Extraits étiquetés avec : parole

  • Les paroles et les actes

    Même chez Celui-là [le Bouddha], qui fut ton maître, le plus grand parmi les maîtres, la « chose » a plus de valeur à mes yeux que les paroles, sa manière de vivre et d'agir a plus de poids que ses discours, le seul geste de sa main plus d'importance que ses opinions. Ce n'est pas dans les discours ni dans le penser que réside sa grandeur ; mais dans ses actes, dans sa vie.

    Couverture de Siddhartha
    page(s) 195
  • Parler/écouter versus pratiquer

    Les théologiens consacrent beaucoup d'encre, de temps et de respiration à parler de Dieu. C'est exactement ce que le Bouddha enseignait à ses disciples de ne pas faire, parce qu'il voulait qu'ils aient le temps de pratiquer śamatha (s'arrêter, se calmer), vipassanā (regarder profondément), la prise de refuge dans les Trois joyaux, les Cinq entraînements, etc.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 124
  • Nous ne savons pas communiquer

    Jamais dans toute l'histoire de l'humanité nous n'avons disposé d'autant de moyens de communication – télévision, téléphone, fax, radio sans fil, numéros verts, courrier électronique – mais nous sommes restés des îles. Il y a si peu de communication entre les membres d'une famille, entre les individus d'une société ou entre nations. Il y a tant de guerres et de conflits.

    Nous avons de toute évidence besoin de cultiver l'art de l'écoute et de la parole. Nous ne savons pas communiquer les uns avec les autres. Nous sommes peu habiles à tenir une conversation intelligente ou sensée. La porte universelle de la communication doit être à nouveau ouverte.

    Lorsque nous ne pouvons pas communiquer, nous devenons malades, nous souffrons et déversons notre souffrance sur les autres.

    Nous payons des psychothérapeutes pour écouter notre souffrance, mais si les psychothérapeutes ne pratiquent pas la porte universelle, ils ne pourront pas nous écouter. Les psychothérapeutes sont des êtres humains qui souffrent comme nous. Ils peuvent aussi avoir des problèmes avec leur conjoint, leurs enfants, leurs amis, la société. Ils ont aussi des formations internes. Ils ont beaucoup de souffrance qu'ils ne peuvent pas communiquer, même aux êtres qui leur sont les plus chers. Dans ce cas, comment peuvent-ils rester assis à écouter notre souffrance et la comprendre ?

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 68-69
  • Le seigneur de la parole

    Le Seigneur de la Parole concerne l'emploi de l'intellect dans la relation à notre monde. Nous adoptons des jeux de catégories qui nous servent de manettes pour contrôler les phénomènes. Les idéologies, systèmes d'idées qui rationalisent, justifient et sanctifient nos vies, sont les produits les plus pleinement développés de cette tendance. Nationalisme, communisme, existentialisme, christianisme, bouddhisme, tous les « isme » nous munissent d'identités, de règles d'action et d'interprétations sur le pourquoi et le comment des choses telles qu'elles surviennent.

    De nouveau, l'usage de l'intellect n'est pas en soi le Seigneur de la Parole. Le Seigneur de la Parole se réfère à cette inclination de l'ego à interpréter tout ce qui le menace ou l'irrite de façon à neutraliser la menace ou la convertir en quelque chose de « positif » de son point de vue. Le Seigneur de la Parole concerne l'usage des concepts comme filtres qui font écran à une perception directe de ce qui est.

    Couverture de Pratique de la voie tibétaine
    page(s) 14-15
  • Tel le bon gardien de troupeau

    Tel le bon gardien de troupeau reconnaissant chacune de ses bêtes, un bhikṣu est capable d'identifier chaque composante de son propre corps. Tel le bouvier n'ignorant rien du caractère de chaque buffle, un bhikṣu sait quels actes du corps, de la parole et de l'esprit sont bons ou mauvais. Comme un bon gardien de troupeau sachant laver parfaitement ses bêtes, un bhikṣu doit purifier son esprit et son corps des désirs, attachements, colères et aversions.

    Couverture de Sur les traces de Siddharta
    page(s) 20
  • Fleurs dénuées de parfum

    Les bonnes paroles et les belles pensées que l'on ne met pas en pratique sous forme d'actions et d'entraide sont autant de jolies fleurs dénuées de tout parfum.

    Couverture de Esprit d’amour, esprit de paix
    page(s) 19
  • Trauma & création

    La douceur est ce qui retourne l'effraction traumatique en création. Ce qui sur la nuit hantée pose de la lumière, sur le deuil un visage aimé, sur l'effondrement de l'exil une promesse de rive où se tenir. C'est ainsi qu'entre la lumière, empreinte plus forte que l'envie d'y revenir, plus forte que l'objet perdu de la mélancolie ou du renoncement.

    Pour approcher, voire guérir d'un trauma, il faut pouvoir aller jusque-là où le corps a été atteint. Il faut coudre une autre peau sur la brûlure de l'événement. Fabriquer une enveloppe protectrice ad minima sans quoi aucune délivrance n'est possible, car alors le trauma fera hantise dans la vie de l'individu. La douceur est l'une des conditions de cette reconstruction.

    Le trauma est un ravissement négatif. Le sujet est ravi à lui-même, son moi ne gouverne plus, il est emporté, démâté, quelque chose le saisit qui le fait revenir à ce moment de l'existence où il n'était pas encore constitué ni construit mais déjà entièrement existant. Le trauma est une subversion qui ordonne un exil. De n'en rien vouloir savoir fait le lit de toutes les dépressions, du régime du renoncement le plus radical à celui en demi-teintes de la dépression blanche. Et des médicaments rafistoleront l'envie d'exister ou le chagrin d'amour ou l'échec professionnel ou le sentiment d'imposture, car rien ne vient recoudre cette plaie. Rien d'autre que la création, qui la rouvre aussi autrement et ailleurs, mais sur un terrain moins mouvant.

    La douceur peut venir quand cesse la douleur traumatique. Ce retour à la liberté d'un corps non violenté, d'une parole saine est déjà une création. C'est retrouver des sensations primitives de commencement du désir, de commencement du temps aussi peut-être. Sortir du trauma allège des contraintes que la douleur exerçait. La convalescence offre une saveur telle qu'elle est en soi une sorte de miracle qu'on ne goûtera que cette unique fois.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 119-121
  • La parole apaisée

    [L]a parole au repos, apaisée. Cela ne veut pas dire que nous la contrôlons, tendus, en nous efforçant de ne pas parler mal. Cela signifie que notre parole est directe et disciplinée. Nous ne nous mettons pas à lâcher des mots simplement parce que personne d'autre ne parle et que cela nous rend nerveux. [...]

    Notre parole est apprivoisée et communique quelque chose. Nous ne gaspillons pas le don de parole pour exprimer notre névrose.

    Couverture de Quand tout s’effondre
    page(s) 60 (6 - Éviter de nuire)
  • C'est avec l'esprit que l'on pratique

    Les méthodes exposées dans les enseignements bouddhistes ne reposent pas principalement sur des actes externes de la parole, comme la récitation de prières et de mantras, ni sur des actes physiques comme les prosternations. En effet, c'est véritablement au moyen de l'esprit que les enseignements sont mis en pratique. Ceci rend le processus un peu plus difficile. Les écritures disent : « C'est pour cette raison que la tradition du Bouddha est subtile. »

    « Pourquoi ? » pourriez-vous demander. Parce qu'il est toujours possible de se conduire extérieurement comme un pratiquant spirituel tout en continuant à nourrir des pensées négatives indignes d'un vrai pratiquant.

    Couverture de La grande paix de l’esprit
    page(s) 49