Extraits étiquetés avec : préjugé

  • Ne pensez pas : regardez !

    La difficulté de la communication pour l'homme est que nous ne pouvons ordinairement communiquer sans mots ou signes, mais que même l'expérience ordinaire tend à être faussée par nos habitudes de mise en mots et de rationalisation. Les outils commodes du langage nous permettent de décider d'avance du sens que nous pensons devoir donner aux choses, et la tentation n'est que trop aisée de ne voir les choses que d'une façon qui cadre avec nos préconceptions logiques et avec nos formules verbales.

    Au lieu de voir les choses et les faits tels qu'ils sont, on les voit comme des reflets et des vérifications de phrases que l'on a précédemment construites dans son esprit. On oublie vite comment voir simplement les choses, et on substitue ses mots et ses formules aux choses mêmes, manipulant les faits de façon à ne voir que ce qui s'accorde convenablement avec ses préjugés.

    Le zen utilise le langage contre lui-même pour anéantir ces préconceptions et détruire dans nos esprits cette « réalité » spécieuse de façon que nous puissions voir directement. Il dit, comme l'a noté Wittgenstein : « Ne pensez pas : regardez ! »

    Couverture de Zen, tao et nirvâna
    page(s) 71
  • L’histoire que l’on se raconte

    Lorsqu'on entremêle opinions, préjugés, stratégies et émotions pour en faire une réalité figée, on cherche à faire tout un plat de sa propre personne, de sa douleur, de ses difficultés. Sauf que les choses ne sont ni fixes, ni prévisibles, ni aussi homogènes qu'elles en ont l'air. […]

    [O]n a tendance a rattacher ses pensées une à une pour se raconter une histoire qui donne l'impression que son identité, son bonheur, sa douleur ou ses problèmes sont autant d'entités figées et distinctes.

    Couverture de Bien-être & incertitude
    page(s) 35
  • Observer en profondeur la peur

    Pour examiner, il faut qu'il y ait liberté dans notre vision ; absence de tout préjugé, de toute conclusion, de tout concept, de tout idéal, de toute idée préconçue, ce qui vous permet dès lors d'observer réellement par vous-même ce que c'est que la peur. Quand vous observez de très près, au cœur des choses, la peur existe-t-elle ? Autrement dit : vous ne pouvez observer ce que c'est que la peur (de très près, dans la profondeur des choses) que quand l'« observateur » est la « chose observée ». […]

    On peut voir par soi-même et très clairement que la peur est implicite dans la structure même de la pensée – quand on réfléchit à ce qui s'est passé hier et dont on a peur, ou en pensant à l'avenir –, d'accord ? La pensée donne naissance à la crainte, n'est-ce-pas ?

    Couverture de Le vol de l’aigle
    page(s) 16-17
  • Pour se rendre présent

    Pour se rendre présent, il faut se vider de tout ce qui nous rendait absents. Il est un autre vide plus angoissant provoqué par la mise en suspens de nos repères coutumiers, de nos préjugés, de nos habitudes de penser ou d'agir, bref de tout ce sur quoi nous prenions appui pour nous orienter dans le monde.

    Couverture de Jamais contre, d’abord
    page(s) 209 (La fin de la plainte)
  • L’art d’écouter

    La plupart d'entre nous écoutent en vue de confirmer leurs croyances, de renforcer leurs opinions, de réfuter, d'aiguiser leur intellect ou d'apprendre une nouvelle technique. Il me semble que c'est là une façon erronée d'agir si l'on ne fait que renforcer ses croyances, ou apprendre un nouveau jargon […]

    Lorsqu'on écoute une chose nouvelle, on a tendance à l'écarter si on ne la comprend pas, ou à être trop rapide dans ses jugements. Mais si nous étions capables d'écouter très attentivement, peut-être recueillerions-nous plus qu'en écoutant simplement à travers l'écran de nos préjugés et de nos impressions.

    Couverture de L'esprit de création
    page(s) 15