Prendre soin de la vie

De soi, des autres, de la nature
L'iconoclaste, 2019
15 cm x 22 cm, 300 pages


Couverture de Prendre soin de la vie

Extraits de l'ouvrage

• Un long processus de transformation

[U]n état de sérénité et de plénitude naît au terme d’un long processus de transformation. C’est un apprentissage impliquant l’expérience de hauts et de bas, de difficultés que l’on apprend à surmonter pour atteindre une forme de sagesse. Ce processus lent et complexe est à mille lieues d’un état de pure béatitude que l’on vivrait subitement sans comprendre le pourquoi et le comment, les facteurs qui le favorisent… [Matthieu Ricard]

page(s) 105
• Tout est lié

[S]i nous habitons la nature, elle nous habite aussi, littéralement. Prendre soin de soi, prendre soin des autres et prendre soin de la Terre, tout cela ne constitue pas des actions séparées. Puisque nous sommes liés les uns aux autres et que nous faisons partie de la nature, protéger l’une de ces dimensions renforce les autres. Inversement, s’en déconnecter affecte tout le système. Notre santé, celle des autres et celle de la Terre sont indissociablement liées.

page(s) 11
• Nous plaçons espoirs et craintes au dehors

Nous souhaitons désespérément ne pas souffrir, tout en renforçant notre addiction aux causes de la souffrance. Pourquoi ? Parce que nous plaçons nos espoirs et nos craintes en dehors de nous-mêmes, alors que le contrôle des conditions extérieures de notre vie est limité, éphémère et souvent illusoire. [Matthieu Ricard]

page(s) 114
• La réification du monde

Nous oscillons constamment entre l’espoir et la crainte : « Pourquoi moi ? Pourquoi pas moi ? Si j’avais ceci ou cela, je serais certainement heureux… S’il me manque telle ou telle chose, impossible d’être heureux… » Nous attribuons aux choses, aux circonstances et aux personnes des caractéristiques intrinsèques qui ne sont que des concepts surimposés au monde extérieur. […]

La réification du monde commence par le sentiment d’un moi que nous imaginons siéger au cœur de notre être sous la forme d’une entité autonome. [Matthieu Ricard]

page(s) 115
• Libres intérieurement

Si nous sommes libres intérieurement, cela nous confère une grande force et une grande confiance : nous savons que, quelles que soient les circonstances, favorables ou adverses, nous disposons des ressources intérieures qui nous permettent de traverser les hauts et les bas de l’existence, à la manière d’un cavalier expert qui n’est pas désarçonné dès que le terrain devient difficile. La liberté intérieure se traduit également par un amenuisement du sentiment exacerbé de l’importance de soi, de notre asservissement à nos espoirs et nos craintes. [Matthieu Ricard]

page(s) 120-121
• Ouverture

À mesure que notre sentiment d’insécurité s’estompe, nous pouvons mieux nous tourner vers le monde et nous ouvrir à autrui, car nous ne sommes plus exclusivement focalisés sur nous-mêmes. [Matthieu Ricard]

page(s) 121
• Ne plus être l’esclave de nos constructions mentales

[P]rendre soin de la vie, c’est aller au fond des choses et mieux comprendre la réalité telle qu’elle est, sans la déformer avec nos fabrications mentales. […]

Et le fait que la nature ultime de notre conscience soit cette « conscience pure » qui n’est pas déterminée par le contenu, lui-même constamment en train de changer, est le meilleur espoir de liberté intérieure. Si la haine, l’avidité, l’orgueil, la jalousie étaient profondément ancrés dans la texture même de notre conscience et de notre être, il serait bien sûr impossible de s’en libérer : ce serait détruire une partie ou la totalité de soi-même. Mais si ce ne sont que des constructions mentales éphémères qui surgissent au sens de cette présence éveillée, alors il est possible de nous défaire des automatismes mentaux, de ne plus être l’esclave de nos pensées et de jouir d’une véritable liberté intérieure. [Matthieu Ricard]

page(s) 130
• En danger loin des écosystèmes naturels

Peut-être que le fait de suivre nos intuitions et ce que nous ressentons ne fonctionne bien que si nous évoluons dans des écosystèmes naturels, ce qui n’est plus vraiment le cas. Les deux tiers de l’humanité vivent dans des grandes villes et cette tendance croît de manière exponentielle. […] « Les conditions modernes de notre existence nous mettent en danger de nous écarter encore et encore de ce qui fait notre condition humaine. » Stefan Zweig [Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 204
• L’amour plus grand que la peur

« Si le monde doit être guéri par des efforts humains, je suis convaincue que ce sera par des gens ordinaires, des gens dont l’amour pour cette vie est encore plus grand que leur peur. » Joanna Macy

page(s) 229
• D’abord prendre soin de soi

Prendre soin de soi, ce n’est pas se replier sur l’espace étriqué de son ego, c’est se préparer à prendre soin des autres. La métaphore du masque à oxygène dans l’avion nous rappelle le lien entre soi et autrui. En cas de dépressurisation de la cabine, la consigne donnée par le personnel de bord est de mettre d’abord le masque à oxygène sur son visage avant d’aider ses enfants ou les gens autour de soi. C’est seulement à ce moment-là que l’on peut se rendre disponible aux autres, sans suffoquer soi-même. [Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 23
• Toucher notre vulnérabilité

[P]rendre soin de soi, de ses fragilités, c’est aussi prendre soin de ce qui nous unit toutes et tous : notre vulnérabilité. Sans elle, nous n’irions pas vers les autres. Elle participe à la création du lien, elle permet d’être touché par l’autre. [Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 23
• Mobiliser sagesse et lucidité

L’un des écueils liés à l’empathie, lorsqu’elle est uniquement affective, est-ce que l’on appelle la « détresse empathique ». Nous sommes tellement affectés par la souffrance d’autrui que nous nous replions sur nous-mêmes et nous détournons des souffrances dont nous sommes témoins. C’est ce qui arrive à de nombreuses personnes travaillant dans le soin ou l’aide humanitaire. Or, il n’est pas indispensable de ressentir en soi tout ce que ressent autrui pour l’aider. C’est même dangereux. Voilà pourquoi Matthieu Ricard ou Paul Bloom font davantage référence à la compassion[. …]

Autrement dit, même si le déclic empathique est au départ émotionnel, il est préférable ensuite de mobiliser sagesse et lucidité et de travailler sur le discernement et la dimension cognitive[. Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 31-32
• Notre degré de civilisation ?

Nous avons développé au fil du temps une façon d’exploiter la Terre qui revêt une forme d’irrespect très profond.

[…] Gandhi disait qu’on reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux. [Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 34
• Une démarche écologique au sens large

Prendre soin de la vie, c’est finalement mener une démarche écologique au sens large du terme : c’est prendre soin de soi dans une démarche de connaissance de soi, donc d’écologie intérieure ; c’est prendre soin des autres dans un élan de compréhension, de générosité et de justice sociale, comme attitude d’écologie sociale et relationnelle, sans oublier, bien évidemment, notre maison commune et tous ses habitants ; c’est se laisser toucher, choisir de vivre relié et laisser la beauté de la vie nous traverser, nous inspirer et nous guider. [Christophe André, Caroline Lesire & Ilios Kotsou]

page(s) 44-45
• Mieux lire Darwin

Darwin […] parle de la survie non pas du plus fort mais du plus apte […] qui peut aussi être celui qui est le meilleur pour collaborer. [Gauthier Chapelle]

page(s) 56
• Une infinie tendresse

Prendre soin de la vie, c’est nourrir une infinie tendresse envers l’autre (à savoir tous les êtres vivants), sans oublier son corps et son être. Il s’agit aussi d’accueillir le tragique de l’existence. [Alexandre Jollien]

page(s) 69
• Singulier paradoxe

Le soin de l’âme peut prendre différentes formes : la méditation, la prière… Il est tant de voies qui ouvrent à une intériorité. […]

Mais oser un chemin spirituel, [… c]’est précisément prendre soin de soi tout en faisant peu de cas de sa petite personne. Singulier paradoxe ! [Alexandre Jollien]

page(s) 70
• L’abandon plutôt que la conquête

Exercice spirituel. Avec Spinoza, pourquoi ne pas se demander : « Qu’est-ce qui me réjouit véritablement ? » Il peut y avoir un gouffre entre ce à quoi j’aspire profondément et ce après quoi je cours du matin au soir. Tant que l’on n’a pas interrogé nos désirs profonds, comment atteindre à une satisfaction ? Toute la philosophie antique invite à la sculpture de soi. Le bonheur procède de l’abandon plus que de la conquête. [Alexandre Jollien]

page(s) 75
• Pur don

Ne plus se regarder donner pour n’être que pur don, voilà le grand défi ! Dans la pitié ou dans une générosité de façade pour résider une forme de violence, et j’en sais quelque chose… [Alexandre Jollien]

page(s) 78
• Une merveille au-delà des mots

« Être vivant dans ce bel univers auto-organisé, participer à la danse de la vie avec nos sens pour la percevoir, nos poumons pour la respirer, et notre chair pour nous en nourrir, tout cela est une merveille au-delà des mots. » Joanna Macy

page(s) 8
• Aider l’autre

« Quand tu rencontres quelqu’un, souviens-toi qu’il mène un rude combat », nous conseille Philon d’Alexandrie. Invitation qui rejoint la merveilleuse intuition de Swâmi Prajnânpad : « L’amour consiste à aider l’autre à relâcher ses tensions. » [Alexandre Jollien]

page(s) 80

Contributions de Christophe André, Gauthier Chapelle, Alexandre Jollien, Ilios Kotsou, Steven Laureys, Caroline Lesire, Matthieu Ricard, Luc Schuiten, Rebecca Shankland, Suzanne Tartière.

Quatrième de couverture

Un enfant qui vient au monde, le cycle des saisons, la voûte étoilée… La vie est un phénomène fascinant. Mais elle est également vulnérable, aujourd’hui plus que jamais. Et nous devons en prendre soin comme notre bien le plus précieux. Prendre soin de la planète, de nous et de tous ceux qui nous entourent.

Mais comment faire ? Quelles sont les initiatives possibles, individuelles et collectives ? Comment peu à peu changer notre façon d’être ? Telle est la quête de ce livre.

Les plus grands noms des neurosciences, de la méditation, de l’écologie, de la philosophie et de l’architecture nous éclairent pour comprendre et agir :

  • Être présent à notre vie
  • Cultiver les liens avec autrui
  • S’inspirer de la solidarité de la nature
  • Accéder à la « grande santé »
  • Préserver le vivant menacé sur la planète
  • Apprendre la gratitude, etc.

En fin d’ouvrage, vous trouverez un cahier pratique, avec des exercices et des idées pour nourrir votre élan intérieur et vos actions au service d’un monde respectueux de la vie dans toutes ses dimensions.