Le prince

Celui qui deviendra le Bouddha est né en -560 à Lumbini, non loin de Kapilavastu, au pied des contreforts himalayen de l'actuel Népal (la ville se nomme aujourd'hui Tilaurakot). Son père Shuddhodana était roi du petit royaume des Śākya et comptait sur ce fils pour prolonger la lignée. Siddhartha Gautama reçut donc l'éducation d'un prince, il fut marié à seize ans à la princesse Gopa, avec qui il eut un fils Rahula en -531, à l'âge de vingt-neuf ans.

 

Siddharta Gautama menant la vie de prince

 

La légende veut que Siddhartha Gautama menait au palais, selon les volontés de son père, une vie de plaisirs coupée des réalités du monde.

L'ascète

Un jour, il se décida à sortir en ville, à Kapilavastu, où il croisa successivement un grand vieillard à l'agonie, quelqu'un souffrant d'une maladie incurable et le cadavre d'un homme jonchant le sol.

 

Mais il croisa également un renonçant et la sérénité du visage de celui-ci le mit en chemin. Renonçant lui-même aux fastes du palais, quittant famille, femme et enfant, il commença alors à vingt-neuf ans une vie d'ascèse. Se rasant le crâne, adoptant un vêtement modeste il parcourut le bassin du Gange à la recherche d'enseignements. Au Magadha – à Vaishali, à Rajagriha –, il apprit auprès de différents maîtres de yoga la concentration de l'esprit, l'absorption méditative et l'apaisement du mental.

L'élève était doué, aussi lui proposa-t-on plusieurs fois de lui-même enseigner. Mais à chaque fois il refusa, n'ayant pas trouvé ce qu'il cherchait. Il gagna alors les forêts de l'actuelle Bodh-Gaya. Six années de mortifications firent de lui un véritable squelette ambulant.

 

Le bouddha squelettique après six années de mortifications

 

L'éveil

Réalisant que cet enfer ne menait à rien, il renonça à l'ascèse et quitta ses compagnons. Le chemin serait désormais bienveillant. Il s'installa sur un coussin d'herbe au pied d'un banyan et pratiqua la méditation.

Au bout de quarante-neuf jours, ce fut la nuit de l'ultime combat avant l'éveil. Māra, prince des ténèbres (il incarne tous les poisons de l'esprit : inconscience, aversion, avidité, orgueil et jalousie), déploya toutes ses armées pour l'attaquer, séductrices lascives autant que démons monstrueux. La légende veut que les flèches qui visaient le presque Bouddha, au contact de sa compassion se transformaient en fleurs. À l'aube, le premier geste de l'éveillé fut de toucher la terre de sa main droite. On était en -525, le Bouddha Śākyamuni (le sage des Śākya) avait trente cinq ans.

 

Le bouddha réalisé en méditation

 

La transmission

Pendant quelques semaines encore, Śākyamuni poursuivit la méditation et examina sa réalisation de l'inter-être : nul être n'existe en soi, mais en lien avec tous les autres. Il décida alors de transmettre et se mit en route pour retrouver ses cinq anciens compagnons d'ascèse. Au Parc des gazelles, à Sarnath, près de Bénarès, il leur dispensa son premier enseignement. La roue du dharma tournait une première fois posant les fondations du Véhicule fondamental (Hīnayāna). Il exposa les Quatre nobles vérités et prôna une voie médiane entre l'avidité pour les plaisirs et le renoncement morbide de l'ascèse : le Noble octuple sentier.

 

La voie médiane

 

Śākyamuni passera les quarante-cinq années qu'il lui restait à vivre à enseigner. Les disciples ne cessèrent d'affluer au fil de ses pérégrinations dans les royaumes du Magadha (capitale Rajagriha) et du Koshala (capitale Shravasti).

La roue du dharma tourna une seconde fois au Pic des vautours quelques années plus tard. Śākyamuni y exposa la Prajñāpāramitā, socle du Véhicule du vaste (Mahāyāna), enseignement de la vacuité des phénomènes qui ouvre à la connaissance suprême (prajñā) libérée des illusions et des conceptions.

Plus tard encore, avec le troisième Tour de roue du dharma, Śākyamuni enseigna la nature véritable de l'esprit, nature de bouddha (tathāgatagarbha).

Śākyamuni mourut en -480, âgé de quatre-vingts ans, à Kushinagara.

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