Tout le monde aura fait – sans doute sans le savoir – une expérience de méditation en restant devant un feu de cheminée, absorbé par la danse des flammes.

Mais préparer le feu est déjà une expérience de méditation. Ici, huit mois de l'année, chaque journée commence invariablement par la construction du feu : un peu de papier froissé, une branche de genêt par dessus, puis du petit bois, et du bois de plus en plus gros jusqu'à remplir le foyer. En agençant le bois, il faut être attentif à ménager l'espace qui permettra à l'air de circuler : sans lui, pas de feu. Final : craquer l'allumette. Si le feu est correctement construit, il prendra du premier coup et se propagera. Je referme la porte du foyer puis passe à la cuisine nourrir les chats et préparer le petit-déjeuner. Quand je reviens dans la salle avec le repas, la flamme est vive et cela rayonne à travers la vitre du foyer.

Rarement, je reviens et le feu n'a pas pris. Il faut le reconstruire et craquer une seconde allumette. Ce faisant, je réalise qu'à la première tentative j'ai bâti le feu machinalement, perdu dans mes pensées. La méditation du feu commence avant la flamme !

Exercice. Remarquez que la méditation assise commence avant le son de bol de l'ouverture. Observez comment, lorsque vous vous asseyez sur le coussin perdu dans vos pensées, la séance de méditation qui suit est difficultueuse, vous obligeant à bouger, reprendre la posture. A contrario, observez comment elle est plus fluide et rayonnante après que vous vous soyez assis en étant déjà intensément présent à votre corps, ayant du premier coup construit la posture correcte, étant d'emblée accordé à la situation. Vous asseoir sur le coussin est déjà méditation !

En fait, tout est méditation. Il ne tient qu'à vous.

 

Feu dans le poêle à bois