Extraits étiquetés avec : disciple

  • Renoncer à devenir disciple

    Si j'étais un de tes disciples, homme vénérable [le Bouddha], il pourrait se faire – et c'est ce que je craindrais – que mon moi ne trouvât qu'en apparence le repos et la délivrance, tandis qu'en réalité il continuerait à vivre et à grandir ; car alors ce serait ta doctrine, ce serait tes adeptes, mon amour pour toi, l'existence commune avec les moines qui seraient devenus mon moi.

    Couverture de Siddhartha
    page(s) 51
  • La vague et l’océan

    Chaque vague, si elle se conçoit elle-même en tant que vague, commence avec une naissance et finit avec une mort, lorsqu'au bout de sa course elle se brise sur le sable ou sur le rocher. Elle est née un certain jour à une certaine heure et meurt quelques minutes plus tard. Et elle est distincte de toutes les autres vagues qui la précèdent et la suivent. Si elle a conscience d'elle en tant que vague, si elle voit les autres vagues autour d'elle, elle ressent la double limite spatiale et temporelle de son existence et sait qu'elle va mourir en s'approchant de la plage. Et tout la menace : le bateau qui la fend, le ressac de la vague précédente.

    Mais si nous voulions bien considérer la vague comme une expression de l'eau, de l'océan infini et éternel, la mort de la vague n'est pas une mort et l'océan n'est ni augmenté ni diminué parce qu'une vague naît ou qu'une vague meurt. Une vague conçue seulement en tant que vague n'est rien, tellement petite, tellement éphémère.

    Mais si, tout à coup, la vague découvre, réalise qu'elle est l'océan (l'unique océan qui entoure tous les continents), la moindre petite vague de Saint-Raphaël ou de Trouville a le droit de dire : « J'arrose la côte du Kérala en Inde, j'entoure la statue de la Liberté à New York, je remplis le port de Papeete à Tahiti. » Et cette petite vague du mardi 11 août à 9 h 5 sait aussi qu'elle a porté le navire de Christophe Colomb, l'Armada et les galères de Louis XIV. Toutes les vagues sont différentes mais l'eau est partout et toujours la même. Et une vague qui sait ce qu'est l'eau sait ce qu'est l'océan et sait ce que sont les autres vagues.

    Le disciple, c'est la vague qui ne s'éprouve encore que comme une vague. Le sage, le libéré, le jivanmukta, c'est la vague qui sait de tout son être qu'elle est l'océan.

    Couverture de Les chemins de la sagesse
    page(s) 29-30
  • Le maître dit « non »… ou vous laisse vous tromper

    [L]es moments où le maître dit « non » à votre façon d'assaillir l'ouverture du monde, de la souiller, sont indispensables. Il n'y a même de véritable maître que celui qui peut vous indiquer là où, sans vous en rendre nécessairement compte, vous êtes en train de vous égarer. Ce « non » est évidemment prononcé à partir d'une connaissance réelle de votre situation – lorsque le maître est d'abord un aîné – et par amour, c'est-à-dire par le souci de voir le disciple advenir à son être propre – lorsqu'il est un ami spirituel.

    Mais souvent, le maître vous laissera faire ce que vous voulez. Il vous laissera vous tromper. Abandonner le chemin. Le renier. Il n'est pas votre père ou votre mère, ni même une nounou. La croissance spirituelle du disciple ne dépend que de lui-même. S'il considère le maître comme un homme intelligent, il recevra les enseignements d'un homme intelligent. Veut-il de l'affection, des informations, ou plonger dans l'immensité du dharma ? Plus sa demande est ambitieuse et profonde, plus il recevra.

    Ultimement, il n'y a pas de maîtres, il n'y a que des disciples qui ont le courage de la devenir, de s'abandonner avec intelligence, de s'engager entièrement de tout leur être.

    Couverture de Pourquoi n’y a-t-il pas de chemin spirituel possible sans un maître
    page(s) 24
  • Respect de l’autre et maîtrise de soi

    La solitude s'avère le contraire de l'égocentrisme, du repliement sur soi et de la revendication pour sa petite personne. Le véritable solitaire se passe de témoins, de courtisans et de disciples. Ainsi parlait Démocrite : « Même dans la solitude, ne dis ni ne fais rien de blâmable. Apprends à te respecter beaucoup plus devant ta propre conscience que devant autrui ».

    Le solitaire sait qu'il a beaucoup à apprendre alors que la plupart ne cherchent qu'à enseigner, à avoir des disciples. Il lit, écoute, réfléchit, mûrit ses pensées comme ses sentiments. En cet état, il pèse le moins possible sur autrui : il ne cherche pas, au moindre désagrément, une oreille où déverser ses plaintes, il ne rend pas l'autre responsable de ses faiblesses et de ses incompétences, il ne peut exercer sur personne un chantage affectif. La solitude est bien une école de respect de l’autre et de maîtrise de soi.

    Couverture de L'esprit de solitude
    page(s) 44
  • La poule et le poussin

    La tradition zen compare [la] relation [maître/disciple] à celle qui unit la poule et le poussin prêt à éclore. De même que tous les deux frappent simultanément la coquille de leur bec, ce n'est que dans la volonté commune de rompre la coquille de l'ego que celle-ci se brise à la fin. Le maître ne peut le faire sans l'élève ; l'élève ne peut le faire sans le maître.

    Couverture de S’asseoir tout simplement
    page(s) 19
  • Le maître donne à désapprendre

    Dans la proximité des cœurs, le maître apparaît comme un témoin : il est la preuve que le dharma n'est pas un simple mot, qu'il s'incarne dans la vie d'un homme ou d'une femme. Pour qui sait le découvrir enfin, le maître n'enseigne que par convention, il donne plutôt à désapprendre. Le maître dévoilé dans ses multiples dimensions, l'étudiant est alors prêt à s'engager dans la voie du disciple, acceptant même que sa seule présence défasse toutes les stratégies de l'ego.

    Couverture de S’asseoir tout simplement
    page(s) 18
  • Établissement de la relation maître /disciple

    Étant donné l'étroite relation qui unit maître et disciple, tout ce qui se passe entre eux est vital aussi bien pour l'un que pour l'autre. Si quelque chose se passe mal, cela porte atteinte aux deux, maître et disciple.

    Le maître doit bien se garder d'accepter un étudiant spirituel qui n'est pas prêt à recevoir son enseignement. C'est pourquoi, avant de donner une instruction, il testera l'ardeur, la bonne volonté et la capacité de l'étudiant à la recevoir. Ceci veut dire que l'étudiant doit devenir, selon l'image traditionnelle, un digne réceptacle.

    Et à cause de l'intimité de la relation future, l'étudiant doit aussi tester le maître. Il doit le sonder pour voir s'il est vraiment capable de transmettre l'enseignement et si ses actes concordent avec ses paroles.

    Si les conditions ne sont pas remplies des deux côtés, la relation ne vaut pas la peine d'être engagée.

    Couverture de L’aube du tantra
    page(s) 69
  • L'esclave, le disciple ou le maître

    Si j'ai pris l'habitude d'une fréquentation quotidienne du cœur de mon être au cours d'une méditation ou d'une promenade dans la nature, c'est parce que mon rituel me ramène à l'essentiel. Il se peut qu'à l'occasion je ne sois pas capable d'entrer en contact avec moi-même et que je vive mes minutes de méditation comme un calvaire. Ces fois-là, il n'y a pas de maître à bord. Cependant, celui-ci n'est pas remplacé automatiquement par un esclave inconscient. La position intermédiaire entre le personnage inconscient et le maître de la vie est celle du disciple qui a le pouvoir d'observer la difficulté, de la laisser résonner en lui et de la comprendre peu à peu. Puis, tranquillement, il la dépasse.

    L'esclave – celui qui est victime de tout – n'est pas conscient des déchirements, des tourments et du conflit qui font rage en lui […]. Et parce qu'il n'en est pas conscient, il en souffre aveuglément. Le disciple, lui, est conscient de la véritable ombre de l'être et cette conscience a pour effet d'atténuer en partie les conséquences désastreuses du conflit.

    Couverture de Le meilleur de soi
    page(s) 283