous fixer sur le fait que nous sommes tellement merveilleux, accomplis et invulnérables. […]

    Il y a quelque chose d'autre, quelque chose de plus que tout ça, qui fait que nous sommes disposés à attendre, prêts à sourire, enclins à nous comporter convenablement. Nous ne devrions pas ignorer ce potentiel, cette puissante graine de douceur. Même les animaux les plus malfaisants font preuve d'une affection naturelle et de douceur envers leurs petits. Cet élément de douceur existe en tout être. Nous n'avons pas à en être gênés ou à essayer de le dissimuler. Nous n'avons pas besoin de jouer les mauvais garçons et les mauvaises filles ni les héros ou les durs. Nous pouvons nous permettre d'accepter et de cultiver la douceur et, avant tout, de mieux nous traiter nous-mêmes.

    Couverture de La pleine conscience en action
    page(s) 29-30
  • Le seul amour pur, celui pour son maître

    Selon l'analogie traditionnelle de la voie spirituelle, le seul être qui nous montre réellement de l'amour est celui qui nous indique le chemin. On peut éprouver de l'affection pour ses parents, ses frères et sœurs, etc., mais ce sont quand même des relations à problèmes, puisque la névrose y est à l'œuvre. La seule relation amoureuse pure qui puisse exister est celle qu'on établit avec son maître spirituel.

    Couverture de L´entraînement de l'esprit
    page(s) 34
  • La parole apaisée

    [L]a parole au repos, apaisée. Cela ne veut pas dire que nous la contrôlons, tendus, en nous efforçant de ne pas parler mal. Cela signifie que notre parole est directe et disciplinée. Nous ne nous mettons pas à lâcher des mots simplement parce que personne d'autre ne parle et que cela nous rend nerveux. [...]

    Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose.

    Couverture de Quand tout s’effondre
    page(s) 60 (6 - Éviter de nuire)
  • La comparaison rend mesquin

    Lorsque je me dis « Mon esprit est mesquin, étroit, stupide, obtus, idiot, névrosé », est-ce que je le sais parce que quelqu'un me l'a dit ? Parce que je l'ai comparé à un autre qui ne me paraît pas névrosé et que je crois libre ? Alors, est-ce que je découvre ma mesquinerie en me comparant, en m'évaluant ? Mais c'est précisément la mesure, la comparaison qui rendent l'esprit mesquin. […] C'est là un exemple de vision pénétrante.

    Couverture de Vivre dans un monde en crise
    page(s) 49
  • L'éveil n'est jamais acquis

    Le parfait éveil apparaît dans beaucoup de textes mais, parmi les maîtres et enseignants occidentaux que je connais, une telle perfection absolue n'est pas manifeste. Les périodes de grande sagesse, de profonde compassion et de conscience réelle de liberté alternent avec les phases de peur, de confusion, de névroses et de luttes. La plupart des enseignants admettent facilement cette vérité.

    Couverture de Après l’extase la lessive
    page(s) 23
  • Trois difficultés

    Il y a trois difficultés. La première est de voir la névrose comme névrose et la seconde est d'être disposé à faire quelque chose de différent. La troisième est l’aspiration à faire de cela un mode de vie.

    Couverture de La voie commence là où vous êtes
    page(s) 179 (20 - Le gros étau)
  • Le sage est lui-même confusion et éveil

    Nous pouvons nous prosterner devant [les sages] en tant qu’exemples de notre propre esprit de sagesse, notre propre esprit éveillé, mais peut-être est-il bon également de nous prosterner devant eux en tant qu’exemples de personnes embrouillées, névrosées, tout à fait semblables à nous. Ils sont de bons modèles de personnes qui n’ont jamais renoncé à elles-mêmes et n’ont pas eu peur d’être elles-mêmes ; par conséquent, ils ont trouvé leur propre authenticité et leur vraie nature.

    Couverture de Entrer en amitié avec soi-même
    page(s) 32 (3 - Découvrir notre nature véritable)
  • Confusion et sagesse indissociables

    Notre sagesse s’entremêle totalement avec ce que nous appelons notre névrose. Nos côtés brillant, juteux, piquant s’entremêlent à notre folie et à notre confusion et c’est pourquoi cela n’arrange rien de chercher à nous débarrasser de nos prétendus aspects négatifs, car, ce faisant, nous laissons tomber ce qui est fondamentalement merveilleux en nous.

    Couverture de Entrer en amitié avec soi-même
    page(s) 22 (2 - La satisfaction)