La Roue de la vie

La culture bouddhiste tibétaine est riche en représentations iconographiques. Des peintures murales ont été réalisées dès le IIème siècle de notre ère. À partir du VIIIème siècle, on produit également des thangka, dessins ou peintures sur des rouleaux de tissu.

Un motif courant de ces représentations est la Roue de la vie (bhavacakra, Roue du devenir ou Roue de l'existence karmique).

À l'entrée d'un monastère, on trouve couramment une Roue de la vie murale. C'est une sorte de « bande dessinée » didactique illustrant l'errance (saṃsāra) propre à la condition humaine ainsi que les relations de cause à effet (karma) qui y sont à l'œuvre.

 

La Roue de la vie, peinture murale dans un monastère

 

Ses zones concentriques

Au moyeu de la Roue de la vie se trouvent figurés les Trois poisons de l'esprit. Nombreuses sont les possibles souillures de l'esprit, mais les trois principales sont l'aveuglement, l'aversion et l'avidité.

L'anneau entourant les Trois poisons de l'esprit est découpé en deux parties, l'une figurant l'aliénation des êtres humains et l'autre leur libération.

L'anneau suivant de la Roue de la vie est découpé en six secteurs dits les Six mondes. D'un point de vue non religieux, ces Six mondes peuvent être vus comme autant de modes de cristallisation de l'ego. À différents moments de notre journée, à différentes périodes de notre existence, nous adoptons l'une des ces six stratégies de défense d'un illusoire territoire du moi.

Le dernier anneau de la Roue de la vie est lui découpé en douze secteurs dits les Douze liens interdépendants qui sont douze maillons d'une chaîne d'aliénation.

La Roue de la vie se trouve entre les griffes et les crocs d'un monstre courroucé paré de têtes de mort. C'est Yama seigneur de la mort qui représente l'impermanence. À l'arrière-plan, parmi les nuages, on trouve un Bouddha qui représente la libération (nirvāna).